Le 18 février 2004

Mon cheminement personnel qui m’a menée jusqu’au Ghana

Par Danielle Lefevbre, collaboration spéciale


N.D.L.R. Qui aurait cru que Danielle Lefevbre, une jeune demoiselle native d’Alexandria (On) se retrouverait un jour à pratiquer de l’agriculture aussi loin que sur les terres ghanéennes du vaste continent africain’ Si vous êtes un des fortunés à avoir partager votre sentier avec celui de Danielle Lefebvre lors de son séjour au Collège d’Alfred, vous n’aurez donc aucune difficulté à y croire. Aujourd’hui c’est avec fierté et un brin d’émotion que nous voyons les ailes de notre grande amie à l’âme humanitaire se déployer vers des horizons qui lui sont destinés depuis longtemps. L’essence de Danielle ne s’embouteille pas, c’est un parfum qui doit être humé en toute spontanéité.

Je ne suis qu’un pilier parmi de nombreux autres, vivant ma destinée déjà écrite depuis longtemps. Je suis convaincue que le Ghana m’attend depuis toujours. Comme le sakofa, un oiseau symbolique ghanéen nous le démontre, il est important de réfléchir à notre passé et à nos racines généalogiques.

L’agriculture et l’horticulture tiennent une place importante dans les vies quotidiennes de ma parenté maternelle et paternelle. Le commerce du bétail, les jardins potagers et floraux, l’art culinaire, etc., sont quelques exemples qui démontrent l’implication d’un être passionné pour ce domaine.
Comme beaucoup de jeunes terminant leur 12e année, je ne savais pas quel chemin prendre vers l’avenir, du moins jusqu’au moment où j’ai assisté à une présentation faite dans notre école secondaire par le Collège d’Alfred de l’Université de Guelph.

Après une demi-heure d’écoute, j’avais alors compris qu’est-ce qui m’attendait. C’est ainsi que j’ai décidé d’entreprendre la plus belle aventure de ma vie, qui m’a donné un avenir dans le domaine de l’agriculture et du développement international.
Arrivée au Collège dans le petit village d’Alfred, mes journées se remplissaient très facilement avec les travaux scolaires, les activités sociales et des passe-temps plutôt paisibles. Je me souviens particulièrement des randonnées sur le sentier écologique du Collège, où je me suis familiarisé avec plusieurs plantes et arbres sauvages indigènes que l’on retrouve dans l’Est ontarien, tels la prêle des champs, le troène, l’épinette blanche et j’en passe !

Des défis, il y en a eus plusieurs durant mes deux années d’études en agriculture et développement international au Collège. Mais, avec le soutien moral de mes pairs et de mes professeurs, j’ai réussi à les surpasser. Cinq mois après le début du cours de leadership, je suis partie dans un pays outre-mer ? la République Dominicaine ? pour y vivre ma première expérience interculturelle parmi des familles dominicaines. Pour ce voyage je fus accompagnée par mes collègues du Collège ainsi que par deux enseignants qui, je m’en rends compte aujourd’hui, ont été patients et courageux de bien vouloir s’embarquer dans une telle aventure avec des jeunes sans expérience.

L’été suivant, grâce à mon choix de domaine d’études, j’ai décroché un emploi avec le gouvernement fédéral en tant qu’agente d’information pour le Programme d’expositions rurales du Canada. À nouveau, j’ai eu l’occasion d’explorer de nouveaux horizons et cette fois-ci ces horizons furent l’immense territoire du Canada.
Dès la rentrée pour ma deuxième année scolaire, le coordonnateur du programme de développement international proposa aux d’étudiants de participer à un échange culturel en Roumanie. Sans hésitation, j’ai décidé que je me retrouverais bientôt en Europe de l’Est.

N’ayant pas été complètement satisfaite de la visite de groupe que nous fîmes en Roumanie ? d’une durée de seulement deux semaines ? j’ai ensuite pris l’initiative d’y retourner par moi-même. Vivant trois expériences totalement différentes avec trois familles roumaines, j’ai pu partir de la Roumanie cette deuxième fois avec un sentiment de satisfaction de ce que j’avais vécu.

Inévitablement, l’étape finale qui hante tous ceux qui étudient en technique agricole au Collège Alfred depuis le commencement de leurs études nous attendait: l’élaboration d’un plan de gestion d’une entreprise agricole ? le projet de ferme. Dans mon cas, je faisais face à un dilemme: abandonner quelques cours pour mieux réussir ce fameux projet de ferme et ainsi graduer un an plus tard ou continuer avec un horaire à plein temps qui équivalait, pour moi, à trop de stress.

Choisissant la première alternative, j’ai obtenu mon diplôme un an plus tard avec autant de fierté et j’ai appris que les choses bien faites ne sont pas nécessairement celles qui sont « vite faites ». J’ai atteint la lumière au bout du tunnel, j’ai pu respirer un immense souffle de soulagement.
Après ma graduation, je me souviens m’être juré de ne jamais retourner faire des études post-secondaires. À cet époque je me suis plutôt dédiée à me dénicher un emploi dans le domaine de l’agriculture ou de l’environnement rural pour que je puisse enfin mettre en pratique mes connaissances acquises et également m’en procurer de nouvelles.

Le défi: me trouver un emploi qui me supporterait financièrement et qui m’aiderait à payer mes prêts scolaires. J’ai appris qu’il y a toujours une raison pour laquelle les choses nous arrivent. J’ai travaillé à un centre de jardinage pendant six mois et je peux dire que c’est un milieu de travail où j’ai beaucoup appris dans le domaine de l’horticulture autant que j’ai appris de mes capacités personnelles.

À vrai dire, après avoir consacré deux ans et demi à suivre des cours en agriculture et en développement international, obtenir un emploi de commis de centre de jardin ne me satisfaisait pas. Comme je n’avais jamais effectué mon stage en agriculture dans un pays en voie de développement tel que requis pour obtenir notre spécialisation en développement international, c’était évidemment la prochaine étape que j’ai décidé d’entreprendre.
Je posai donc ma candidature à divers postes de stagiaire. Quelques semaines plus tard, je fus embauchée par une organisation non-gouvernementale (ONG) à Ottawa, appelée Aide aux aînés (Canada). Cette ONG a pour mandat d’améliorer la qualité de vie des aînés tant au niveau national qu’à l’international. Elle travaille aussi avec autres ONG pour appuyer des initiatives connexes au développement pour les aînés.

Mon stage, subventionné par l’Agence canadienne de développement international (ACDI), est un poste d’assistante de développement en agroforesterie. Celui-ci exige plusieurs qualifications, telles être en mesure de rédiger un plan d’entreprise, être bonne communicatrice, avoir des connaissances agricoles etc. Aujourd’hui je remercie le Collège d’Alfred de m’avoir offert l’occasion d’acquérir des connaissances dans ce domaine.

Présentement, je me retrouve à Tema au Ghana, en Afrique de l’Ouest. Cet endroit est situé à quelque cinquante kilomètres à l’est d’Accra, la capitale du Ghana.

Mon stage me permet de vivre une expérience pratique en agroforesterie, dans un milieu étranger que j’apprécie de plus en plus à chaque jour pour tout ce qu’il peut m’offrir sur les plans culturel, social, géographique, etc.

Malgré ma résolution précédente de ne jamais retourner aux études, j’ai tout récemment décidé d’entreprendre un Baccalauréat en agronomie à l’Université Laval, à Québec.

En guise de conclusion à ma petite histoire, j’aimerais citer un dicton qui m’est cher : « A possibility was born the day you were born and it will live as long as you live »

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