Volume 31 Numéro 05 Le 25 octobre 2013

Libre-échange : Gains importants pour le bœuf et le porc


Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Alors que l’industrie laitière cri haut et  fort son mécontentement suite à la conclusion d’une entente avec l’Union européenne, les secteurs bovins et porcins se disent quant à eux « extrêmement heureux » de l’annonce faite par Stephen Harper le 18 octobre. L’ouverture des marchés européens représentera un potentiel de 1,3 milliard $ supplémentaires pour le secteur agricole.

Bien que le gouvernement ait dû faire d’importants compromis pour arriver à une entente, les gains pour le Canada sont tout de même importants puisque 95 % des barrières tarifaires seront abolies et l’Europe constitue maintenant un nouvel accès pour le bison, le bœuf et le porc.

Cette nouvelle entente accordera au Canada un libre accès aux produits de bœuf et de porc transformé et permettra d’exporter en Europe jusqu’à 80 000 tonnes de porc frais, 50 000 tonnes de bœuf et 3 000 tonnes de bison sans tarifs douaniers.

« Pour les producteurs de bœuf canadiens, il s’agit du plus important accord économique depuis l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis, adopté en 1989 », estime le président du Canadian Cattlemen’s Association, Martin Unrau, qui s’attend à voir les exportations annuelles de bœuf se chiffrer à plusieurs centaines de millions de dollars.

Pour le président du Conseil canadien du porc (CCP), Jean-Guy Vincent, il s’agit aussi d’une excellente nouvelle. « Actuellement, nos exportations de coupes de porc vers l’Union européenne sont à peu près inexistantes. Ce n’est pas parce que nos prix ne sont pas compétitifs, mais à cause du tarif et d’autres obstacles qui nuisent à l’accès de nos produits au marché de l’UE, problèmes que l’accord permettra désormais de résoudre », croit M. Vincent.

Parmi les coupes de porc produites au Canada, le CCP prévoit entre autres exporter de grosses quantités de jambon. M. Vincent estime que les ventes annuelles totales pourraient s’élever à près de 400 millions $. D’ailleurs, l’Europe était le seul important marché de consommateurs de porc auquel le Canada n’avait pratiquement pas d’accès.

Le blé, l’avoine, l’orge, le seigle, les fruits et légumes frais, congelés et transformés, le sirop d’érable, les huiles, la nourriture pour animaux, les légumineuses, les farines, les produits laitiers, les confiseries, les assaisonnements et les confitures font également partie de la longue liste de produits agroalimentaires canadiens qui pourront être exportés en Europe sans payer des frais exorbitants de douane.

Dans tous les secteurs, ont prévoit d’importantes retombées qui dépasseront la simple valeur des exportations. Dans le porc et le bœuf par exemple, l’accroissement de la production de fourrage et de céréales, la transformation de la viande et la distribution stimuleront l’économie des secteurs ruraux.


Industrie viticole
Les consommateurs de vins seront aussi les grands gagnants de cet accord Canada-Europe, au grand dam des producteurs viticoles canadiens. C’est que l’entente conclue exigera que la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) modifie sa technique de facturation, ce qui aura pour effet de diminuer les prix des vins européens dispendieux. Au bout du compte, les produits locaux auraient plus de compétition.

Bien que l’Ontario ait donné son appui à l’accord commercial avec l’Union européenne, le ministre du Développement économique, du Commerce et de l’Emploi, Eric Hoskins, a fait part de ses réserves face à cet enjeu. « L’Ontario doit avoir la certitude que le gouvernement fédéral soutient son industrie des vins et spiritueux et collabore avec notre province pour favoriser la croissance de cette industrie », a-t-il déclaré le 18 octobre.

Tableau - L'accord de libre-échange en chiffres

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