Volume 33 Numéro 17 Le 06 mai 2016

Marcel Leroux rentre au poulailler


La famille Leroux, Sylvette, Marcel et Mireille dans leurs installations à Saint-Isidore. Crédit Photo: Mireille Leroux.

Par Chantal Quirion


Après cinq ans de loyaux services comme directeur de la Zone 10 des Egg Farmers of Ontario et près de 40 ans au sein de divers comités de l’organisme, Marcel Leroux a pris sa retraite. Chaudement applaudi par ses pairs lors de la dernière assemblée générale de l’organisme qui s’est tenue à la fin de mars à Niagara Falls, le producteur d’œufs et de poulettes retrouve ses installations à Saint-Isidore avec contentement.

Son épouse Sylvette et sa fille Mireille qui travaillent dans l’entreprise, la Ferme avicole M. S. Leroux Ltée, pourront compter davantage sur lui.

« J’étais absent pas mal de jours dans l’année. Ça va donner un peu plus de temps à Mireille, car elle est assez occupée avec son cours et son verger », mentionne le nouveau retraité des EFO en parlant de sa fille.

Mireille Leroux qui a rejoint ses parents dans l’entreprise est effectivement copropriétaire de la Ferme l’Artisan qui abrite un verger de pommes. Elle enseigne également en production végétale au Campus d’Alfred. Elle pourrait éventuellement prendre la relève de la ferme familiale, mais elle se donne du temps pour y penser.

« Dans toutes ces réflexions-là, il faudra que j’aie fait un tour de roue avant de prendre une décision. » En attendant, elle s’initie à toutes les facettes du métier, de l’administration avec sa mère jusqu’à la réparation de la machinerie avec son père. Adolescente, elle participait aux travaux sur la ferme.

« C’est comme faire du vélo. Ça ne se perd pas, mais tu dois rafraîchir tes connaissances », indique la jeune femme.

Le climat intergénérationnel est visiblement excellent et les parents souhaitent que leur fille ne sente aucune pression. « On veut ralentir et quand on verra que Mireille est prête on sera là pour la conseiller. Et si elle décide que ce n’est pas ça, on verra alors, quelles sont les options », affirme le couple en chœur.

Leur fils André a lui aussi voulu explorer le terrain pour finalement revenir à ses anciennes amours, les arts de la scène et la production télévisuelle. Bref, dans la famille Leroux, chacun a droit d’aller au bout de ses rêves.

 

Un morceau important

Au fil des ans, Marcel Leroux a acquis une connaissance aiguë du système canadien des œufs et de la volaille. Il a également siégé comme représentant des producteurs de poulettes de l’Ontario et du Canada pendant trois ans. Et même s’il compte être moins actif, ce pan de sa vie demeure très important à ses yeux. Comme directeur, il succédait en 2011 à Laurent Souligny, qui a représenté pendant 24 ans, les producteurs de la Zone 10, soit les comtés de Glengarry, Prescott, Russell et Stormont. L’expérience s’avéra des plus stimulantes.

« C’est enrichissant parce que tu apprends à connaître le système, les différents besoins au Canada et les différents besoins des consommateurs. »

Comme plusieurs de sa profession, Marcel Leroux se voit d’abord au service du consommateur. D’où l’importance de s’assurer que le système évolue en ce sens. On sent chez lui une fierté lorsqu’il s’agit de la vitalité du secteur. Il est tout aussi fier de son produit, une protéine de qualité vendue à prix très abordable.

Parmi ses grandes réalisations, il souligne sa participation à l’implantation d’un système d’encan tronqué pour l’achat du quota.

« C’est une formule gérée par une firme externe et ça donne la chance à tout le monde d’acheter. Avant, les transactions se faisaient d’un à un et souvent les petits producteurs n’avaient pas accès. »

Il aurait aimé voir le système ontarien de quota pour les poulettes implanté à l’échelle nationale, mais « c’est mort dans l’œuf », dit-il. Voilà donc un défi pour la relève.

La petite histoire

Ayant grandi sur une ferme laitière à Saint-Isidore, Marcel Leroux choisit un autre secteur de production que ses parents, Simon et Réjeanne Leroux. En 1977, peu de temps avant leur mariage Marcel et Sylvette font l’acquisition de leur première ferme à Apple Hills dans la région de Maxville.

« Ironiquement, c’était l’une des deux fermes des parents de Marcel Laviolette (producteur avicole bien connu dans l’Est ontarien, mais qui était à l’époque de la transaction, haut comme trois pommes.) », mentionne M. Leroux.

Ils y resteront 15 ans, période pendant laquelle leurs enfants André et Mireille viendront au monde. Au départ, Sylvette n’est pas familière avec l’agriculture « J’ai été catapultée dans l’agriculture quand je me suis mariée. J’ai fait un choix de vie », mentionne Mme Leroux qui durant son enfance à  Plantagenet avec ses parents, Philippe et Françoise Charlebois, a tout au plus aidé à ramasser quelques œufs chez leur voisin qui possédait quelques poules.

Elle sera vite initiée avec leur première ferme qui loge environ 9 000 poules. À l’époque, tout se fait encore à la main, dont la collecte des œufs et l’alimentation. . Ils ont aussi quelques poulettes et tentent l’élevage du porc, expérience qu’ils poursuivront pendant une dizaine d’années, mais qui ne s’avérera pas concluante.

En 1991, avec le désir de se rapprocher de la communauté francophone et pour éviter de longs trajets en autobus scolaire à leurs enfants ils achèteront la ferme avicole à Saint-Isidore. En 1995, leur élevage compte environ 15 000 pondeuses. À la même époque, ils font l’acquisition d’un collecteur d’œufs. Aujourd’hui, leur poulailler  abrite environ 18 450 pondeuses. La famille Leroux est également copropriétaire d’un poulailler de poulettes avec deux autres producteurs. Ce sont eux qui assurent la gestion des 156 500 poulettes produites par année. Bien que plusieurs tâches aient changé avec l’arrivée de l’automatisation, tous sont encore fort occupés. Ils emploient une personne à temps partiel.

« Aujourd’hui il y a beaucoup moins de travail physique, mais il y a beaucoup de paperasses et beaucoup d’observation. Tout se joue sur les détails. L’alimentation, la lumière ou la ventilation, ce sont tous des points ou l’on peut faire une différence », explique Mireille en indiquant que pour réussir dans ce domaine, il faut être débrouillard. Comme son père le dit, les machines ont tendance à briser le jour de Noël ou pendant la nuit.

« Mon père est bricoleur et je tends à attraper sa maladie. »

Le plan d’un nouveau poulailler est sur la table à dessin, mais le projet est encore embryonnaire. Le sujet alimente quand même les discussions et la famille Leroux observe avec un intérêt tout particulier les changements qui se dessinent au sein de l’industrie.

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