Volume 32 Numéro 14 Le 20 mars 2015

Les prix du carburant n’est qu’un morceau du casse-tête


Par Agricom


Le fléchissement des prix du carburant provoqué par la chute des prix du pétrole a fait couler beaucoup d’encre dernièrement. Cependant, les producteurs ne doivent pas perdre de vue les coûts liés à d’autres intrants agricoles, avise Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef à Financement agricole Canada.

« Les événements spectaculaires ont tendance à capter toute notre attention, mais l’effondrement des prix du pétrole ne représente qu’un seul morceau du casse-tête que sont les intrants agricoles, précise M. Gervais. Les producteurs doivent prêter attention à l’ensemble des coûts liés aux intrants agricoles afin de prendre des décisions d’affaires éclairées. »

Toujours selon M. Gervais, la baisse des prix du pétrole comportera certainement des avantages pour l’industrie agricole, mais il met en garde contre le décalage entre le recul des prix de l’énergie et la réduction éventuelle des prix des intrants agricoles.

« L’important, d’après moi, ce sont les retombées secondaires, explique-t-il. Le déclin des prix du pétrole exerce une pression sur le dollar canadien, ce qui rend nos exportations plus concurrentielles. L’agriculture canadienne dépend fortement des exportations. »

Quelles sont donc les perspectives pour d’autres intrants agricoles?

Carburant
Selon M. Gervais, les prix du carburant, et notamment ceux de l’essence, sont à la baisse en raison de la réduction des prix du pétrole. Par contre, le prix du diésel a tendance à se maintenir pendant les mois d’hiver, alors que la demande pour d’autres carburants empiète sur l’approvisionnement disponible pour le marché du diésel.

« La hausse générale de la demande pour le diésel a été renforcée par le redressement de l’économie américaine et l’augmentation du nombre de véhicules diésel en circulation », ajoute-t-il.

Engrais
Le coût des engrais agricoles ne suit pas forcément le mouvement à la baisse du prix du pétrole, car le gaz naturel est le principal intrant pour la production de l’engrais. Par contre, un affaiblissement des prix du pétrole entraîne une diminution des coûts d’extraction, de distribution et de transport des engrais.

« La bonne nouvelle est que les prix du gaz naturel ont sensiblement diminué par rapport aux sommets enregistrés, et si à cela on ajoute le recul des prix du maïs et la croissance de la production mondiale d’engrais, on devrait assister à une baisse du prix des engrais », souligne M. Gervais.

Terres agricoles
La descente des prix des produits de base devrait commencer à faire ralentir la progression de la valeur des terres agricoles qui était en hausse partout au pays depuis une dizaine d’années, avec quelques exceptions, d’après M. Gervais.

« Les faibles taux d’intérêt et les recettes élevées tirées de la production de cultures ont été les deux facteurs expliquant l’envolée récente de la valeur des terres agricoles, explique M. Gervais. Les prix des céréales et des oléagineux ne sont plus à des niveaux records, mais les prix à terme indiquent tout de même des marges de profit satisfaisantes. Par ailleurs, les taux d’intérêt moins élevés soutiendront la valeur des terres agricoles. »

Équipement
M. Gervais précise que les fortes ventes d’équipement au cours des dernières années ont fait en sorte d’augmenter les stocks partout au pays, ce qui pourrait se traduire par des occasions d’achats dans le marché de l’équipement d’occasion.

« En général, le prix de l’équipement ne devrait pas grimper de façon substantielle, puisque la baisse du prix des cultures a réduit la demande pour de gros tracteurs et des moissonneuses-batteuses. Comme les concessionnaires d’équipement ont beaucoup de matériel en stock, les producteurs pourraient acheter de l’équipement neuf ou d’occasion à des prix intéressants. »

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