Volume 25 Numéro 22 Le 6 août 2008

Mon prof avait raison!

Par Simon Durand, directeur général, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Dans mes cours de gestion agricole à l’université, on nous enseignait à faire des investissements « contre-cyclique », c’est-à-dire investir quand le secteur vit un creux ou une léthargie et épargner quand le secteur va bien.

Je n’avais jamais réellement saisi la valeur de ce concept et de ce conseil jusqu’à maintenant. Avec tout ce qui ce passe, force est de constater qu’il avait raison.

Le prix des grains est tellement haut que le secteur va bien, mais inutile de vous dire que tous les intrants et les équipements ont aussi beaucoup augmenté par rapport à l’an passé ou par rapport à un niveau d’inflation qui serait « acceptable ».

On voit de plus en plus couramment des augmentations de 15 pour cent tout d’un coup et même du 100 pour cent à l’intérieur d’un an. Et tout y passe, les terres, l’azote, la potasse, les semences, les silos, les tracteurs, etc.

Bien que ce soit très tentant de faire quelques achats après des années de vaches plus maigres, la volatilité des prix et l’augmentation fulgurante des dépenses devraient inciter à la prudence.

Quand le marché va bien comme présentement, le comportement naturel est de vouloir faire des changements, des améliorations, mais comme tout le monde veut faire ses achats en même temps, il devient très difficile de négocier et d’obtenir un bon prix.

Le marché est présentement favorable aux vendeurs. Lorsque les temps sont plus durs ou que le secteur dans lequel ont est, vit une léthargie, notre comportement d’achat devient plus économique ce qui fait que les temps sont également plus durs pour les vendeurs qui ne voudront pas manquer de bonnes occasions de vente. Le marché est alors plus favorable aux acheteurs.

Je ne suis pas le premier et sûrement pas le dernier à faire cet appel à la prudence, mais je crois qu’il est nécessaire. En particulier pour tout ce qui se déprécie rapidement, comme la machinerie.

Après ce rappel d’une notion de gestion que je considère maintenant de la plus haute importance et pleine de bon sens, mais sans vouloir être rabat-joie, en ces temps trop pluvieux, je vous incite à la prudence dans vos investissements et vous invite à consulter votre conseiller en gestion. Il sera vous guider!

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