Volume 32 Numéro 07 Le 21 novembre 2014

Les ministres de l’Agriculture On et Qc se rencontrent


Le ministre de l'Agriculture de l'Ontario, Jeff Leal. -Photo courtoisie

François Carrier

Par François Carrier
Collaborateur
info@journalagricom.ca


Les ministres de l’Agriculture de l’Ontario et du Québec ont tenu une rencontre le 14 novembre pour tenter de trouver de nouvelles possibilités de collaboration et des pistes de solutions dans quelques secteurs de l’économie agricole. Cette rencontre entre Jeff Leal et son homologue québécois, Pierre Paradis, représentait aussi une occasion de discuter de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne et des répercussions de cette entente. Un sujet chaud pour lequel toutes les parties n’ont pas encore de réponses.

Les ministres ont demandé au gouvernement fédéral de donner suite à son engagement de compenser le secteur laitier dans le contexte de l’Accord.

L’arrivée prochaine de plus de 17 000 tonnes de fromages européens – dont 16 000 tonnes de fromages fins –, s’ajoutant aux 13 000 tonnes déjà importées au Canada, inquiète les fromagers artisanaux d’ici.

Des études effectuées pour le compte de fromagers avancent que l’arrivée de ces 16 000 tonnes additionnelles de fromage fin au pays pourrait représenter des pertes de plus de 150 millions $ lors de la première année. À titre d’exemple, cette quantité équivaut à la production annuelle d’environ 90 fromageries artisanales canadiennes.

C’est ce que craint aussi la propriétaire de Glengarry Fine Cheese, Margaret Peters-Morris, qui s’est confiée à Agricom.

« La première et la deuxième année seront difficiles et il faudra s’ajuster, mais je crois que nous sommes actuellement dans une industrie en plein essor et que nous profiterons de nouveaux marchés », explique-t-elle. Mme Peters-Morris est d’avis que les Canadiens ne changeront pas de sitôt leurs habitudes de consommation et qu’ils resteront pour la plupart fidèles aux produits locaux.

Si les fromagers européens et quelques distributeurs canadiens risquent d’y trouver leur compte, les fromagers artisanaux cherchent encore par tous les moyens de trouver une solution pour ne pas perdre de part de marché.

« Notre stratégie? Aucune idée (rires), mais on trouvera », assure Margaret Peters-Morris, dont le fromage Lankaaster a remporté en 2013 un titre au prestigieux concours Global Cheese Award. Elle rappelle que le dernier mot reviendra aux clients canadiens.

Les ministres Leal et Paradis ont également demandé au gouvernement fédéral de préciser ses intentions relativement à l’attribution de nouveaux quotas d’importation de fromage, en accordant la priorité aux parties les plus touchées, tout en favorisant la croissance du secteur fromager.

Ils ont une fois de plus réitéré leur appui au système de gestion de l’offre et ont demandé au gouvernement fédéral d’inclure la réciprocité des normes dans les négociations commerciales.

L’entretien entre les deux ministres a aussi été une occasion de discuter des problématiques reliées à la capacité d’abattage dans les régions plus au nord. Les deux provinces cherchent à trouver des solutions communes pour maintenir les prix compétitifs pour les éleveurs.

D’autres rencontres entre les ministres devraient avoir lieu et porter sur les stratégies communes de mise en marché. Cette rencontre entre les deux représentants des ministères de l’Agriculture de l’Ontario et du Québec fait suite à une entente de collaboration signée en 2009 par les deux provinces et visant à renforcer la collaboration entre les deux gouvernements et à proposer des positions communes afin d’assurer le développement de l’industrie agricole face à la mondialisation.

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