Le 3 juillet 2002

«Les Jardins Lamoureux» à Hawkesbury Jacques Lamoureux : un producteur qui ne manque pas d’ambitions

Par Étienne Alary


Jacques Lamoureux espère beaucoup de soleil pour tout le mois de juillet. «Cette année, je veux m’assurer que mon entreprise, Les Jardins Lamoureux, puisse se rentabiliser».

La relève dans le domaine de l’agriculture est quelque chose qui tient à c’ur au Journal Agricom et à l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Au cours des prochains numéros, nous vous ferons découvrir quelques-uns des leaders de demain. Pour cette édition, nous nous sommes rendus à Hawkesbury, rencontrer Jacques Lamoureux.

La saison 2002 des fraises s’est amorcée sous le signe du renouveau dans la région de Hawkesbury. Cette région compte désormais un nouveau producteur, Jacques Lamoureux des «Jardins Lamoureux», dont la ferme est située sur le chemin Pattee. «Depuis quelques années, je cherchais à acheter un terrain dans le but d’établir ma propre production. À l’automne 2000, je suis passé par ici une journée et j’ai vu ce terrain à vendre. Le lendemain, je faisais les arrangements nécessaires pour en devenir propriétaire», de mentionner le jeune producteur de 26 ans.

Travailler à son propre compte

Fait à remarquer, Jacques n’est pas un dernier venu en matière de production de petits fruits. En effet, il est le fils de Denise et Pierre Lamoureux de la «Fraisière P. Lamoureux» de Curran. «Cela fait maintenant presque 16 ans que je travaille dans la production de fraises, de maïs sucré et autres. C’est vraiment grâce à mes parents si j’ai eu la piqûre pour la production de petits fruits et de légumes», s’exclame Jacques Lamoureux. Ce dernier avoue s’être lancé dans cette aventure pour une raison bien simple : «Étant donné que je suis incapable de travailler pour quelqu’un d’autre, je devais trouver un domaine qui me permettrait de travailler à mon compte», mentionne celui qui en plus de se consacrer à sa production, effectue du travail à forfait au printemps et à l’automne avec son tracteur et conduit des camions l’hiver.

Selon Jacques Lamoureux, le temps était venu pour lui de posséder sa propre entreprise. «Avant de me lancer dans l’aventure des «Jardins Lamoureux», je travaillais avec mon père. Par contre depuis quelques années, mon père a diminué sa production de fraises pour se concentrer davantage dans les serres. Je sais qu’il va éventuellement prendre sa retraite mais je ne sais pas si cela sera dans 5, 10 ou même 15 ans. Plutôt que d’attendre et espérer que le jour de la retraite arrive, j’ai décidé de lancer ma propre entreprise tout de suite», indique Jacques Lamoureux en précisant qu’il prévoyait tout de même reprendre la production familiale le jour venu.

Ce dernier souligne avoir choisi la région de Hawkesbury car la compétition y est moins féroce. «Dans la région de Hawkesbury, à part moi, il n’y a que deux autres producteurs. De plus, je peux facilement dire que 99 % des automobilistes qui sont passés dans le coin et qui sont arrêtés pour venir discuter avec moi sont contents de voir des nouveaux plants de fraises dans la région», mentionne Jacques Lamoureux.

Pour ce qui est de la région de Curran, Jacques estime qu’il y a beaucoup de petits producteurs. «Il y en a plusieurs qui font cela comme passe-temps, car ils n’ont qu’un acre ou deux. Pour moi, cela n’est pas un passe-temps, c’est quelque chose qui m’occupe à temps plein pendant plus de six mois par année», lance-t-il.
En effet, la saison de Jacques Lamoureux s’amorce dès le début d’avril : «Après la fonte des neiges, il faut enlever la paille à la main. Il faut aussi commencer à travailler le sol. Au mois de mai, en plus d’entretenir les plants de fraises, il faut semer le maïs sucré. Je dois alors faire appel à deux employés à temps plein car en plus d’ensemencer le maïs, je mets également du plastique là où le maïs sucré est semé. Cela permet de garder l’humidité et la chaleur ce qui nous donne la chance d’avoir du maïs 10 jours plus vite».

Une fois les semailles terminées, il faut entretenir toutes les récoltes. «Je traite toutes mes plantations comme des petits bijoux. Si après une pluie, mes plantations ont besoin de plus de calcium par exemple, je n’hésite pas à leur en donner», soutient-il.

Les mois de juillet et août sont des mois de récolte. Après la saison, il faut préparer le terrain et les plants pour l’hiver.
Fraises, framboises, maïs sucré?.

La production des Jardins Lamoureux compte quelque 6,5 acres de fraises. «L’an dernier, nous avons procédé à la plantation de 40 000 plants de fraises. Étant donné que la région de Hawkesbury est un nouveau marché pour moi, j’ai planté plusieurs variétés de fraises pour tester ce marché qui compte 15 000 de population. Ces différentes variétés de plants devraient me permettre d’offrir des fraises pour trois semaines», mentionne celui qui a commencé à avoir des fraises mûres lors de la dernière semaine de juin.

