Volume 31 Numéro 15 Le 11 avril 2014

Un rapport loin d’être lune de miel


Josianne Haspeck

Par Josianne Haspeck
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


Le rapport du Groupe de travail sur la santé des abeilles de l’Ontario ne fait pas l’unanimité. Loin de là. Si la première ministre et ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Kathleen Wynne, semble satisfaite des recommandations publiées, l’Ontario Beekeepers’ Association (OBA) les déplore.

Publié le 19 mars dernier, le rapport du Groupe de travail sur la santé des abeilles de l’Ontario, formé d’apiculteurs, d’agriculteurs, de représentants d’entreprises agroalimentaires, de scientifiques et de fonctionnaires tant fédéraux que provinciaux, indique des options visant à réduire les risques potentiels liés à l’exposition à des semences traitées aux néonicotinoïdes pour les abeilles domestiques. « Les membres du Groupe de travail reconnaissent qu’aucune option ne peut à elle seule régler le problème. Chaque option doit être examinée comme un élément potentiel d’une série d’options disponibles pour atténuer les risques pour les abeilles », indique Mme Wynne.

Le premier vice-président de l’OBA, Tibor Szabo, se dit très « désappointé » du rapport puisque « rien ne s’y trouve pour les apiculteurs. » « Les options proposées ne changent rien à notre réalité. Nous aurions souhaité des recommandations plus réalistes. C’est frustrant de voir les ignorances qui ressortent de ce rapport », fait savoir celui qui siégeait sur ledit comité.

Le rapport indique quoi faire pour aider à protéger les abeilles domestiques avant la prochaine saison de plantation. Ces recommandations consistent notamment à faire la promotion des semences non traitées aux insecticides et à encourager l’utilisation d’outils, tels qu’un nouveau lubrifiant pour semences et des déflecteurs pour les semoirs, dans le but de réduire le risque que les pollinisateurs soient exposés à des poussières contenant des néonicotinoïdes durant la plantation. « Nous continuons de compter sur le gouvernement fédéral, qui réglemente les pesticides au Canada, pour qu’il fournisse une orientation fondée sur des données probantes concernant l’approche nationale à l’égard de l’utilisation des néonicotinoïdes. Entretemps, j’estime qu’il est important pour l’Ontario de faire preuve de leadership dans la résolution de ce problème d’envergure », déclare la première ministre. Rappelons que le gouvernement de l’Ontario s’est engagé à verser 1,2 million de dollars pour la recherche sur les facteurs qui influencent la santé des abeilles et sur les pratiques exemplaires de gestion connexes concernant la production de grandes cultures.

Selon M. Szabo, le rapport ne met pas l’accent sur la santé des abeilles, mais davantage sur l’agriculture, ce qui s’explique par le déséquilibre de la provenance des membres du groupe de travail. « Il résulte de ce déséquilibre des recommandations qui ne reflètent pas le savoir scientifique concernant l’apiculture ou l’expérience réelle des apiculteurs, insiste-t-il. Nous ne voyons aucune base scientifique pour la plupart des recommandations. »

La présidente du Groupe de travail et sous-ministre adjointe de la division de l’environnement et de la salubrité des aliments, Deb Sikora, mentionne dans le rapport que le Groupe de travail est « soucieux de pousser plus loin les travaux réalisés. » « Nous avons décidé de créer un groupe de travail sur la santé des pollinisateurs de l’Ontario afin d’élargir la portée des travaux et de nous occuper des problèmes et des préoccupations concernant tous les pollinisateurs dans la province », indique-t-elle.

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