Volume 32 Numéro 03 Le 26 septembre 2014

L’offre télévisuelle agricole s’agrandit


Le tournage des premières images de l'émission Garde-manger a eu lieu à Hearst. -Photo Slalom Production

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


L’agriculture biologique prendra d’assaut les ondes de la nouvelle chaîne Unis dès le printemps prochain. Deux séries, Agrofolies et Garde-manger, sauront capter autant l’attention des producteurs agricoles que celle des consommateurs avertis qui s’intéressent à la provenance de leurs aliments.

Dès la fonte des neiges, les téléspectateurs auront droit à une offre plus diversifiée en matière d’émissions à caractère agricole grâce aux boîtes de production Slalom, d’Ottawa, et Mozus, de Moncton. Celles-ci sont à préparer une série chacune en lien avec la production agricole biologique qui mettra en vedette des fermiers francophones et francophiles d’un bout à l’autre du pays.

Agrofolie
C’est un jeune agriculteur néophyte qui animera avec zèle l’émission Agrofolies. La série de six documentaires d’une heure suivra Patrick Thibeault dans son aventure agroalimentaire pour tenter de devenir autosuffisant.

Véritable passionné des aliments, le jeune papa a tenté de démarrer une production biologique sur une terre louée à un voisin. Sur son lopin de terre, l’animateur cultivera une multitude de fruits et de légumes, puis élèvera deux cochons et huit cannes en adoptant des pratiques qui sont en harmonie avec l’environnement.

« On rêve souvent de faire un magnifique jardin. On lit tous ces livres de jardinage, mais quand on fait face à la réalité, aux limaces et autres bêtes, on se demande si on va réussir à sortir quelque chose de [comestible] de ce jardin », commente la productrice de l’émission, Suzette Lagacé, qui promet que la série sera pleine de rebondissements.

Non seulement les téléspectateurs suivront Patrick dans son accession à l’autonomie alimentaire, mais l’animateur les amènera à la rencontre de producteurs qui partagent les mêmes valeurs que lui. Chaque épisode présentera de six à sept invités expérimentés desquels le néophyte s’inspirera pour mener à terme son projet.

De plus, le jeune homme expérimentera différentes chasses, pêches et cueillettes qui lui permettront de compléter son assiette avec des aliments qu’il sera allé chercher à l’extérieur de sa ferme. Un marin l’initiera à la pêche au hareng et au maquereau, sa famille l’entraînera à la chasse à l’orignal et il arpentera la forêt à la recherche de champignons et de quenouilles, qu’il apprêtera dans de délicieux repas.

M. Thibeault confie avoir découvert tout un mouvement de néoagriculteurs qui veulent produire leur nourriture au cours du tournage des épisodes.

« Les gens qu’on rencontre lors du tournage de la série sont des gens préoccupés par ce qu’ils mangent et ils veulent essayer non seulement d’avoir un  contact avec leur nourriture, mais aussi avoir quelque chose de bon et de sain dans leur assiette. Je trouve que la nouvelle génération de fermiers a plus tendance à être ouverte au biologique. »

Selon lui, cette série s’adresse à tous ceux qui sont intéressés à la nourriture de qualité ainsi qu’à la saine alimentation, et qui désirent rapprocher la terre de leur assiette. Il s’agit d’une émission qui saura plaire aux foodies, ajoute la productrice de Mozus.

Plusieurs tournages du cinquième et du sixième épisode ont été réalisés en Ontario, dont à Alfred, à Perth et à Kapuskasing.

L’émission entrera en ondes au printemps 2015 sur la chaîne de télévision Unis.

 

Agrofolie - En tournage dans le potager - Photo Martin CormierTournage de l’émission Agrofolies.  – Photo Martin Cormier

Garde-manger

L’automne 2015 sera synonyme de découvertes agroalimentaires aux quatre coins du pays. Slalom Production est en plein tournage d’une série de 13 émissions d’une heure qui part à la découverte de producteurs agricoles qui cultivent la terre autrement pour offrir aux consommateurs des produits exempts de pesticides.

La productrice de Garde-manger et instigatrice du projet, Geneviève Turcot, confie avoir voulu créer une émission à l’image des producteurs et qui sera un complément aux émissions de cuisine. Elle qualifie à la blague que l’émission de farm porn, pour faire allusion à la food porn dans l’industrie culinaire.

« On parle souvent de l’agriculture biologique du point de vue de la consommation et on parle beaucoup des produits – ce qui est très intéressant –, mais je trouvais qu’on raconte rarement l’histoire des gens derrière ça », affirme-t-elle.

Elle avoue initialement avoir voulu produire une émission « certifiée bio », mais elle a vite réalisé qu’elle aurait privé les téléspectateurs de plusieurs rencontres inspirantes.

« Je me suis rendu compte qu’il y avait des gens qui avaient des histoires vraiment fascinantes, mais qui n’avaient pas envie d’être certifiés [biologiques]. Nous avons donc élargi cela à ceux qui font la culture différemment », souligne Mme Turcot.

Elle explique d’ailleurs que le titre de l’émission est très révélateur sur sa façon de percevoir les hommes et les femmes qui vivent de l’agriculture. « Les gens qui décident de cultiver ainsi sont les gardiens de la terre. Ils ont un souci écologique, un souci d’offrir des aliments sains à leur communauté, alors je les vois comme des gardiens du manger. »

La productrice promet que les téléspectateurs auront l’impression d’être dans leur télévision, d’avoir passé quelques jours à la ferme pour remonter la chaîne de leurs aliments.

Les thèmes de la culture bio intensive, la bureaucratie qui encadre la certification, l’agriculture urbaine, la relève, la production de vins sans pesticides, la biodiversité, la mise en marché des produits bio et l’autosuffisance seront entre autres abordés. Une émission sera aussi consacrée à des pionniers de l’agriculture biologique nordique, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Les premières images de la série ont été filmées à Hearst au cours du mois de septembre et le tournage s’échelonnera sur un an.

Une réflexion au sujet de « L’offre télévisuelle agricole s’agrandit »

  1. Felix Saulnier

    J’ai très hâte de voir ces emissions . De plus, Monsieur Thibeault va sûrement pouvoir séduire son auditoire grace a ses judicieux conseils. Personnellement, je déplore que le secteur agro- alimentaire soit un secteur qui n’est pas exploité a son plein potentiel au N.-B. , puisqu’il y a tellement de terres agricoles non productives actuellement. Vu le taux de chômage et le nombre de gens qui n’ont pas de travail, Je crois que nos dirigeants (niveau municipal et provincial) devraient porter une attention particulière a ce secteur. Le produits des récoltes pourraient sûrement aider a garnir les banques alimentaires et a fournir a nos épiceries locales des produits frais de la région. Bravo Patrick!

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