Volume 35 Numéro 06 Le 3 novembre 2017

Les gens invisibles


Malgré notre monde d'abondance, il y a des milliers de personnes au Canada qui vont se coucher le ventre vide.

Par Hugo Ouellette


Êtes-vous  déjà passé à côté de quelqu’un qui demandait de l’argent sur la rue? Il y a de fortes chances que la réponse soit « oui ».  Pourtant,  nous habitons dans un pays industrialisé avec une abondance de ressources. Nos épiceries et marchés sont remplis de nos produits frais — fruits, légumes, viandes et lait — de qualité. Malgré cela,  il y a des milliers de personnes au Canada qui vont se coucher le ventre vide. Cela m’a frappé comme une révélation lors de ma dernière visite à Toronto lorsque j’ai presque trébuché sur un jeune homme couché sur le trottoir. Ça m’a tellement touché que je suis entré dans un petit comptoir afin de lui acheter un café et un sandwich. Les passants ne voyaient même pas cet être humain sans adresse et certainement sans nourriture.

En tant qu’agriculteurs, nous nous préoccupons de la qualité de nos récoltes, des nouvelles technologies et de notre rentabilité. Ce sont tous des aspects importants dans notre domaine, car nos succès agricoles contribuent à l’alimentation de notre société.  C’est une tâche très importante à ne pas prendre à la légère. Nous travaillons fort du matin au soir afin de subvenir aux besoins de nos familles et ceux de nos consommateurs. C’est juste triste de penser qu’il y a un segment de la population qui ne peut pas subvenir à ses besoins primaires.

C’est peut-être une question de maladie mentale, de perte d’emploi ou de contrecoup de la vie! J’aimerais que cette réflexion sociale jette les bases d’un dialogue afin de venir au secours des êtres humains de notre société qui sont invisibles dans le décor de nos grandes villes. Comment pouvons-nous contribuer à une solution qui viendrait en aide à ce segment de notre population? Dans un monde idéal, nos surplus alimentaires iraient à  ces gens.

En tant qu’agriculteur, je m’estime chanceux d’avoir la santé pour travailler et subvenir aux besoins de ma famille. Il faut dire que mon voyage à Toronto a changé ma perception des gens invisibles, c’est-à-dire les sans-abri. Peut-être que si l’on en discutait, nous pourrions tranquillement contribuer aux solutions nécessaires afin de remédier à ce phénomène humanitaire.

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