Le 4 septembre 2002

Pommes de terre et animaux à boeuf sur l’Île-du-Prince-Édouard

Par Étienne Alary


Robert Arsenault en compagnie de ses deux enfants : Joshua, 7 ans et Savannah, 5 ans.

Dans le cadre de l’assemblée annuelle de l’Association de la presse francophone, le journal Agricom s’est rendu à l’Île-du-Prince-Édouard à la mi-août. Agricom a profité de son passage dans cette belle région des Maritimes pour rencontrer un producteur francophone de l’île.

C’est en se promenant dans la région touristique ?Évangéline? de l’île que nous sommes arrivés sur Les Fermes Urbainville limitée, une entreprise francophone appartenant à Robert Arsenault et ses parents Alfred et Janita Arsenault.

«Je suis de la quatrième génération à faire de l’agriculture dans la région. Mon père a commencé à produire de la pomme de terre il y a 40 ans environ», affirme Robert Arsenault. «Je me souviens alors que j’étais tout jeune. Nous n’avions que quelques acres en pomme de terre mais à cette époque, il fallait les arracher à la main. Ce n’est pas comme aujourd’hui où la technologie nous permet de produire sur une plus grande superficie», explique le jeune producteur francophone de l’Île-du-Prince-Édouard.

Pendant quelques années, soit avant que Robert ne s’implique à fond sur la ferme, Alfred Arsenault a cessé de récolter de la pomme de terre. «Mon père a vu que j’étais intéressé à prendre la relève. Cet intérêt l’a incité à recommencer», fait remarquer Robert Arsenault.

Cette ferme se spécialise aujourd’hui dans la production de la pomme de terre et dans la finition de bovins de boucherie. «Nous sommes passés de quelques acres à près de 800 acres en pomme de terre. De plus, notre cheptel bovin compte maintenant près de 400 bêtes», indique Robert Arsenault.

En plus de la pomme de terre, la ferme de la famille Arsenault compte 600 acres d’orge, près de 100 acres en blé et plus de 900 acres de foin. «C’est ce qui nous a amenés à avoir des animaux à boeuf. Dans la production de la pomme de terre, nous devons faire la rotation des sols à tous les trois ans. Si une année nous cultivons la pomme de terre, nous devons par la suite faire une année en fourrage et l’autre en grains. Nous trouvons que c’est la rotation idéale pour nos sols», explique Robert Arsenault. «Sinon, la production de pomme de terre diminuerait d’année en année à cause de la qualité du sol», ajoute-t-il.
Les animaux à boeuf lui permettent donc d’utiliser ses récoltes d’orge et de fourrage. «Nous achetons les bovins alors qu’ils pèsent entre 500 et 800 livres et nous les amenons entre 1200 et 1500 livres», mentionne le jeune producteur francophone de l’Île-du-Prince-Édouard.

Une bonne année ?

Robert Arsenault estime que la saison 2002 de la pomme de terre sera dans la moyenne. «Je crois que la saison sera bonne. Elle ne pourrait pas être pire que celle de l’an dernier, car en 2001 nous avons eu une sécheresse dans la région. Nous venons de commencer (le 10 août dernier) les récoltes de la variété hâtive et la pomme de terre est très belle. Pour ce qui est des variétés un peu plus tardives, tout va dépendre s’il y aura du gel au sol tôt cet automne ou non», annonce-t-il.
Tout comme dans l’Est ontarien, l’Île-du-Prince Édouard n’a pas reçu beaucoup de précipitations au cours de l’été. «La pluie n’a pas été abondante mais elle est toujours venue au bon moment, soit lorsque les plants en avaient vraiment besoin», indique Robert Arsenault.

Même si la ferme, qui porte le nom du village, n’est située qu’à quelques kilomètres de la baie Egmont qui se jette dans le Détroit de Northumberland, Robert Arsenault précise que les vents n’ont pas d’impact sur les cultures. «Le village d’Urbainville est le deuxième endroit le plus élevé de l’île. Les grands vents ne nous affectent pas», déclare-t-il.

Transformation sur l’île

Une fois récoltée, les pommes de terre prennent la direction des usines de transformation. «Notre production annuelle est de quelque 20 millions de livres de pomme de terre, alors elles ne prend pas toute la direction des usines immédiatement. Nous avons sur nos terres une dizaine d’entrepôts. Les pommes de terre qui ne sont pas directement envoyées aux usines sont entreposées», explique Robert.

Cela permet aux Fermes Urbainville d’acheminer de la pomme de terre 11 mois par année. «Il y a juste au mois de juillet où nous n’en vendons pas», lance le jeune producteur.

Avenir de l’industrie

Selon les données du Recensement de l’agriculture 2001, 468 fermes ont déclaré produire près de 107 000 acres de pomme de terre à l’Île-du-Prince-Édouard. Robert Arsenault croit que le marché de la pomme de terre va continuer à prendre de l’expansion. «Le marché n’est pas saturé. Des chaînes de restaurants, telles que les McDonald, continuent d’ouvrir de nouveaux restaurants dans le monde. La demande pour la pomme de terre va donc continuer de croître», croit-il.

Cependant, l’expansion des terres où se cultivent la pomme de terre se fera ailleurs au Canada. «Ici, à l’Île, ceux qui cultivent de la pomme de terre en sont déjà au maximum des possibilités des terres disponibles. Il ne faut pas oublier qu’eux aussi doivent faire une rotation de trois ans de leur sol. Si un producteur a 1500 acres en pommes de terre, il lui en faut un autre 3000 acres en réserve», souligne Robert Arsenault.

Qu’en est-il de l’avenir des Fermes Urbainville ? «J’aime vraiment ce que je fais et ce, même si nous sommes à la merci de Dame Nature d’année en année», conclut Robert Arsenault.

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