Volume 37 Numéro 6 - Le 24 Janvier 2020

Planter des arbres ? Et après ?


Par Jean Poirier
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L’enchère est lancée. Qui plantera le plus d’arbres ?

Les Libéraux fédéraux promettent de faire planter par autrui deux milliards d’arbres au cours des dix prochaines années. Le Parti vert, lui, promet d’en planter 10 milliards d’ici 2050. Qui dit mieux? La course à l’engagement a débuté. Vroum, vroum.

Des politiciens et des commerçants ont senti le bon filon publicitaire pour se faire valoir, si pas carrément se faire pardonner leurs abus environnementaux antérieurs et/ou présents. Dans l’espoir d’être cités pour leur bonne foi par Sainte Greta. Amen.

Évidemment, planter des arbres ne peut qu’aider à lutter contre le réchauffement climatique, il va de soi.

Mais ils ont tous oublié un engagement essentiel. Qui s’occupera de donner tous les nombreux soins requis au cours de la vie de ces arbres ? Surtout les premières années critiques à leur survie. Pas besoin d’avoir un pouce vert pour comprendre la fragilité des nouvelles pousses les premières années quand des sécheresses, des hivers excessivement rigoureux, des insectes affamés ou des maladies invasives découvrent tous ces tendres rejetons. Et ces phénomènes sont de plus en plus fréquents, gracieuseté de la météo bouleversée inexorablement par la négligence inconsciente de l’humain.

Par exemple, je me souviens qu’une ville (on ne la nommera pas) avait claironné avoir planté 100 000 arbres, mais laissés à leur compte. Avec la perte de 85 000 d’entre eux, faute d’administration de soins adéquats par la suite. On se pétait moins les bretelles devant les résultats désastreux d’un investissement gaspillé et futile.

Planter des arbres c’est comme donner naissance à des enfants. C’est un investissement d’une vie, la leur et la nôtre, car ils auront besoin de nos bons soins perpétuels, surtout au cours des premières années pour réussir leur implantation délicate.

Mais personne ne semble vouloir s’engager à assurer ces soins à court et long termes. L’avantage politico-commercial de l’annonce de la plantation leur suffit à combler les besoins immédiats d’un gain de popularité du grand public reconnaissant, une larme à l’œil. Voilà, nous sommes sauvés, l’horloge de destruction de la planète s’est arrêtée, croiront des crédules.

Exigeons que ces grands planteurs d’arbres s’engagent fermement à donner suite (littéralement) à leurs promesses. À ce stade, leur déclaration d’intérêt est fort incomplète. L’homme qui plantait des arbres, Frédéric Bach, lui, avait compris.

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