Le 5 mars 2003

Les gens de St-Anne-de-Prescott se dotent d’une vision d’avenir

Par Étienne Alary


Un des membres du Comité de développement économique de Ste-Anne de Prescott, David Sherwood. Photo É.Alary.

C’est sous le thème « On investit dans la vie » que plus de 80 personnes se sont réunis au Centre d’action de Ste-Anne afin de valider tout le processus mis en branle depuis quelques semaines par le comité de développement économique de Ste-Anne.

Les participants ont pu prendre connaissance des résultats du sondage mené porte-à-porte et aussi de connaître les grandes lignes des sept consultations publiques qui ont eu lieu au cours du mois de janvier. « Ce que l’on fait aujourd’hui est quelque chose d’unique, on bâtit ensemble Ste-Anne pour l’avenir », a déclaré un des membres du comité de développement économique de Ste-Anne, Louis Brunet.
Le sondage a permis au comité de recueillir le pouls de 242 familles représentant 559 personnes. « C’est environ 80 pour cent des gens qui lorsque nous cognions à la porte, ils disaient vous pouvez entrer. Pour ce genre de travaille, ce pourcentage est très élevé ce qui démontre bien la volonté des gens à s’impliquer », affirme un autre membre du comité, David Sherwood.

Les répondants au sondage étaient majoritairement âgé de 41 ans et plus (302 personnes). « Il y avait moins de jeunes que de gens dans la force de l’âge ou de gens à la retraite », mentionne M. Sherwood.
De tous les répondants, 144 ont mentionné qu’ils travaillaient à Ste-Anne de Prescott alors qu’un autre 45 dans la région d’Hawkesbury, 30 à Alexandria, 27 à Montréal, 14 dans Vaudreuil-Soulanges et 10 à Ottawa. « La majorité des gens qui travaillent à Ste-Anne le font soit parce qu’ils sont agriculteurs, qu’ils travaillent à la vieille fromagerie, qu’ils occupent un emploi au sein des deux compagnies de camionnage ou encore parce qu’ils travaillent de leur domicile », présente David Sherwood.

À noter que sur les 242 familles, 131 parle le français à la maison, 49 l’anglais et 35 utilisent une autre langue.

Biologique et agriculture

Plusieurs questions du sondage touchaient particulièrement l’agriculture et aussi le domaine biologique. « L’agriculture est une force car elle représente l’industrie première de la communauté. De plus, avant que le questionnaire du sondage soit complété, nous avons tenu des rencontres préliminaires et le domaine biologique est un élément qui est ressorti », indique David Sherwood.
Donc, pour ce qui est de l’habitudes des gens, 166 familles ont répondu qu’ils encourageaient les commerçant locaux. « Ce qui nous a surpris, c’est que 72 familles achètent des produits biologiques. De plus, 94 familles sont prêtes à payer plus cher pour des aliments biologiques », fait remarquer M. Sherwood.

Au niveau agricole, 85 des 242 familles répondantes ont indiqué qu’elles vivaient sur une terre. De ce nombre, 62 cultivent leur terre alors que le reste la loue. Dix-neuf de familles vivant d’agriculture sont en production laitière.

« Nous avons aussi 47 producteurs qui cultivent en moyenne 210 acres et un autre 15 producteurs qui cultivent 20 acres et moins », soutient David Sherwood.

La paroisse de Ste-Anne-de-Prescott compte approximativement 15 000 acres. « De ce nombre, il y en a 11 000 qui sont cultivés, 1500 acres qui sont en boisés alors que la balance comprend le village et les habitations », avance M. Sherwood. « Du nombre d’acres cultivés, il y en a environ 3000 qui n’ont pas été arrosé depuis au moins cinq ans. Ce nombre d’années représentent le minimum pour pouvoir cultiver des récoltes certifiées biologiques », précise le membre du comité.

Pour ce qui est de l’inventaire des animaux, Ste-Anne compte 2150 animaux laitiers, dont 994 vaches en moyenne qui sont en lactations. Les éleveurs de bovins de boucherie comptent 260 bêtes et la région compte une cinquantaine de chevaux. « Il ne faut pas oublier que plusieurs ont des petits élevages, commercial ou non », indique David Sherwood.
Toutes les entreprises de Ste-Anne, incluant les fermes, créent, à l’année, 174 emplois à temps plein et 79 emplois à temps partiel. Pour ce qui est des emplois saisonniers, 11 le sont à temps plein et 22 à temps partiel.

Consultations publiques

À la suite de la présentation des résultats du sondage, le Comité de développement économique de Ste-Anne a présenté un résumé de la série de sept consultations. Ces consultations ont attiré près de 140 participants: 16 pour la consultation jeunesse, 13 pour celle regroupant les associations et les clubs, 17 à la consultation générale (en anglais), 27 à celle touchant l’agriculture (en anglais), 7 à la consultation générale (en français), 26 à celle destinée à l’agriculture (en français) et 31 à la rencontre avec le conseil municipal.

Ces consultations ont permis d’identifier plusieurs besoins, forces et projets. En voici quelques exemples: briser l’isolement, créer des emplois, accroître la participation des gens, trouver du financement, obtenir les services d’une institution financière, communiquer en français et en anglais, développer des projets pour l’agrotourisme (marché des producteurs, foire agroalimentaire régionale, vente de produits agricole à la ferme).

Plus spécifiquement, les deux consultations (anglaise et française) sur l’agriculture ont permis de souligner les forces suivantes: le potentiel inexploité en transformation de produits agricoles et en éco-tourisme, la présence de plusieurs producteurs biologies, la diversification des pratiques et le respect de l’environnement, l’esprit de coopération qui habite les gens et le taux de relève qui est important.

Au niveau des besoins, les participants à ces deux consultations ont exprimé le besoin d’éduquer la communauté, d’explorer de nouvelles formes de production agricole, d’aider les jeunes à se lancer en agriculture et de respecter autant les petites que les grosses productions tout en évitant les intégrateurs.

Quelques projets ont également été soulevés, tels le développement d’un circuit local type « Agri-Tour », la création d’une coopérative regroupant les producteurs biologiques, la production de semences et de moulées biologiques, l’exportation de foin, la création d’entreprises de transformation de lait et la gestion innovatrice des fumiers qui permettrait d’être avant-gardiste.

Une vision pour la communauté

Ces présentations ont été suivies de discussions en groupes autour du thème: « Comment voyons-nous Ste-Anne de Prescott en 2008 ».

Ces échanges ont permis de constater que les gens de Ste-Anne ne sont pas prêt à accepter l’agriculture intensive à n’importe quel prix. Les participants souhaitent plutôt une agriculture forte, puisque c’est la base de l’économie locale, mais ils désirent que celle-ci respecte l’environnement et la qualité de vie tout en créant des emplois et qu’il y ait un réinvestissement des profits dans la communauté.

La vision adoptée par les membres se fonde sur les éléments suivants: la protection de l’environnement, le développement agricole (y compris la transformation et la vente de produit du terroir) ainsi que le développement social et touristique.

Les membres du Comité de développement économique de Ste-Anne ont invité les personnes intéressées à présenter des projets concrets inspirés de la vision de la communauté à une session de planification qui aura lieu le 23 mars prochain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *