Volume 31 Numéro 06 Le 8 novembre 2013

Pierre Lemieux tente de calmer le jeu


Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Le député de Glengarry-Prescott-Russell et secrétaire parlementaire à l’Agriculture, Pierre Lemieux, est convaincu que les producteurs laitiers canadiens devraient récupérer la part de marché qu’ils perdront au profit de leurs confrères européens, et ce, d’ici à ce que l’accord de libre-échange entre en vigueur, dans deux ans. C’est le message rassurant qu’il a tenté de faire comprendre aux 130 agriculteurs qui se sont présentés à l’une des trois séances d’informations les 25 et 26 octobre.

La pagaille qu’a créée l’entente entre le Canada et l’Union européenne (UE) pour un accord de libre-échange a eu un tel impact que le député a tenu à rassurer les producteurs de sa circonscription en les invitant à assister à trois réunions qu’il avait organisées à Vankleek Hill, Alexandria et St-Isidore. Ils étaient nombreux à s’y être présentés pour manifester leurs craintes à l’égard de ce projet.

Inébranlable devant les commentaires et reproches des nombreux producteurs laitiers de la région, M. Lemieux a précisé que son gouvernement et lui était sensibles à leurs préoccupations.

« Le système de gestion de l’offre est protégé. Chacun des trois grands piliers du système canadien de gestion de l’offre demeure intact : contrôle de la production, régulation des importations et réglementation des prix », a-t-il tenu à mentionner.

« Il y a une perception que les importations de fromages augmentent toujours, alors que c’est faux. Il y a une diminution significative [depuis l’arrivée du système de gestion de l’offre]», a révélé le député.

 

« Presque aucune répercussion »

Selon Pierre Lemieux, les fromageries et les producteurs laitiers ne devraient sentir pratiquement aucune répercussion de ce partenariat commercial avec l’UE. C’est que l’augmentation de la consommation de fromage au Canada compensera à son avis pour les pertes de parts de marché perdues par l’augmentation de 17 000 tonnes de fromages européens importés annuellement.

« Le marché augmente de 6 000 à 8 000 tonnes par année et nous avons donné accès à l’Union européenne à 17 000 tonnes de fromage. Mais d’ici à ce que l’accord prenne effet, dans deux ans, le marché aura grandi de 16 000 tonnes. Alors, ça s’équivaudra », a spécifié M. Lemieux.

« D’ici à ce que l’accord prenne effet, dans deux ans, le marché aura grandi de 16 000 tonnes. Alors, ça s’équivaudra. »

Ce dernier prévoit une période d’implantation de cinq ans, c’est-à-dire que la limite d’exportation de fromages européens ne sera pas atteinte dès l’entrée en vigueur de l’entente.

Rappelons qu’en vertu de l’accord de libre-échange, l’UE bénéficiera d’un plus grand accès au marché du fromage fin canadien, soit l’équivalent de 8%, le double de ce à quoi il a accès actuellement.

Les Canadiens consomment 425 000 tonnes de fromages par année à l’heure actuelle.

 

Compensation financière
Le député de Glengarry-Prescott-Russell a tenu à rappeler que le gouvernement s’était engagé à surveiller l’incidence de cet accord sur les revenus des producteurs laitiers et à offrir une compensation financière si une baisse de la production de lait était nécessaire.

« Nous nous sommes engagés à surveiller les répercussions tout au long de la période de mise en œuvre de l’accord, puis pour les trois années suivantes », a-t-il répété devant les trois assemblées d’agriculteurs.

Questionné sur les détails de ce dédommagement par notre journaliste, M. Lemieux a avoué que les détails n’avaient pas encore été déterminés et que le gouvernement collaborerait avec l’industrie laitière pour définir le cadre de cette aide financière.

Pierre Lemieux a réitéré que l’entente impliquant le Canada et les 28 pays d’Europe représente plus de 1,3 milliard $ pour le secteur agricole canadien et qu’il permettra de tripler le nombre de pays avec lesquels il a un accord de libre-échange. Cela équivaudra à un accès total à plus de la moitié du marché mondial, si l’on tient compte du partenariat commercial avec les États-Unis.

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