Volume 27 Numéro 21 Le 7 juillet 2010

Qui aura tué la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiskamingue et du Nord-Est de l’Ontario?

Par Marc Dumont, collaborateur régional - Nord de l'Ontario


Les trois quarts des exposants de l’Ontario attendent encore le droit de vendre leurs produits de viande à la Foire gourmande de Ville-Marie (Qc) cette année. Pourtant, ils en avaient le droit au cours des sept premières années de cette Foire gourmande. L’an dernier, c’était: Non, Non, Non!

Où est le problème?
Les règlements des ministères de l’Agriculture des deux provinces interdisent la commercialisation de la viande qui n’a pas été abattue sur le territoire de vente à moins que la viande ne soit passée par un abattoir fédéral.

Soit! Mais il existe des dérogations pour les produits de la viande quand c’est pour des foires et des salons d’alimentation. On le voit souvent dans les salons d’alimentation internationaux.
Est-ce que ce serait que la Foire gourmande de Ville-Marie n’a pas assez d’envergure? Ce ne serait pourtant qu’une dérogation pour fin d’exposition.

Présentement, la décision est entre les mains de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec accepte les producteurs de viande de l’Ontario si l’Agence donne son accord.

Pour se rendre jusque là, il a fallu les pressions des organisateurs de la Foire gourmande et que le député provincial de Rouyn/Noranda-Témiskaming, Daniel Bernard s’en mêle.

Maintenant, c’est aux députés fédéraux Antony Rota (Nipissing), Charlie Angus (Timmins-Baie James) et Marc Lemay (Abitibi-Témiskamingue) de faire avancer le dossier auprès d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et de son ministre Gerry Ritz.

On le sait, la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiskaming et du Nord-Est de l’Ontario est le modèle d’attraction touristique par excellence.
La Foire gourmande stimule l’économie locale en mettant en valeur les produits régionaux et attire de 25 000 à 30 000 visiteurs des deux côtés du lac Témiskaming.

La Foire gourmande est un succès à tout point de vue: commerce, hospitalité, mouvement populaire. C’est l’un des rares exemples d’implications de gouvernements, d’engagements d’organisateurs hors pairs et d’une population qui répond avec enthousiasme.

Rien n’est résolu!
Cette année, rien n’est encore résolu malgré l’arrivée de la Foire gourmande au cours de la troisième semaine d’août. Cela devient critique!

Les trois quarts des exposants de l’Ontario offrent des produits de la viande. Que ce soit Pierre Bélanger d’Earlton avec le bison, les producteurs du B?uf en or, la cuisine d’Elk Lake Eco Center ou du producteur de charcuterie de Warren, auront-t-il le temps de se préparer?

Bien sûr, le problème pourrait être contourné en faisant abattre les animaux dans un abattoir fédéral. Or le plus proche se situe au sud de Hamilton. Le coût du transport à lui seul rendrait le projet déficitaire.

Pour Pierre Bélanger, propriétaire d’une ferme de bison en Ontario et membre du comité organisateur à l’origine de la Foire gourmande: « La bêtise ici me désarme! Face à une réglementation, comment faire bouger?

La solution est pourtant si simple! L’application du règlement ici est abusive. Les inspections fédérales visent l’exportation et l’exiger dans une situation comme celle-ci porte atteinte aux micro-productions régionales.

Alors pourquoi le mur de la réglementation’ Autant les abattoirs du Québec et de l’Ontario sont réglementés pour s’assurer de la qualité et la salubrité de la viande. Ni l’un ni l’autre des gouvernements ne veut mettre sa population en danger.

Et puis, pourquoi exiger de passer par un abattoir fédéral. Les critères de qualité et de salubrité sont sensiblement les mêmes. La différence se trouve au niveau de la traçabilité. Lorsqu’il y a des salons de l’alimentation à Montréal et à Toronto, les produits de la viande en provenance de l’extérieur du pays sont là.

Alors Pierre Bélanger vous posera cette question: « Est-ce que cela veut dite que pour les fonctionnaires impliqués ce n’est pas prioritaire? »

« Je n’ai pas beaucoup d’espoir et je suis las de tant de bêtise quand la solution serait tellement simple! Cette réglementation restrictive n’existe pas seulement entre le Québec et l’Ontario. C’est le même problème avec toutes les provinces de pays. Je ne veux pas nuire à la Foire gourmande. Je crois à la Foire gourmande, je suis un commanditaire privé et en tant que membre du conseil d’administration du South Temiskaming Business Association (association des gens d’affaires du Témiskaming sud), j’approuve la subvention de Fednor pour la Foire. »

« D’ailleurs j’y serai avec un kiosque et j’espère que je pourrai aussi y vendre du bison! » affirme Pierre Bélanger.

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