Le 21 janvier 2004

Résultats de l’étude de marché sur la diversification agricole à Ste-Anne


Une vue des ateliers de travail lors de la journée de dévoilement des résultats de l’étude de marché sur la diversification agricole organisée par le Comité de développement économique de Ste-Anne-de-Prescott. Photo C.Quirion.

La salle bien remplie de gens venus de Ste-Anne et de plusieurs communautés allant jusqu’à Riceville en passant par Alexandria et Hawkesbury, avait de quoi réjouir le Comité de développement économique Ste-Anne-de-Prescott le 16 janvier dernier.

Pour cette journée de dévoilement des résultats de l’étude de marché sur la diversification agricole, le Comité avait ouvert le cercle des invités aux communautés voisines qui ont bien répondu à l’appel. Pas moins de quatre-vingt personnes étaient réunies au Centre d’action de Ste-Anne, pour recueillir l’information livrée par les firmes de consultants engagées à cet effet.

Contexte

Il faut se souvenir que cette journée s’inscrit dans un long processus amorcé en 2001 par la mobilisation de la population de Ste-Anne, dans le but d’identifier des pistes de solution pour la revitalisation de l’économie locale. En 2002, le Comité de développement économique de Ste-Anne entreprenait une large consultation au terme de laquelle, le secteur agroalimentaire était identifié comme source potentielle à explorer.

En 2003, la recherche se précisait et la diversification agricole était identifiée comme piste à suivre. Les firmes québécoises Sol-Air Consultants et la Coopérative de travail Interface furent alors mandatées pour faire une étude de marché sur les dix possibilités les plus prometteuses, extraites d’une première sélection de trente-huit cultures et élevages. Le début de 2004 coïncide donc avec le dévoilement des résultats d’enquêtes sur les détails relatifs à la production qui seront suivis au début mars par les résultats relatifs à la transformation.

Les résultats de l’étude de marché

La matinée a été consacrée à l’examen des résultats dévoilés par Paul Robillard de Sol-Air Consultants. Il faut dire qu’au départ, le fait même de figurer sur cette liste finale implique que le produit présente déjà un intérêt en terme de faisabilité technique, qu’il a fait ses preuves ailleurs et qu’il représente un potentiel certain en terme de rendement économique. C’est déjà un bon point.
Dans la majorité des cas il s’agit de cultures ou d’élevages à envisager comme complément à une production existante. Il s’agit d’une source de revenus additionnelle permettant dans certains cas d’optimiser la rentabilité de machinerie ou de terre qui ne servent pas à pleine capacité. « L’élevage conventionnel de l’agneau m’intéresse, raconte le producteur laitier et membre du Comité, Louis Lavigne. Ça peut représenter une opportunité d’intégrer mon fils à l’entreprise laitière sans grossir mon troupeau. Je suis déjà équipé pour l’alimentation et j’ai l’espace. Diversifier semble la solution idéale », conclut-il.

Pour chaque produit, des informations aussi indispensables que les acheteurs principaux, l’évolution du marché depuis cinq ans, le type d’équipement requis, la marge brute, furent fournis ainsi que plusieurs autres caractéristiques.
Ce fut l’occasion d’apprendre que l’Europe a un besoin énorme et immédiat en épeautre biologique et que l’on peut y obtenir près d’une fois et demie, le prix vendu ici. Tendance qui ne serait pas près de changer. De même, que l’agneau produit pour la viande ne représente pas un vaste marché mais que son lait par contre est très recherché.

Actuellement un maître fromager québécois est disposé à acheter toute production ainsi qu’à en assurer le transport. Le lait de brebis servant à la fabrication du fromage pouvant être congelé, cela n’est pas dénué d’intérêt. Quant à la demande pour le porc biologique, elle est beaucoup plus élevée que la production et ne cesse d’augmenter.
Dans certains cas, la culture biologique peut sembler plus avantageuse cependant, elle implique un changement radical dans la philosophie du producteur qui, s’il n’y adhère que pour l’argent risque de ne pas persévérer longtemps dans cette pratique, constate Paul Robillard. De même, la croissance de la demande pour les produits biologiques est sans conteste en constante progression et il a été observé que les acheteurs se distinguent en deux catégories soit l’une plus âgée qui opte pour cette catégorie pour des raisons de santé alors que les plus jeunes sont davantage motivés par des raisons environnementales. Une chose est certaine, le bio a dépassé le statut de mode et s’apparente à un courant qui est loin d’être terminé.

En après-midi, les participants répartis en sous-groupes par culture, se sont prêtés à un remue-méninges afin d’extirper le maximum d’idées sur les débouchés possibles, ainsi que les ressources disponibles. L’objectif sous-jacent étant d’augmenter la marge de profit du producteur en visant la transformation sur place ou sinon localement.

Les ateliers sont aussi l’occasion de rencontres des plus intéressantes: Grace Lee qui fabrique un pain artisanal à partir de farine biologique, apprenait que Luc Bourdeau assis à la même table, possède un moulin à farine de grande capacité et qu’il est sur le point d’obtenir la certification biologique.

Pour sa part, une résidante d’Alexandria, Marie-Bénédicte Pretty a déclaré que chaque village devrait avoir de telles initiatives. Une autre résidante, de Riceville, a affirmé qu’elle y puisait beaucoup d’espoir: « Je ne vais pas mourir fonctionnaire », dit-elle. Pour tous, ce fut une journée stimulante, probablement porteuse de futures associations et qui sait, peut-être d’investissements.

Les résultats complets de l’étude de marché sont disponibles sur CD. Pour information Louis Brunet (613) 674-5255 ou Lucie Brunet (613) 674-2042.

Liste des produits étudiés, par ordre d’intérêt:
Tournesol destiné à l’alimentation des oiseaux
Porc biologique
Haricots rouges
Épeautre biologique
Fraises
Framboises
Petits fruits: cassis, groseilles et gadelles
Agneaux
Champignons
Canola
Seigle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *