Volume 25 Numéro 10 Le 16 janvier 2008

Manger végétarien serait plus vert pour la planète!

Par Pierre-Alain Blais, Journal Agricom


Selon un rapport de recherche récent, commandité par Greenpeace international*, on pourrait réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre (GES), entre autres, en consommant moins de viande!

Les médias se sont emparés de cette suggestion, la toute dernière (n°7) du résumé français du rapport parmi toute une série voulant aider à réduire les émissions de l’agriculture.

Selon les auteurs, dont Pete Smith, un des principaux auteurs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), «les consommateurs peuvent jouer un rôle important dans la réduction des GES agricoles».

À preuve, « une personne dont le régime alimentaire correspond à ce qu’un habitant consomme en moyenne chaque jour aux États-Unis, pourrait économiser 385 kcal (ou de 95 à 126g de CO2) de combustible fossile en remplaçant 5% de sa consommation quotidienne de viande [par un régime végétarien]».

Mais sur le fond du rapport, les experts du milieu agricole s’accordent à dire que ce dernier est biaisé et ne correspond pas à la situation qui prévaut actuellement en agriculture canadienne.

Selon Chistian Lacasse, président de l’UPA: «[Greenpeace] n’a pas tenu compte que l’agriculture est aussi un capteur de carbone». Et si on fait le bilan correctement, rappelle le président, «l’agriculture n’a pas un aussi grand impact sur les GES que cela.»

Philippe Rochette, chercheur à Agriculture Canada, nuance ses propos: «Dans les inventaires qui sont faits au Canada, on omet tout ce qui ne provient pas directement de la ferme, comme l’énergie utilisée pour les transports des denrées, le chauffage des bâtiments, et la fabrication des engrais chimiques, etc., ce que l’équipe du chercheur écossais a inclus».
Au Canada, la part de l’agriculture est moindre que mondialement – 8% présentement ou 15%, si on tenait compte de toutes les sources – en raison de la situation particulière du pays, vaste et nordique, où l’on consomme énormément de combustibles fossiles (responsables de 75% des émissions de GES), explique le chercheur.

*Résumé en français: Comment l’agriculture peut contribuer à la lutte aux changements climatiques, disponible sur le site canadien de Greenpeace.ca

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *