Volume 26 Numéro 15 Le 1er avril 2009

Mot du président: Un autre coup de pendule excessif !

Par Denis Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Les années se suivent mais ne ressemblent pas. L’an dernier, un banc de neige de trois pieds gisait encore au sol à la fin mars.

Aujourd’hui en cette fin de mars, les parterres reverdissent dans l’Est ontarien et ce matin, j’ai pu déguster mes crêpes à la nouvelle cuvée de sirop d’érable de la famille Séguin de Saint-Pascal-Baylon. D’ailleurs, ça promet vraiment bien pour une excellente année de sirop et bien meilleure que la dernière.

D’abord, je voudrais souhaiter la bienvenue à M. Marc Laflèche au conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. M. Laflèche est producteur laitier sur la ferme paternelle et est aussi copropriétaire de la vénérée fromagerie coopérative St-Albert. Il entre au C.A. de l’Union en tant que premier vice-président.

Dernièrement, j’ai eu une inquiétude particulièrement pénible en ce qui concerne le fameux projet de Loi 50 sur l’énergie verte de la province de l’Ontario*. Cette loi donnera tous les droits et permissions à la province d’établir partout en territoire rural ontarien, des parcs solaires et éoliens et, et cela sans aucune consultation à l’égard de la communauté agricole vivant et travaillant dans ce même territoire rural.

Je sympathise fortement avec le maire Robert Kirby, valeureux agriculteur lui-même, qui subit la menace de voir 175 acres de terrains de la meilleure qualité de sa municipalité se couvrir de panneaux solaires.

Un vrai péché! Encore une fois, la politique pousse le balancier à l’extrémité. Il faudra donc le ramener plus au milieu !

Rappelez-vous l’an passé, les critiques dirigées vers l’industrie de l’éthanol en raison de son utilisation du maïs pour produire de l’énergie plutôt qu’à nourrir la planète. Les 175 acres de bonnes terres recouvertes de panneaux solaires et de ciment dans Hawkesbury Est seront l’équivalent de 800 tonnes de maïs qui pourraient nourrir plein d’humains affamés chaque année.

Pourtant, une alternative est possible: en faire une vocation noble pour le Désert de Bourget qui pourrait facilement accueillir un parc solaire. Et au fond, on n’aura pas déplacé une communauté agricole au début du siècle pour rien.

N’oublions pas qu’un champ de maïs absorbe plus de CO2 et libère plus d’oxygène que n’importe quelle forêt nordique. Et en prime, il produit de la nourriture et de l’énergie !

Si la province doit être le seul corps dirigeant du projet de Loi sur l’énergie verte, exigeons que la ministre de l’Agriculture de l’Ontario y ait son mot à dire, étant donné que j’ai pleinement confiance en la valeureuse Mme Leona et sa volonté de préserver les bonnes terres arables.

Une dernière pensée: La semaine passée, je circulait dans l’état de l’Illinois et les planteurs à maïs tournaient déjà à fond; ce maïs va être récolté en août. C’était fascinant de voir des monstres de tracteurs se promener dans les champs sans opérateur? seulement un guidage au GPS !

Bonne coulée !

*NDLR: Rappelons que l’article 4 du projet de Loi 50 qui a été référé au Comité permanent des affaires gouvernementales pour étude, « permet au lieutenant-gouverneur en conseil de désigner des projets d’énergie renouvelable ou des sources d’énergie renouvelable par règlement pour aider à supprimer les obstacles à l’utilisation de sources d’énergie renouvelable et promouvoir les possibilités d’en utiliser, ainsi que pour faciliter aux promoteurs de projets d’énergie renouvelable l’accès aux réseaux de transport et de distribution ».

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