Le 1er octobre 2003

Une écrivaine s’inspire de l’histoire de Cumberland (On)

Par Chantal Quirion


« J’ai voulu apporter une petite contribution à l’épanouissement des jeunes Franco-Ontariens, comme francophones ayant une histoire bien à eux », nous dit Françoise Lepage, écrivaine, qui vient de publier Le montreur d’ours, le deuxième roman de la suite

Le répertoire littéraire franco-ontarien s’enrichit avec la contribution de Françoise Lepage, écrivaine, qui vient de publier son deuxième roman jeunesse de la suite ?Sébastien de French Hill’. ?Le montreur d’ours’, qui sera lancé officiellement ce mois-ci, paraît sous la jaquette des Éditions L’Interligne. L’auteure qui a signé de nombreux articles et ouvrages sur la littérature pour la jeunesse s’est également distinguée en remportant des prix aussi prestigieux que le Prix Gabrielle-Roy 2000, le Prix Champlain 2001, et le Prix de la Ville d’Ottawa 2002 pour son ?Dictionnaire des auteurs et des illustrateurs’.

Précédé par ?Le chant des loups’, ?Le montreur d’ours’ sera suivi de l’oeuvre ?Le héron cendré? qui complètera la suite au printemps 2004. S’adressant à un public âgé de huit à dix ans, la suite ?Sébastien de French Hill’, propose une histoire en trois temps dont l’action se déroule au début de la colonisation dans le comté de Prescott-Russell.

« L’on ne disposait d’aucun récit évoquant l’histoire de la colonisation dans Prescott-Russell, constate Françoise Lepage, je trouve que toute personne a besoin d’avoir des racines et de les connaître », continue l’auteure qui espère que sa première oeuvre de fiction, contribuera au développement de l’identité francophone des jeunes Franco-Ontariens.

Madame Lepage a la conviction que pour développer ce sentiment d’appartenance chez les jeunes, il faut qu’ils puissent s’appuyer sur une culture qui leur soit propre dès leur plus jeune âge. Par ailleurs, même pour les plus âgés, il est toujours agréable de se reconnaître.

« C’est très gratifiant pour une personne, quel que soit son âge, de lire un roman qui se déroule dans un milieu de vie qui est le sien. Elle a plus de plaisir à lire parce qu’elle connaît les lieux, et ce milieu de vie se trouve valorisé, cela veut dire qu’il vaut la peine que l’on s’y intéresse », renchérit Françoise Lepage.

La suite romanesque qui prend naissance à Cumberland en 1851, repose sur l’étude de documents historiques de l’est de l’Ontario et de Bytown. « J’ai choisi de situer l’action dans le secteur de Cumberland/French Hill, parce que je connais bien cette région et que j’ai toujours aimé le village de Cumberland avec ses arbres et sa verdure, niché entre la colline et la rivière, poursuit Madame Lepage, qui habite maintenant Ottawa. En outre, le toponyme ?French Hill’, me paraît directement issu de la colonisation de la région », précise encore l’auteure.

Les lecteurs ont pu, dans le premier tome, faire la connaissance du jeune héros Sébastien, qui avec sa famille a quitté Rigaud pour venir s’installer dans le comté de Prescott-Russell. C’est à travers son regard d’enfant, que sont dévoilées les réalités quotidiennes des premiers immigrants de cette région. Dans Le montreur d’ours, l’action se situe deux ans plus tard où surviendra une rencontre avec le montreur d’ours venu de Bytown, qui bouleversera leur vie quotidienne et qui aura des répercussions importantes sur le destin de Sébastien.

Au-delà de l’attrait pour les couleurs locales, et nonobstant qu’il est écrit dans un style littéraire adapté aux jeunes, la suite Sébastien de French Hill, rejoint un vaste public par la finesse avec laquelle est exposé le processus d’acclimatation des immigrants, ces gens qui quittent leur pays pour s’installer dans un autre. Les difficultés d’adaptation qui en résultent sont des réalités universelles et intemporelles.

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