Volume 33 Numéro 17 Le 06 mai 2016

Marc Bourdon, fin prêt à représenter ses pairs dans la zone 10


Marc Bourdon de Maxville a été élu directeur au sein des Egg Farmers of Ontario pour la Zone 10. Photo: Chantal Quirion


redaction@journalagricom.ca


Nouveau au sein du conseil d’administration de l’association Egg Farmers of Ontario (EFO), Marc Bourdon fait figure de vétéran dans le secteur. Les producteurs de la Zone 10 qu’il représente pourront compter sur son expertise et son écoute.

« Je veux que les producteurs de la région se sentent à l’aise de venir me rencontrer. Je pense qu’avec mon expérience et mon implication dans les œufs et l’élevage je pourrai bien les représenter », indique le principal intéressé. Il ira de sa responsabilité d’amener au niveau provincial les préoccupations et les suggestions des producteurs ovocoles des comtés de Glengarry, Prescott, Russell et Stormont.

À la tête de Bourdon Feed & Grain inc. dont les installations principales se trouvent à Maxville dans l’Est ontarien, Marc Bourdon  emploie une vingtaine de personnes et cultive le maïs et le soya dans quatre comtés. Ces grains sont ensuite transformés à sa meunerie de Maxville où l’on retrouve aussi un élévateur à grains et un entrepôt pour combler les besoins des fermes de l’entreprise et d’autres producteurs de l’Est ontarien et de l’ouest du Québec. Pour sa part, Bourdon Feed & Grain inc. possède des  fermes de poulettes, de pondeuses et de poulets à chair à Saint-Isidore et à Maxville. Marc Bourdon n’est toutefois pas du genre à s’épancher sur ses succès. Pour lui, l’important est de contribuer à l’essor d’un secteur agricole qui a le vent dans les voiles tout en s’assurant que les producteurs soient en mesure de faire face aux défis qui se posent à eux à l’heure actuelle, dont la transition de l’élevage traditionnel vers le système enrichi ou dit en logement aménagé, jusqu’à l’élevage en liberté. Il est d’ailleurs à construire un poulailler qui répondra aux normes du système enrichi.

« C’est un gros défi pour nos producteurs. C’est un bon changement pour l’environnement de la poule, mais l’ancien système était bon également. Comme producteurs, on veut toujours ce qu’il y a de mieux pour nos animaux. Dans le fond, il faut que le choix revienne au consommateur et présentement le consommateur n’achète environ que deux pour cent d’œufs de poules élevées en libertés. »

Néanmoins, face aux pressions des grandes chaînes de restauration rapides, elles-mêmes influencées par les mouvements de défense des droits des animaux, les Producteurs d’œufs du Canada ont annoncé récemment l’abolition de l’élevage traditionnel d’ici 20 ans. Pour la production ovocole, une ère de changement est en marche.

«Présentement, on négocie pour l’Ontario une prime de 10 cents la douzaine à partir de janvier 2017 pour la production en système enrichi. En fin de compte le producteur n’aura pas plus d’argent, mais éventuellement il pourra rencontrer ses coûts de production. »

Fort occupé avec son entreprise, Marc Bourdon estime qu’avec l’arrivée de sa fille Mélissa et de son gendre Andrew Vallance au sein de l’équipe, il jouit de beaucoup plus de liberté.

« Avec eux s’amorce la relève familiale, une relève des plus enthousiastes. Les deux affirment être prêts à relever bien des défis puisqu’eux aussi croient en notre belle agriculture ontarienne », précise M. Bourdon.

Son épouse, Lucie, apporte pour sa part son expertise au niveau administratif. Maintenant qu’il peut déléguer une partie de ses responsabilités, il peut partir l’esprit tranquille pour Toronto, là où se tiennent les rencontres des  EFO.

« Je crois que cela me prendra d’un à deux jours par semaine, mais l’industrie est en croissance et cela vaut la peine de s’impliquer. Je pense qu’il y a un bon avenir pour la production d’œufs au Canada. C’est un produit sain que les gens veulent.  Je trouve que l’on a un bon système avec la gestion de l’offre et j’y ai toujours cru. Il va falloir continuer à s’entendre à travers le Canada pour produire ce dont on a besoin et nous aurons besoin de continuer à augmenter notre production. À long terme, je le fais pour la prochaine génération. Avec EFO, nous avons des programmes pour aider la relève qui sont en réévaluation présentement, mais je pense qu’il est important de les remettre rapidement en route. »

Jusqu’ici, ces programmes ont aidé deux jeunes agriculteurs annuellement à se lancer dans la production ovocole. L’industrie ayant été bonne pour elle, Marc Bourdon estime qu’il est important pour les EFO de redonner aux suivants.

Marc Bourdon s’estime d’autant chanceux puisque ses parents, Marcel et Louise Bourdon l’ont aidé à prendre les rênes de l’entreprise familiale comme deuxième génération. Il compte faire de même pour ses filles, Mélissa, Isabelle et Marie-Soleil. Pour l’instant, seuls Mélissa qui a étudié au Collège Macdonald de l’Université McGill et son conjoint Andrew Vallance qui a fait école au Campus de Kemptville sont à ses côtés, mais les portes sont ouvertes pour les cadettes, dont la plus jeune n’a que 14 ans.

« Mes enfants ont toujours été impliqués sur la ferme. C’était pareil pour moi. J’ai commencé à l’âge de cinq ans. J’ai appris en suivant mon père. Mes parents m’ont aidé à partir en agriculture et je vais faire la même chose pour mes enfants. L’agriculture ce n’est pas simplement un métier, c’est un mode de vie! »

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