En plus des fraises, 12 000 plants de framboises, répartis sur une dizaine d’acres, ont été plantés cette année. «La production de framboises prend plus de temps à atteindre sa maturité que la production de fraises. Je ne prévois donc pas récolter de framboises avant deux ou trois ans», indique Jacques Lamoureux.

Aux fraises et aux framboises, s’ajoutent une cinquantaine d’acres de maïs sucré, des concombres et des fèves. «D’ici quelques années, j’aimerais bien avoir des bleuets et aussi construire quelques serres. Ces serres me donneraient la chance de vendre des légumes, tels que des tomates, des concombres et des fèves dès le début de mai», explique Jacques Lamoureux.

Les serres permettraient au jeune producteur de ne pas se soucier des caprices de Dame Nature. «Avec les serres, tu ne contrôles pas l’ensoleillement mais tu contrôles la chaleur, ce qui est tout aussi important», lance-t-il.

À la merci de Dame Nature

Comme un peu tout le monde qui oeuvre dans le domaine de l’agriculture, Jacques Lamoureux a dû conjuguer avec les caprices de Dame Nature au cours du mois de juin. «Les fraises n’ont pas été grandement affectées par les nombreuses précipitations car elles ont besoin de beaucoup d’eau. Le plus grand risque que je cours avec les fraises, c’est qu’elles manquent de soleil et de chaleur au mois de juillet», explique Jacques en précisant que pour le maïs sucré, la situation était le contraire. «Le maïs sucré a souffert du mois de juin pluvieux. Tellement, qu’au lieu d’avoir du maïs à la mi-juillet comme d’habitude, les premiers épis ne seront pas disponibles avant le 1er août», prévoit-t-il.

Ce retard pourrait avoir des conséquences néfastes sur les ventes. «Je mise beaucoup sur la vente au détail. En fait, presque 75 % de mes ventes s’effectuent au détail. Le point fort de ces ventes a lieu vers la fin du mois de juillet, jusqu’à la fin août, soit lorsque les gens sont en vacances (les traditionnelles vacances de la construction). À compter de la mi-août, les gens retournent au travail, l’école est sur le point de recommencer et les ventes sont au point mort», déclare Jacques Lamoureux.

Heureusement, ce dernier peut compter sur un bon réseau de ventes. «Cela fait 8 ans que je vends du maïs sucré. Avant l’acquisition du terrain ici à Hawkesbury, je louais des terres à Curran. J’ai donc un bon réseau de ventes dans les petites épiceries de la région», souligne Jacques Lamoureux.
Un service à la clientèle hors pair
Selon le propriétaire des Jardins Lamoureux, le meilleur moyen d’attirer et surtout de garder sa clientèle est de mettre l’accent sur le service. «Si le client se sent bien accueilli, il va revenir. Je veux que les clients qui se déplacent jusqu’ici pour acheter ou cueillir des fraises soient traités aux petits oignons par mes employés. Le but n’est pas uniquement de faire une vente mais bien d’échanger avec le client».

Jacques Lamoureux estime qu’il est capital de miser sur des employés qui ont de l’entregent. «Il faut s’ajuster à la clientèle qui se présente. Du lundi au mercredi, c’est une clientèle de personnes à la retraite que nous allons attirer. Nous savons que ces gens veulent discuter et prendre leur temps. Par contre, les jeudis soirs, les vendredis soirs et les fins de semaine, c’est monsieur et madame tout-le-monde qui viennent pour ramasser des fraises en famille. Cette clientèle ne demande habituellement que d’être bien dirigée», fait remarquer le jeune producteur d’expérience.
Pour les années à venir, Jacques Lamoureux désire que les gens associent une visite aux Jardins Lamoureux à une sortie familiale. «Je compte organiser des journées thématiques, comme souligner la Fête du Canada par des jeux, une mascotte et autres. Je veux que les gens qui viennent se souviennent de leur passage pas juste à cause des fraises mais aussi par l’ambiance qu’il y a», affirme Jacques.

Ce dernier croit que tous ces petits gestes lui permettront d’atteindre un objectif personnel qui est de vendre 90 % de sa production de fraises en auto-cueillette, et ce, même si il prévoit que la production de fraises de son entreprise passera de 6,5 acres en 2002 à 15 acres en 2003.

3 réflexions au sujet de « «Les Jardins Lamoureux» à Hawkesbury Jacques Lamoureux : un producteur qui ne manque pas d’ambitions »

  1. Journal Agricom

    Bonjour,
    Je n’ai jamais entendu parler d’un endroit qui permettait de le faire, mais je vous conseille de le suggérer aux producteurs de fraises de votre région. Qui sait, peut-être aurez-vous du succès. Malheureusement, la saisons des fraises est déjà terminée, mais tentez votre chance l’an prochain !

    Bon été !

    Répondre

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