Économie et politique

Une année à oublier pour les agriculteurs de l’Est ontarien


La combinaison d’un printemps froid et pluvieux et d’un hiver hâtif a engendré des pertes importantes pour les agriculteurs de la région cette année. Photo : Archives Agricom

Par Charles Fontaine
Charles Fontaine


La combinaison d’un printemps froid et pluvieux et d’un hiver hâtif a engendré des pertes importantes pour les agriculteurs de la région cette année.

Les préoccupations liées aux conditions météorologiques sont les plus grandes dans le secteur des céréales et des oléagineux ainsi que dans le secteur bovin, c’est ce qu’indique un sondage mené du 11 au 15 juillet par Financement agricole Canada (FAC) auprès de 1363 producteurs agricoles.

Depuis que le sondage de FAC a été mené au mois de juillet, d’autres imprévus se sont ajoutés au casse-tête des agriculteurs.

Outre le climat défavorable à l’agriculture, les fermiers ont été victimes d’une grève de propane. Quelque 3200 employés de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) ont cessé leur activité pendant sept jours en novembre. Cet ajout a fait en sorte que la dernière année a été catastrophique pour les fermiers.

« L’année 2019, personnellement c’est la pire année que j’ai jamais vécu. Toutes les malchances m’arrivent et je pense que je ne suis pas le seul. […] Pour le maïs, le rendement est coupé de moitié. Les pertes sont dans les 100 000 $ », affirme un des membres du conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), Thomas Vinet.

« On a eu un printemps pourri, ensuite il a fait super froid au mois de mai. Au mois de juin, ça a été potable sans être merveilleux et en juillet et en aout c’était une très grande sècheresse. Au mois de septembre, on a eu beaucoup de pluie », rajoute-t-il.

Le météorologue de sensibilisation aux alertes chez Environnement Canada, Simon Legault, souligne que cet été a été l’un des plus chauds qu’on a connu dans le sud du Québec.

Le président par intérim de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), Alexandre Chabot, a été en mesure de récolter ses semences, notamment de soya. « Aujourd’hui [30 novembre] entre autres et dans les dernières journées, avec la fonte des neiges, il a été possible de récolter le soya. Ça a été un assez grand soulagement. »

Celui qui entretient entre autres 75 acres en grande culture souligne que cette plante est très vulnérable à la neige, car elle est près du sol. Il est donc difficile de la récupérer lorsqu’elle est recouverte d’un tapis blanc.

Retard au printemps

Le fermier de Clarence Creek a été en retard de trois semaines pour les semis, « ce qui est vraiment énorme ». « Le printemps a été assez pénible. Il y a des cultures, surtout comme le maïs, qui demandent beaucoup de chaleur et on essaie tout le temps de la commencer assez tôt. »

La moyenne de température en mai cette année dans la région d’Ottawa était de 11,1°C, ce qui est de deux degrés sous les normales climatiques au Canada de 1981 à 2010. « C’est quand même significatif », souligne M. Legault.

Habituellement, l’agriculteur plante les grains du début à la mi-mai. Cette année, il a dû attendre au début du mois de juin.

Chabot note que les pertes se trouvent dans la maturité du maïs. La céréale « n’a pas pu atteindre son 100 % et c’est ce qui affecte le rendement, mais aussi le grade du maïs ». Le maïs est noté sur une échelle de 1 à 5, « 1 étant le meilleur et 5 étant pratiquement déclassé. » 

Il soutient que le grade habituel pour la région est de 2, donc de bonne qualité. Les cultivateurs reçoivent leur note quand ils vendent le maïs, donc ils ne l’ont pas encore eu cette année. Le Franco-Ontarien anticipe une classe 3 ou 4 et « ça vient avec une pénalité du prix de la tonne de maïs ».

Il existe quand même des programmes d’assurance comme Agricorp, en Ontario qui peut indemniser les travailleurs selon leurs rendements lors des années précédentes. Les deux agriculteurs ont l’intention de demander un dédommagement cette année.

 

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