Volume 33 Numéro 04 Le 09 octobre 2015

Les manifestations se multiplient chez les agriculteurs


Au centre, Philippe Etter. À sa gauche, Vanessa Mondou et l'un des deux organisateurs, Réal Gauthier, président des producteurs laitiers pour la région Laurentides/Outaouais de l'UPA.

Par Chantal Quirion, journaliste
redaction@journalagricom.ca


Des producteurs laitiers de l’Est ontarien et de la région Laurentides/Outaouais au Québec ont convergé vers la colline parlementaire le 29 septembre dernier à Ottawa. Quelques centaines de personnes ont alors uni leur voix pour réclamer le maintien intégral du système de la gestion de l’offre, en vue des négociations pour la conclusion du Partenariat transpacifique (PTP), qui reprenaient le lendemain 30septembre. Les producteurs ont également dénoncé l’importation massive de lait diafiltré qui échappe aux barrières tarifaires prévues par le système de la gestion de l’offre parce qu’il est identifié comme un liquide protéique plutôt que comme du lait à proprement parler. Selon les producteurs, ce sont des revenus importants qui échappent ainsi au Canada. Ces faits se traduisent tout autant par une diminution de la demande pour le lait canadien, qui se traduit à son tour par une baisse du prix du lait à la ferme.

Avec le même objectif, d’autres manifestations d’importance ont été organisées, dont l’une à l’occasion du débat en français des chefs, devant les bureaux de Radio-Canada à Montréal, à laquelle ont pris part environ 1500 personnes. D’autres ont pris le relais à Ottawa lors du débat des dirigeants agricoles le 30 septembre.

Même si le PTP a connu un dénouement, les manifestants ne regrettent pas leurs sorties publiques. Le dossier des importations américaines est encore loin d’être réglé, notamment.

« Je ne regrette vraiment pas qu’il y ait eu des manifestations, car ça leur a montré que les gens supportent la gestion de l’offre et ça leur a donné munitions pour retourner à la table. Peut-être que cela a joué en notre faveur », commente, Philippe Etter, producteur agricole.

Un problème connu

Chez les producteurs laitiers de l’Ontario (DFO pour Dairy Farmers of Ontario), les problèmes liés à l’importation des protéines laitières sont connus.

« Nous travaillons très fort pour résoudre cette situation. Cependant, ces importations entrent légalement au pays et sont exemptes de frais de douanes. Une partie de la solution résiderait dans la modernisation de nos infrastructures. DFO entretien de bonnes relations de travail avec le gouvernement fédéral dans ce dossier et demeure très attentif à la situation en attendant que l’industrie laitière parvienne à une solution »,  a commenté Peter Van Sleeuwen, du conseil d’administration de DFO.

Chez les producteurs laitiers du Canada (PLC), on indique que le dossier des protéines laitières inquiète au moins depuis 2011. « Ça fait des années qu’on travaille sur ce dossier. On s’est adressé à Agriculture Canada, au ministère de la Sécurité publique qui est responsable des frontières, à l’Agence des services frontaliers du Canada, on a frappé à toutes les portes.

Le problème c’est une mauvaise classification d’un produit qui est utilisé comme du lait mais qui est classé comme un produit protéique.

On ne sait pas pourquoi le Canada n’a pas légiféré là-dessus. On a fait toutes les représentations et les protéines continuent de rentrer. Là ça prend une décision gouvernement », mentionne pour sa part Isabelle Bouchard, aux communications pour les PLC.

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