Volume 32 Numéro Le 3 juillet 2015

L’Ontario veut garder ses usines Investissement majeur dans le secteur agroalimentaire

Par Elizabeth Paulet


Le gouvernement ontarien a annoncé le 16 juin dernier à Cambridge un investissement de 3 millions de dollars dans l’usine de transformation de PepsiCo Foods Canada, un des leaders mondiaux dans le marché des aliments à grignoter.

Compétitivité. Certainement un des principaux enjeux pour garder les usines de transformation alimentaire en sol canadien, là où elles contribuent à l’économie des populations rurales.

C’est justement pour améliorer la compétitivité de l’usine de Cambridge, qui emploie plus de 550 personnes, que le gouvernement de Kathleen Wynne a octroyé à PepsiCo Foods Canada une somme de 3 millions de dollars par l’entremise du Programme de développement économique des collectivités rurales. Une importante part du budget annuel, qui s’élève à 14,5 millions de dollars.

Cet argent combiné à un investissement substantiel de la compagnie – dont on ne connaît néanmoins pas encore le montant – servira à moderniser l’usine de transformation qui fabrique des produits sous la marque Frito-Lay. La modernisation des équipements permettra de répondre à des normes de salubrité alimentaire mondiales, d’améliorer la qualité des produits et d’augmenter la productivité grâce entre autres à l’installation d’un système de conditionnement à grande vitesse.

Don Brubacher, directeur général de l’Ontario Potato Board, accueille l’annonce de cet investissement avec enthousiasme : « Nous espérons qu’en étant plus efficiente, l’usine occupera une plus grande part du marché, ce qui se traduira par une plus grande quantité de pommes de terre achetées chez nos producteurs. »

En effet, la compagnie s’approvisionne en grande partie chez les producteurs de pomme de terre de l’Ontario, principalement des municipalités de Leamington et d’Alliston. L’usine de Cambridge, exploitée par PepsiCo Foods Canada depuis plus de 50 ans, contribue également à l’économie de la région par l’intermédiaire des emplois créés et des différents biens et services, privés et publics, auxquels elle a recours (fabrication, transport, carburant, emballage, etc.).

Efficience : le nerf de la guerre

Au Canada, l’Ontario est la province qui accueille le plus grand nombre de multinationales étrangères dans le secteur agroalimentaire. Cette forte concentration explique en grande partie pourquoi la province a été particulièrement touchée par la vague de fermeture d’usines de transformation alimentaire entre 2006 et 2014. On se rappelle notamment les pertes d’emplois importantes liées aux fermetures des usines de Kellog, Smucker’s et Lance.

Parmi les différents facteurs évoqués pour expliquer les fermetures de ces usines (valeur du dollar, coût des intrants, changement des préférences alimentaires, etc.), l’efficience des usines demeure un critère décisif. D’autant plus vrai dans un contexte où la concurrence étrangère est forte.

Un soutien opportun

Les gains en productivité nécessitent souvent d’importants investissements en machinerie et en équipement. Des investissements qui, selon une étude de cas de l’Institut canadien des politiques agroalimentaires (ICPA), auraient un retour moins intéressant dans un marché arrivé à maturité, tel que le Canada, que dans un marché émergent comme la Russie, la Chine, l’Inde et les pays d’Amérique du Sud. Un défi à relever pour la filiale canadienne de la multinationale PepsiCo, qui doit présenter un solide dossier pour justifier à la société mère le financement des projets de modernisation.

Dans ce contexte, le président de PepsiCo Foods Canada, Marc Guay, ne peut que se réjouir de l’investissement du gouvernement ontarien dans le projet de modernisation de l’usine de Cambridge : « Nous sommes fiers de faire partie de la collectivité de Cambridge et sommes reconnaissants au gouvernement pour son soutien alors que nous préparons l’avenir de PepsiCo Foods Canada. »

Puisse l’avenir de PepsiCo Foods Canada être garant du maintien et de la création d’emplois dans le secteur agroalimentaire de l’Ontario.

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