Volume 23 Numéro 03 Le 15 septembre 2005

Stéphanie Roy, coiffeuse de métier mais agricultrice de c’ur

Par Mélissa Talbot, collaboration spéciale


Stéphanie prend le temps d’observer le troupeau. Tout semble bien dans l’ordre. Elle est habituée à travailler avec des vaches qui ne lui sont pas familières. Photo M. Talbot.

La relève dans le domaine de l’agriculture est toujours présente mais il suffit parfois de la rechercher à des endroits qui peuvent sembler invraisemblables.

Stéphanie Roy, une jeune agricultrice de 20 ans, travaille à temps plein au Centre de coiffure O Paradis Esthetiques & Hairstyling situé à Orléans, dans l’Est ontarien. Elle ne délaisse cependant pas pour autant son amour pour les vaches et l’agriculture.

Stéphanie avec l’aide de sa famille, prend soin d’une centaine de taures à la ferme familiale. Elle prend même, lors de ses congés du salon de coiffure, des contrats où elle fait la traite de vaches dans les fermes des environs afin de dépanner les agriculteurs en vacances. Stéphanie est une passionnée de la ferme qui trouve toujours du temps pour travailler avec les animaux.

Déjà à un tout jeune âge, Stéphanie avait un intérêt particulier pour l’agriculture. « Stéphanie aimait les animaux. Toute jeune, elle n’avait même pas peur des vaches! », déclare la mère de Stéphanie, Hélène Roy. Les parents de Stéphanie ne laissaient cependant pas leurs jeunes enfants aller gambader sur la ferme. Mais lorsque la chance se présentait, Stéphanie suivait toujours son père, Michel Roy, à la ferme familiale.

Ce n’est toutefois qu’à l’âge de 14 ans qu’elle eut enfin des responsabilités concrètes dont celle de faire la traite des vaches avec son frère Marc-André. « À 14 ans, ce n’était même pas une corvée pour Stéphanie d’aller travailler à la ferme. Elle avait développé le goût », poursuivit Hélène. La famille Roy s’occupait alors d’un troupeau d’environ 236 bêtes.

Une carrière compromise en agriculture
Suite à un incendie qui a détruit la quasi-totalité de la ferme familiale en 2002, Stéphanie a dû reconsidérer ses plans d’avenir. Stéphanie et son frère Marc-André, maintenant âgé de 19 ans, qui envisageaient de prendre la succession de la ferme familiale ont vu leurs rêves s’envoler. « À l’époque j’avais 17 ans et je me dirigeais vers ma 12e année. Mon père ne savait pas encore s’il voulait rebâtir la ferme et je ne voulais définitivement pas rester les deux pieds par terre à ne rien faire », a déclaré Stéphanie.

Ne sachant plus dans quelle direction se tourner, Stéphanie choisit donc de suivre les pas d’une cousine et décida de s’inscrire en coiffure à La Cité collégiale. « Mon seul but était d’avoir ma ferme. Je n’avais plus cette chance et je ne voulais pas aller étudier en agriculture et devoir travailler à l’extérieur. J’ai donc choisi d’aller étudier en coiffure. Certains goûts ne s’expliquent pas », a-t-elle poursuivi.

Aujourd’hui, Stéphanie ne regrette pas pour autant son choix. « Je ne dois pas regarder en arrière, je travaille trop fort et le temps est si précieux. J’avoue cependant que même si je fais le métier de coiffeuse. je ne suis définitivement pas une fille de ville », affirme Stéphanie.

Un rêve qui peut toujours devenir réalité
Stéphanie n’a pas nécessairement mis de côté l’agriculture. « Je réalise la chance que j’ai de pouvoir alterner entre deux emplois », a-t-elle déclaré. Stéphanie étant l’aînée d’une famille de quatre enfants, travaille en collaboration avec son frère Marc-André, sa s’ur cadette Danny âgée de 15 ans ainsi que leur plus jeune frère Maxime âgé de 9 ans. Ensemble la famille prend soin d’une centaine de taures depuis l’incendie.

De plus, Stéphanie et sa famille traient toujours soir et matin une dizaine de vaches à la ferme question de garder un pied à terre dans la production laitière. « Je traie les dix vaches parce que c’est un besoin, je ne veux pas arrêter de faire la traite. Le lait des vaches n’est cependant pas vendu, on l’utilise pour notre consommation personnelle ainsi que pour nourrir les veaux », déclare Stéphanie.

Stéphanie et Marc-André offrent également leurs services de trayeurs de relève dans d’autres fermes de la région à Casselman, Treadwell, St-Isidore et St-Albert. « Marc-André et moi avons travaillé à six fermes différentes cette année et pour moi malgré le fait que j’ai de nombreuses responsabilités, c’est ma manière de relaxer après le travail en ville. C’est comme une personne qui part en motoneige pour se détendre », a déclaré Stéphanie. « De plus, Marc-André et moi, nous nous complétons bien car lui se spécialise dans la machinerie et l’alimentation tandis que moi je m’occupe plutôt des animaux et de la traite », a-t-elle poursuivi.

Finalement, Stéphanie est une jeune agricultrice qui ne se lassera jamais des animaux même si elle travaille dans un domaine aussi éloigné que celui de la coiffure. C’est une femme active dont la passion pour l’agriculture est inscrite dans ses yeux. « Je vais au jour le jour! Je garde toujours l’espoir d’avoir un jour ma propre ferme. C’est mon rêve et j’espère pouvoir le réaliser », a-t-elle déclaré. « Même si je cesse de travailler au salon de coiffure, je pourrai toujours continuer à pratiquer le métier de coiffure avec ma famille et dans mon entourage », a poursuivi Stéphanie.

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