Volume 32 Numéro 13 Le 6 mars 2015

Un an après l’entrée de la DEP : Une industrie qui rebondit


SoniaFournier

Par Sonia Fournier
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


L’industrie porcine canadienne a connu son lot de hauts et de bas ces dernières années. La diarrhée endémique porcine (DEP), qui a fait son entrée en Ontario il y a un an, en a fait frémir plusieurs. Contrairement à nos voisins du sud, le Canada s’en est mieux tiré.

« Le Canada a été très proactif dans la crise de la DEP Nous avons réussis à mettre des mesures de biosécurité qui ont considérablement réduit l’impact négatif », explique François Guite, vice-président viande fraîche chez Olymel.

L’Ontario Pork relate que le premier cas de la DEP en Ontario fut diagnostiqué en janvier de l’an dernier. Au dernier trimestre de cette même année, là où un impact potentiel aurait été décelé, la chute des ventes de porc était seulement de 2 % seulement. Les conséquences en Ontario ont été moins importantes qu’aux États-Unis.

« La DEP représente une menace encore très réelle pour notre industrie et elle est toujours présente dans notre province », précise Amy Cronin, présidente à Ontario Pork. L’organisation continue de plaider pour l’importance des protocoles de biosécurité à travers la chaîne de valeurs, spécialement chez les transporteurs.

« Parallèlement, la venue de la DEP apporte une occasion à notre industrie de mieux s’organiser au niveau de la santé et de la gestion de ce type de crise », admet Mme Cronin.

« Le pourcentage de têtes abattues est en augmentation de 6 à 8 % aux États-Unis. C’est un signe que la crise liée à la DEP est résorbée de leur côté », ajoute M. Guite.

Déclin des capacités de transformation
En Ontario, la perte de capacité de deux grands transformateurs Quality Meat Packers et Great Lakes Speciality Meats est plus grave que l’embargo russe. Ces entreprises abattaient 29 800 porcs par semaine. Des données de l’Université de Guelph, relayé par Ontario Pork indiquent que la chute à l’économie provinciale équivaut à 105,8 millions $ de pertes en revenus annuels et l’équivalent de 1 113 emplois à temps plein perdus.

Sursauts de la Russie
En riposte aux sanctions économiques imposées par plusieurs pays occidentaux, la Russie a instauré un embargo pour ses importations de produits alimentaires incluant le porc. Cette décision au pays de la vodka causa une chute importante des prix du porc.

« Ce fut une journée épique, je me souviens parfaitement du 7 août 2014 », raconte le représentant d’Olymel. Une date marquée au fer rouge pour le troisième plus gros exportateur mondial de porc et volailles.

« Le rouble (monnaie de la Russie) s’est dévalué depuis les sanctions. Le pouvoir d’achat des Russes a beaucoup baissé, on se demande s’ils seront capables de se procurer des produits importés lors de la levée de l’embargo », ajoute M. Guite.

Tendances en bien-être animal
Le code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs au Canada a récemment été actualisé. Sa dernière mise à jour datait de 1993. Contrairement à l’Europe, les pratiques recommandées à l’intérieur du code sont à adhésion volontaire.

Un réaménagement des systèmes de régie pourrait être incorporé lors de la construction de nouveaux bâtiments. La prise en compte du logement en groupe des truies en gestation étant une pratique recommandée. « La recherche indique que la performance est équivalente ou supérieure, tout dépend des paramètres de configuration et la capacité à gérer le système de logement en groupe », explique Nicolas Devillers, chercheur scientifique comportement et bien-être du porc à Agriculture et Agroalimentaire Canada.

L’utilisation d’analgésique lors de la castration et la coupe de queue des porcelets est une autre pratique recommandée.

Le code est élaboré par le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage de concert avec les partenaires.

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