Volume 30 Numéro 05 Le 19 octobre 2012

Un vaccin ontarien contre l’E. coli


Une compagnie ontarienne a développé un vaccin contre l'E. Coli. Photo © ILessard

Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


Les récents cas de contamination à la bactérie E. coli qui défrayent la manchette depuis plusieurs semaines auraient-ils pu être évités ? Peut-être, si l’on croit en l’efficacité du vaccin pour bovins de l’entreprise ontarienne Bioniche Food Safety, le premier de son genre.

Le vaccin qui est en vente depuis 2007 a été développé à Belleville, en Ontario, par cette société biopharmaceutique canadienne de recherche. Le vaccin, qui est aussi accepté en production biologique, est autorisé par l’Agence canadienne d’inspection des aliments et par son équivalent américain.

Le vaccin commercialisé sous le nom EconicheMC permet de réduire considérablement la quantité de bactéries E. coli rejetés par les bovins laitiers et de boucherie via leurs excréments.

La vaccination des bovins de boucherie et des vaches laitières réduirait donc les risques de contamination des aliments, notamment la viande et les produits laitiers.

Le vaccin demeure cependant méconnu des agriculteurs et très peu l’utilisent. La compagnie pharmaceutique estime que moins de 5 % du bétail canadien reçoit le vaccin, qui coûte 3 $ par dose. Trois doses par bovin sont nécessaires, ce qui coûterait 9 $ par animal.

D’ailleurs, la compagnie prétend qu’il en coûterait annuellement 50 millions $ pour administrer le vaccin à tous les bovins canadiens, alors que les coûts associés à la santé humaine s’élèvent à 200 millions $ annuellement pour l’E. coli.

Une autre méthode sécuritaire pour diminuer les risques d’éclosion de la bactérie est l’irradiation des aliments.

Il est à noter que ni le vaccin, ni l’irradiation ne sont obligatoires au Canada pour prévenir les cas de contamination des aliments.

La bactérie
La bactérie n’est pas dangereuse pour les animaux, mais chez l’humain, elle peut causer de graves symptômes, et même entraîner la mort.

Chez l’humain, plusieurs souches de cette bactérie sont présentes dans les intestins, mais elles ne causent aucune maladie. La souche la plus courante, le sérotype O157:H7, est quant à elle plus dangereuse en raison des toxines libérées par les bactéries.

Selon un rapport de l’Agence de la santé publique du Canada, l’Ontario est la province où l’on a dénombré le nombre le plus élevé de cas d’isolation dus à la bactérie E. coli en 2006, soit 337 cas. Toutefois, considérant son nombre d’habitants, ce taux n’est pas des plus élevés que celui des autres provinces.

Au Canada, l’Agence de la santé publique a noté une diminution constante du nombre de cas d’infection depuis 2006. Il est passé d’un taux d’incidence de 3 à 1,18 cas pour 100 000 personnes, en 2010.

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