Volume 29 Numéro 09 Le 14 décembre 2011

Les producteurs laitiers de l’Ontario mi-figue mi-raisin


Augmentation des prix de soutien de la poudre de lait écrémé et du beurre: les producteurs laitiers sont partagés entre un sentiment de satisfaction et un certain mécontentement.

Par Josianne Haspeck, collaboratrice


Le prix du lait utilisé pour fabriquer des produits laitiers sera augmenté dès le 1er février 2012, une nouvelle qui laisse les producteurs laitiers de l’Ontario sur leur faim.

La Commission canadienne du lait (CCL) a effectivement annoncé au début du mois que les prix de soutien de la poudre de lait écrémé et du beurre seront plus élevés de 1,5 %. Celui du beurre passera de 7,192 $ à 7,281 $ le kilogramme et celui de la poudre de lait écrémé, de 6,272 $ à 6,367 $ le kilogramme. Le président de la CCL, Randy Williamson, mentionne que selon les données recueillies, les coûts reliés à la production de lait au Canada ont accru de 2,2 % durant la dernière année. « Les coûts des aliments du bétail ont augmenté de près de 10 % alors que ceux du carburant ont subi une hausse de plus de 20 %. Cette augmentation de 1,5 % des prix du soutien équivaut à environ la moitié du taux d’inflation actuel du prix des aliments », indique-t-il par voie de communiqué.

 

Les producteurs laitiers sont partagés entre un sentiment de satisfaction et un certain mécontentement. Selon le vice-président des Producteurs laitiers du Canada (PLC) et administrateur au sein de Dairy Farmers of Ontario, Ron Versteeg, cette annonce « va dans la bonne direction ». Toutefois, cette augmentation de 1,5 % est en dessous de la hausse de leurs coûts de production de 2,2 %. « Ça ne couvre pas tout. […] Nous aimerions que le prix du lait couvre 50 % des coûts de production des producteurs les plus efficaces », affirme-t-il. Il explique que la décision de la CCL est basée sur les résultats d’un sondage de coûts de production effectué auprès de 200 producteurs laitiers canadiens. « L’augmentation annoncée ne couvre que 46 % des coûts de production chez les producteurs les plus efficaces », signale M. Versteeg, producteur de lait dans la région de Russell.

 

Néanmoins, cette annonce signifie une hausse de 1,14 $ l’hectolitre pour le lait de transformation pour les producteurs laitiers de l’Ontario. Selon M. Versteeg, ces derniers profiteront de la majoration dès février.

 

S’il devait y avoir une inflation des prix des intrants, comme le pétrole et les fertilisants, les PLC pourraient faire des pressions pour obtenir une augmentation intérimaire, comme cela a été le cas l’été dernier pour le lait nature. « Rien n’indique que cela aura lieu, mais on ne sait jamais », précise le vice-président. Quant au ralentissement économique attendu en 2012, il ne semble pas l’inquiéter outre mesure. Le marasme de 2009 avait plutôt avantagé les producteurs laitiers puisque les consommateurs avaient délaissé les restaurants — où les produits laitiers sont peu représentés — pour manger à la maison. La consommation de lait et de produits laitiers avait ainsi connu une hausse, se rappelle M. Versteeg.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *