Volume 30 Numéro 05 Le 19 octobre 2012

Récolte désastreuse dans les vergers ontariens


Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


Alors que plusieurs pomiculteurs québécois se réjouissent de leur récolte et du prix obtenu, leurs homologues de l’Ontario se désolent devant la maigre cueillette obtenue. Ontario Apple Growers estime qu’entre 85 et 90 % de la récolte a été perdue.

«Nous estimons que les pertes pourraient se chiffrer à au-delà de 50 millions $, se désole la directrice générale du Ontario Apple Growers, Kelly Ciceran. Et l’impact se fera aussi sentir dans les industries connexes.»

Selon Mme Ciceran, l’Est ontarien s’en est mieux tiré que les autres régions.

« On est partis du mauvais pied », estime Paul Doran, propriétaire du Verger des pins à Bourget, dans l’Est ontarien, qui estime avoir perdu la moitié de sa récolte.

Gel printanier, grêle et sécheresse se sont succédé pour gâcher la saison des producteurs de pommes.

Le gel printanier au moment de la floraison est responsable de la majeure partie de ses pertes. Les températures sont passées sous la barre du -1oC à plusieurs reprises durant les premiers stades de croissance, causant des dommages importants.

Cette saison, plusieurs boutons floraux n’ont produit qu’une ou deux pommes, alors qu’ils en donnent habituellement cinq. « C’est ça qui fait la différence entre une grosse récolte et une moins bonne [comme cette année], explique Paul Doran. Sauf que ce que le pommier n’avait pas en quantité, il l’avait en qualité. Il a donc pu donner toute son énergie aux pommes [restantes]». Les fruits récoltés cette saison étaient donc plus gros et plus sucrés.

M. Doran s’estime tout de même chanceux de ne pas avoir eu de grêle et de ne pas avoir trop souffert de la sécheresse qui a sévit dans l’Est de la province. Son verger est situé sur une terre où la nappe d’eau n’est pas trop profonde.

Quant à certains pommiers exotiques à floraison plus hâtive, ils n’ont produit que très peu de fruits.

Deux semaines trop tôt
En raison des conditions météorologiques, un mûrissement hâtif de pommes a devancé la cueillette de deux semaines. Pour le propriétaire du Verger des pins dont le seul revenu est tiré de l’autocueillette, cette précocité lui a causé beaucoup de soucis.

«Ça a tout chambranlé les choses. Ici, les gens ont l’habitude de venir cueillir jusqu’à l’Action de grâce, alors [que cette année], nous étions à sec deux semaines avant.»

Selon M. Doran, certains vergers qu’il a lui-même visités ont choisi de ne pas ouvrir leurs portes à la clientèle, faute d’une récolte suffisante à offrir pour l’autocueillette. C’est le cas de pomiculteurs du sud de la province, dont ceux du comté de Prince Édouard.

Prix
«Les prix sont plus élevés que l’an passé et l’écoulement des stocks va bon train», confie la directrice générale. L’Ontario pourrait être obligée d’importer des pommes pour compenser ces pertes.»

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