Volume 26 Numéro 08 Le 3 décembre 2008

Mot du président ? L’Irlande à son apogée !

Par Denis Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Il n’y a pas si longtemps, l’Irlande pleurait ses fils suite à des révoltes et des guerres internes afin de se libérer d’un agresseur et réclamer l’entièreté de son pays. Huit cents ans de domination anglaise ont certainement laissé de sérieuses cicatrices et une grande amertume envers son voisin.

Mais quel redressement de l’Irlande ces dernières années. Déjà, ce pays comptait 9,5 millions d’habitants, après toutes sortes d’événements ? maladies, guerres, disettes ? la population s’est retrouvée aussi basse que 3,5 millions.

Il y a à peine deux décennies, le chômage se situait à 24 pour cent, la pauvreté était omniprésente et les gens quittaient l’Irlande pour une vie meilleure ailleurs et l’Irlande ne souriait plus.

Aujourd’hui, tout a chaviré. Le chômage se situe à moins de 4 pour cent, ce qui veut dire « plein emploi »; les Irlandais reviennent au pays tandis que des travailleurs des pays voisins viennent y gagner leur vie. La population qui atteint maintenant les 4,5 millions, augmente de 300 000 par année.

Qu’est qui a bien pu se passer pour que les Irlandais retrouvent une pareille qualité de vie et leur sourire ?

C’est simple : j’ai toujours cru en ce principe et les Jésuites le prêche depuis des siècles. Ça s’appelle « l’éducation gratuite et universelle » ! Oui, l’éducation est gratuite en Irlande et la nouvelle génération de savants et de génies a tellement à offrir. Le savoir est le secret en matière de recherche et la recherche crée la plupart des nouveaux emplois en Irlande.

Ces recherches sont pour la plupart dirigées vers l’agriculture. Des compagnies viennent s’y installer en sachant qu’elles y trouveront les « génies » nécessaires à leurs besoins pour des inventions dans les domaines de la microbiologie, la génétique et même la mécanique.
Ce pays regorge de scientifiques, d’ingénieurs, de professeurs et de docteurs dans une multitude de disciplines.

J’appelais Cuba, l’île du savoir, maintenant j’ai la preuve que l’Irlande est aussi une île du savoir, parce que ses universités comme le Trinity College de Dublin, sont cotées des plus réputées et ses diplômés ont attiré plus de 3300 compagnies de partout dans le monde afin qu’ils dirigent leurs centres de recherche et de fabrication en Irlande dans les dernières années.

Le gouvernement irlandais s’y implique beaucoup également. Par l’intermédiaire de « Entreprise Ireland », on vous cueille à l’aéroport et pendant 3 jours, on traverse le pays afin de vous montrer un pays vert dans son emblème et dans sa nature. Nous avons visité des laboratoires de toutes sortes, des fermes, des coopératives agricoles, des centres de recherche, et nous avons pu discuter avec ceux qui s’y sont installés récemment? et pour qui tout semble aller pour le mieux, surtout quand on finit la journée dans un pub irlandais !

Nous ne sommes pas étrangers à l’Irlande : Des noms très familiers comme Place Ryan, la rivière Shanon, la Ferme O?Reilly, les pubs Murphy et Hewitt font surface spontanément. Et que dire du mot « Guiness », pas le livre des records, mais plutôt la bière, fierté des Irlandais.

Justement après quelques Guiness, je racontais l’histoire d’orphelins venus d’Irlande et placés dans des familles canadiennes-françaises afin qu’ils vivent dans la religion catholique, tout en gardant leur nom.

Pourtant, pour eux, tous les Irlandais ont émigré aux États-Unis. Ils furent un peu plus incrédules et très surpris de m’entendre dire que les Irlandais canadiens n’avaient pas d’attachement particulier à la langue anglaise, comme mon voisin de la ferme M. Murphy, qui ne connaissait pas un mot d’anglais !

Je suis très fier de voir les Irlandais retrouver leur sourire, de si bien se débrouiller et de donner une chance à tous avec l’éducation gratuite, une politique que certains présidents ont traité de communiste.

Pourquoi l’éducation ne serait-elle réservée qu’aux riches et fortunés ? Cette île du savoir va devenir un centre de hauts salaires, avec en prime aucune dette en sortant de l’université et aucun besoin de fonds d’éducation pour ses enfants.

J’aimerais souhaiter bonne chance aux Irlandais, qui peut-être un jour, sait-on jamais, deviendront maîtres des Îles Britanniques.

À la prochaine,

Denis

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