Volume 29 Numéro 05 Le 19 octobre 2011

McGuinty perd sa ministre de l’Agriculture


Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


La chaude lutte que se sont menée les trois principaux partis lors du jour du scrutin, le 6 octobre dernier, a fait tomber quelques têtes importantes de l’ancien cabinet de Dalton McGuinty. C’est le cas par exemple de l’ex-ministre de l’Agriculture, Carol Mitchell. C’est un coup dur pour les Libéraux qui, en plus de n’avoir pu former un gouvernement majoritaire, a aussi perdu plusieurs circonscriptions où se présentaient ses ministres en poste.

L’ex-ministre Mitchell a perdu son pari contre la conservatrice Lisa Thompson. Cette dernière l’a remporté avec 2 500 voix de majorité dans la circonscription de Huron-Bruce.

La nouvelle députée est également connue du milieu agricole. Elle-même fermière, elle a pour beaucoup contribué au développement de la Ontario Dairy Goat Co-op de Teeswater, une coopérative dont elle était directrice-générale.

Pour Carol Mitchell, la pilule sera dure à avaler. Elle avait été élue à l’Assemblée législative en 2003 et avait remporté également ses élections en 2007. En janvier 2010, elle avait été nommée ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales, mais avait d’abord fait ses classes en tant qu’adjointe parlementaire.

Dans les jours qui ont suivi l’élection, les plus grands médias du pays attribuaient la minorité du gouvernement McGuinty à sa position en faveur de l’énergie éolienne. La majorité des sièges perdus par le parti Libéral de l’Ontario étaient situés dans des secteurs ruraux, dont celui de l’ancien ministre de l’Environnement, John Walkinson et celui de l’ex-ministre de l’Éducation, Leona Dombrowsky.

Maria Van Bommel, l’adjointe parlementaire de la ministre de l’Agriculture, a aussi perdu son siège dans Lambton-Kent-Middlesex au profit du Conservateur Monte McNaughton.

Au moment de mettre sous presse, le nouveau cabinet de Dalton McGuinty n’avait pas encore été dévoilé, mais les experts s’entendent pour dire qu’il ne sera pas facile de le former avec tous ces députés d’expérience en moins.

Avantage pour les agriculteurs

Les organismes de représentation des agriculteurs voient la minorité des Libéraux sous un bon œil. Aux dires de Simon Durand, directeur-général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, « ça fait beaucoup de changement chez les responsables des dossiers que nous avions. Il va falloir rebâtir nos contacts et nos relations avec une nouvelle équipe de ministres, mais l’avantage d’un gouvernement minoritaire, c’est que nous avons la possibilité d’influencer aussi le parti qui a la balance du pouvoir. Ça double le nombre de personne qui ont une influence politique sur nos enjeux, ça fait plus de portes auxquelles on peut frapper. »

L’opposition Du côté de l’opposition officielle, la nomination du cabinet fantôme n’est pas non plus connue, mais il ne devrait pas être trop difficile de nommer un critique en matière d’agriculture. Le député conservateur d’Oxford, Ernie Hardeman, remplissait déjà cette tâche depuis 2003. Il a d’ailleurs battu à plate couture son adversaire dans sa circonscription en remportant 20 651 votes contre 9407 pour son opposant le plus proche, David Hilderley.

Quant au NPD, l’ancien chef du parti et critique de l’agriculture Howard Hampton a décidé de se retirer de la vie politique à la fin de son dernier mandat. Il a été remplacé dans sa circonscription de Kenora-Rainy River par Sarah Campbell, une jeune néo-démocrate.

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