Volume 34 Numéro 17, le 12 mai 2017

Un début de saison retardé par la pluie


Par chantal Quirion


Tous se souviendront du printemps 2017 pour l’abondance de pluie, les inondations qui en ont découlé et le retard dans les semis.

« Pour les précipitations, on est très au-dessus de la normale, au moins deux fois plus que la normale, surtout dans le sud de l’Ontario », indiquait Peter Kimbell, météorologue pour Environnement Canada, le vendredi 5 mai, alors qu’on annonçait encore de la pluie pour les deux jours suivants. « À la fin de cette tempête dimanche, on devrait avoir reçu plus d’un mois de précipitation juste pour la première semaine de mai. » Le Nord et l’Est ontarien n’ont pas été épargnés n’ont plus. « . Pour mars et  avril, on a enregistré 235 mm de pluie à Ottawa, le dernier record était en 2011 avec 249 mm et avant en 1947 et 1909 », précisait M. Kimbell.

Dans l’est du Canada, dont l’ensemble du Québec et de l’Ontario,  des résidents ont vu les flots gagner du terrain, impuissants, comme en ont témoigné les nombreux reportages sur les inondations diffusés à Radio-Canada, notamment.  L’état d’urgence a té décrété dans quatre municipalités dans la province et dix chez la voisine

Pour les agriculteurs, ces pluies anormalement abondantes et les températures froides qui sont venues avec se sont traduites pour plusieurs par une impossibilité d’amorcer les semis. À cette période de l’année où les tracteurs et la grosse machinerie font partie du paysage agricole, ils ont brillé par leur absence.

« Les drains coulent à flots. On n’est pas à la veille d’aller dans les champs », rapportait Normand Brunette de St-Eugène, toujours le 5 mai. « Ça va prendre 3 ou 4 jours de beau temps pour que ça sèche. C’est sûr que quand ça va partir le planteur va devoir rouler », disait-il en faisant allusion au maïs. Comme beaucoup de ses voisins, sa fosse à fumier a menacé de déborder. Pour résoudre le problème, il a fait appel à un opérateur de pompe équipé d’un tuyau courant sur plus de deux kilomètres pour épandre dans les champs. En ce qui concerne les semis, il n’avait pas commencé. Certains, disait-il, s’étaient risqués à semer du blé, mais vu les conditions météorologiques, le taux de survie risquait de ne pas dépasser les 75 à 80%. « Le taux de germination va être bon, mais le rendement le sera moins à cause de la pourriture. » Pour le maïs, la situation n’était pas encore dramatique, d’autant qu’il y a encore eu des gelées rendu au 10 mai. Pour les petits grains en revanche, il commençait à se faire tard.

Pour sa part, Étienne Séguin à Clarence-Creek également dans l’Est ontarien se montrait bon joueur.

« On va être plus tard, mais ce n’est pas comme si s’était arrivé en juin et que les semis avaient  déjà levé pas. J’aime quasiment mieux ça quand juin », mentionnait M. Séguin, qui lui non plus n’avait pas commencé à semer.

Dans le Nord, là aussi on accusait du retard.

 « Souvent pour la mi-avril le travail du sol est assez avancé et le semis des céréales, l’orge et le blé seraient faits pour le 1er mai. Mais là ce n’est pas le cas. C’est trop trempe et trop froid », mentionnait Pierrette Desrochers du ministère de l’Agriculture de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) pour la région de Verner. Elle ne semblait toutefois pas inquiète outre mesure. « Je pense qu’on est encore correct avec les journées de lumières qu’on va avoir. » Il ne se cultive pas de maïs grains dans cette région. On voit du maïs ensilage cependant et quelques agriculteurs font du maïs humide et quelques personnes du maïs sucré dans le coin de New Liskeard.  Ces deux dernières cultures sont semées sous plastique toutefois.

Finalement, dans le Sud-Ouest, à Pointe-aux-Roches, Maurice Chauvin indiquait qu’il n’avait pas encore commencé comme plusieurs de ses voisins.

«On était proche, mais avec les pluies annoncées on ne s’est pas risqué.  Ils (la météo) annonçaient 3 ou 4 pouces de pluie, mais on n’a pas eu la moitié. On est quand même encore  est encore de bonne heure », concédait-il en rappelant que dans son secteur il y a deux ans, il avait tellement plus qu’il avait fini de semer le 1er juillet et que malgré tout la récolte avait été bonne.

« Que voulez-vous, c’est ça travailler avec la nature », concluait M. Chauvin avec philosophie.

La bonne nouvelle c’est que l’on annonçait du temps plus sec pour la semaine suivante, malgré quelques averses.

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