Volume 32 Numéro 09 Le 19 décembre 2014

Noël d’antan


Par Katherine Levac


Mon temps favori de l’année approche à grands pas. J’adore l’hiver, je suis une fille de froid. Y’en a qui vont dans le sud quand arrive la neige, moi je serais partante pour un voyage dans le nord en plein juillet. Quand décembre arrive, je m’achète un calendrier de l’avent en chocolat qui goute le carton. Chaque matin, je mange mon chocolat dégueulasse en me disant qu’y reste un jour de moins avant l’apogée de mon année, le meilleur moment de toutes les saisons réunies : Noël.

J’aime tellement Noël. Dans le temps des fêtes je deviens comme Ricardo, je veux tout faire en même temps, pis je capote comme si je n’avais jamais vu un gâteau aux fruits de ma sainte vie. Je déteste le gâteau aux fruits en passant. Aucun enfant veut du gâteau aux fruits, arrêtez de nous en faire ok ? C’est tellement de trouble pour une friandise qui goute la garnotte.

Cela dit, je me suis vite rendu compte que les fêtes de Noël à Montréal, ce n’était pas nécessairement la même chose que chez nous à St-Bernardin. Y’a des traditions qui ne semblent pas avoir franchi la frontière. Je pense que, passé Rigaud, les coutumes ne sont plus les mêmes.

Noël à la ville, ça n’a rien à voir avec nos Noël à nous. Je vous jure, voici une liste des choses qui font en sorte que Noël à la campagne, c’est bin plus le fun :

Les cadeaux :
Quand on veut magasiner pour nos cadeaux, on se rend en ville. Le Carrefour Laval un 23 décembre, c’est un peu comme un champ de bataille de deuxième guerre mondiale. Sur Sainte-Catherine, y’a tellement de monde que les gens ont de la difficulté à se déplacer. Certain se disent : « coudonc, je pensais que c’était fini le printemps érable ?!»

Et bien sachez que les gens qui habitent en ville vivent ce calvaire chaque jour dans le temps de Noël. Contrairement à vous, on a pas la possibilité de revenir chez nous, épuisé, en se disant qu’on retourne plus jamais là de notre vie.

La bouffe :
J’ai remarqué que la nouvelle mode pour le temps des fêtes, c’est de faire des recettes «de sa grand-mère». Le problème, c’est que si ta grand-mère est pas là pour te le montrer, ça sera pas le gros char. Chez nous c’est le fun, nos grand-mères sont souvent nos voisines. Pas à Montréal.

Une recette de grand-mère, ça se trouve dans le deuxième tiroir, sous les ustensiles, dans un livre aux pages qui tombent de partout, taché de trace de beurre à l’écriture illisible. Pas sur Google.

La messe :
J’adore la messe de Noël. Je n’y vais pas pour prier, ni pour communier, ni pour dire au petit Jésus que je l’aime. J’y vais pour parler au monde. Et faites pas semblant, je sais que je suis pas la seule.

Le problème c’est qu’en ville, je ne connais pas personne. Et personne ne me connaît. La messe de Noël perd son intérêt premier. C’est plate de ne pas savoir qui sont les enfants qui chantent dans la chorale. Moi je suis une fille de traditions : Si Madame Rita Lalonde n’est pas dans l’Église, ça ne vaut pas la peine d’y aller. C’est rare que je mange une hostie qui vient des mains d’un curé que je ne connais pas. Je ne pourrais pas vivre la messe avec d’autre monde que des Charlebois, des Levac, des Lalonde, des Ranger et des Besner. Parce que Noël c’est pas les cadeaux, ou le sapin, ou les gâteaux aux fruits qui goutent le désespoir, Noël c’est le monde, pis le monde, y’est chez nous.

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