Volume 34 Numéro 15, le 7 avril 2017

Place à l’agriculture dans le Nord


Plus de 225 agriculteurs ont participé au Colloque agricole organisé récemment par le réseau communautaire du Nord-Est à Kapuskasing. Ci-dessus, Monique Legault, directrice générale pour la région du nord au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) s’adresse aux participants. Crédit photo: Antoine Vézina, RCNE.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Ils sont venus de partout en Ontario. Plus de 225 agriculteurs, surtout des éleveurs de bœuf, ont participé  récemment au Colloque agricole organisé par le Réseau communautaire du Nord-Est (RCNE)  à Kapuskasing.  L’événement visait à évaluer le potentiel de cultiver dans « La grande enclave argileuse. » Kapuskasing avec sa ferme de démonstration se positionne comme le centre de ce nouveau départ en agriculture.

La grande enclave argileuse, cette vaste région située entre Matheson et Hearst dans le nord de l’Ontario compte environ 16 millions d’acres propices à la culture dont
1 million ont déjà été défrichés, mais  presque tous laissées à l’abandon aujourd’hui.  Les conditions au moment des efforts de colonisation en avaient découragé plus d’un. Les municipalités veulent remettre en valeur ce patrimoine et relancer cette industrie. Il y a trois ans, un premier colloque réunissait surtout des acteurs du monde agricole et municipal pour mettre en branle le plan de relance. Cette fois-ci, le colloque était une vitrine invitant les éleveurs de bœuf à profiter des terres très riches et à bas prix.

L’Ontario a un déficit de 100 000 bovins par année et La grande enclave argileuse semble la réponse pour plusieurs. Monique Legault, directrice générale pour  la région du nord au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), est venue témoigner de l’engagement de son ministère et de la province à répondre aux besoins des éleveurs qui veulent s’installer ou faire de l’expansion. « N’hésitez pas, appelez-nous. Nos agents de développement ont les contacts qu’il faut pour faire le réseautage. Nous développons des projets, appuyons les organisations agricoles locales et nous livrons des programmes », a informé Mme Legault.  Elle en a aussi profité pour annoncer l’embauche d’un agent de développement agricole pour la région.

Pour qui se questionne sur la nordicité et le climat, il commence à y avoir des études et des projections pour La grande enclave argileuse. Les changements climatiques indiquent que le temps se réchauffera plus vite qu’ailleurs. Également, l’été sera sec et il y aura plus de précipitations durant les autres saisons. Le drainage souterrain devra tenir compte de ça. La variabilité d’une saison à l’autre demeurera inchangée. D’ici 2050, les rendements devraient augmenter de 30 %, selon Annette Morand du Ontario Center for Climate Impacts and Adaptation Resources (OCCIAR).

La grande enclave argileuse a déjà commencé à attirer des éleveurs. Une trentaine de familles mennonites se sont déjà installées dans la région d’Iroquois Falls. Un représentant de cette communauté a fait une présentation à ce sujet. D’ailleurs, chaque côté de la Route 11 à Iroquois Falls, il y a de grands travaux pour faire de la terre neuve. « Il doit bien y en avoir 4 à 5000 acres quand on circule à l’intérieur des terres »,  a affirmé l’un des participants.

Les organisateurs du colloque, dirigés par Antoine Vézina, agent de développement pour la municipalité de Timmins, ont profité de l’occasion pour présenter des histoires à succès. François Nadeau de la Fromagerie Kapuskoise a attribué son succès principalement à l’appui de la communauté. Marcel Rheault de la Distillerie Rheault pour sa part, s’est penché sur son plan d’expansion.  Andrew Gardanier, de la ferme de démonstration de Kapuskasing, a quant à lui traiter des projets de bœuf, de lait de mouton et de six membres de la communauté qui ont investi dans des animaux et formé Kapuskasing Meats. Enfin, il y a eu des éleveurs du sud de l’Ontario qui ont commencé à exploiter des terres achetées dans la région tout en gardant leur autre exploitation agricole.

L’agent de développement du bureau de New Liskeard, Daniel Tassé s’est réjoui de la réponse et de l’enthousiasme des participants.

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