Volume 29 Numéro 15 Le 6 avril 2012

Saisir les opportunités avant qu’il ne soit trop tard

Par Jean-Philippe Boucher, Spécialiste mise en marché des grains
info@journalagricom.ca


J’écris ces lignes tout juste alors que le Département Américain de l’Agriculture (USDA) vient de révéler des intentions d’ensemencements de maïs exceptionnels de 95,9 millions d’acres aux États-Unis. Si l’on se fit à la tendance saisonnière moyenne des dix dernières années, et si les conditions météorologiques sont de la partie, les producteurs américains pourraient ainsi obtenir un rendement moyen de plus de  4,06 TM/acre (10 TM/ha), ce qui leur permettrait de produire une récolte record incroyable de près de 360 millions de tonnes et peut-être même plus.

 

Question de remettre les choses en perspective, rappelons que le dernier record de production de maïs aux États-Unis a été atteint il y a 3 ans, en 2009-10, avec une récolte de 332,55 millions de tonnes. La récolte potentielle de plus de 360 millions de tonnes que pourraient obtenir nos voisins du sud cette année a donc de quoi donner quelques sueurs froides à ceux qui espèrent obtenir un bon prix pour leur maïs l’an prochain.  

 

Bien entendu, certaines choses pourraient quand même empêcher le prix du maïs de s’effondrer. Il y a comme toujours les éternelles conditions météorologiques dont profiteront les cultures aux États-Unis cet été qui joueront pour beaucoup sur la direction que devrait prendre le prix du maïs. Et à ce niveau, il existe de nombreuses possibilités. L’une laisse entendre que nous pourrions observer une nouvelle vague de sécheresse assez importante aux États-Unis. Par contre, depuis 2 ans déjà que les conditions météorologiques ne sont pas aux rendez-vous et forcent à la baisse le rendement moyen obtenu en maïs chez nos voisins du sud. Statistiquement, les probabilités que les producteurs américains obtiennent une troisième année consécutive de mauvaises conditions et rendements sont donc beaucoup plus faibles qu’en temps normal.

 

Ensuite, il faut aussi se rappeler que si au 1er mars les intentions d’ensemencements des producteurs américains favorisent le maïs, il se peut très bien qu’avec la hausse très intéressante du soya des dernières semaines, une part des superficies semées en maïs cette année aux États-Unis sera finalement consacrée au soya.

 

Mais dans l’ensemble, avec la publication de ce rapport du USDA du 30 mars, il reste que pour l’instant il sera certainement très difficile pour les marchés de trouver des motifs assez sérieux pour supporter un prix du maïs intéressant l’an prochain. Et en ce sens, la prudence voudrait que si des opportunités de ventes intéressantes pour la prochaine récolte se présentent dans les prochaines semaines/mois, il ne faudra certainement pas hésiter à en saisir quelques-unes au passage.

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