Volume 32 Numéro 03 Le 26 septembre 2014

Un jumelage indésirable : faim et virus ebola

SoniaFournier

Par Sonia Fournier
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


L’épidémie actuelle du virus d’ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest met en péril l’agriculture dans les pays les plus touchés. Les conséquences économiques, sociales, sanitaires et humanitaires de ce virus vont au-delà de la raison. La faim accompagne cette crise, pourtant annoncée par les humanitaires depuis mars dernier.

« L’épidémie est hors de contrôle. Il y a une vague de panique car aucun médicament homologué n’existe pour ce virus. Une personne infectée sur deux risque de mourir. L’impact économique de la crise va faire perdurer un état de pauvreté déjà difficile », affirme François Audet, directeur scientifique à l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH) et professeur à l’École des Sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal.

Les citoyens de la Guinée, du Libéria et de la Sierre Leone souffrent notamment d’une difficulté d’approvisionnement de la nourriture et une hausse des prix des aliments de base dû à la crise. L’accès et la disponibilité à la nourriture sont directement atteints et cela fait craindre le pire pour ces pays – tous importateurs de céréales – qui sont les plus touchés par l’épidémie.

L’agriculture de survie prévaut déjà dans ces pays. La majorité des agriculteurs produisent juste assez de nourriture pour eux et leur famille, sans plus. La panique résultant de l’ebola éloigne les paysans de leur champ et des marchés locaux.

La récolte imminente du maïs et du riz, les deux principales cultures de cette région qui nécessitent d’ailleurs beaucoup de main d’œuvre, risque d’être fortement affectée.

L’arrêt de la propagation de cette maladie, en plus d’une aide médicale coordonnée, suppose une distribution d’aide alimentaire dans les zones les plus affectées, selon le professeur Audet.

« Si l’épidémie ne se résorbe pas en moins d’une année (ce qui est la prévision actuelle), une famine pourrait peut-être causer plus de décès que le virus. Mais cette hypothèse est peu probable car l’aide internationale se mobilise enfin», ajoute-t-il

La lente réponse internationale a été critiquée par plusieurs intervenants humanitaires.

« Les pays du Nord se réveille depuis les dernières six à sept semaines seulement parce que le virus est à nos portes.  Une urgence de ce type requière un pur élan de solidarité, il n’y a pas de politique à faire avec cette crise », conclut-il.

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