Volume 32 Numéro 15 Le 3 avril 2015

Une perspective australienne sur le quota laitier


SoniaFournier

Par Sonia Fournier
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


Promoteur du libre marché et expert-conseil en planification stratégique agricole, Rob Napier croit que le Canada devrait prendre exemple sur l’Australie et abolir le système de gestion de l’offre. Il prétend que le nouveau modèle instauré en 2001 par son gouvernement a été couronnée de succès pour le pays et ses producteurs laitiers.

Rob Napier était l’hôte de Gestion agricole du Canada pour une série de webinaires sur l’innovation, la planification stratégique, les pratiques exemplaires de gestion à travers le monde et la technologie du monde agroalimentaire.

« Notre industrie laitière est maintenant vigoureuse, moderne et nous avons la liberté de faire croître nos entreprises et de mieux profiter de la technologie, indique d’entrée de jeu l’Australien. L’intérêt de l’industrie étrangère de la transformation est grand, nous avons eu des investissements importants depuis l’abandon de notre système de quotas. »

Le cas de la Nouvelle-Zélande est fort semblable, leur système de gestion de l’offre ayant aussi été aboli. « Si vous demandez aux producteurs agricoles néo-zélandais, voudriez-vous retourner à votre ancien système protectionniste, ils vous répondront non, nous préférons la liberté du système dans sa forme actuelle », prétend M Napier.

L’expert conseil mentionne que la production laitière néo-zélandaise a maintenant dépassé celle de l’industrie ovine. L’exportation du lait représenterait le tiers de l’économique agricole.

Selon M. Napier, le Canada aurait tout intérêt à adopter des pratiques moins protectionnistes et à ouvrir ses horizons sur le monde.

« Votre pays doit trouver sa propre voie. L’idée n’est pas de détruire l’industrie rurale. Une approche préventive doit être mise en œuvre pour appuyer la transition et renforcer le côté social et humain si le Canada opte pour le démantèlement du [système de] quota », évoque M. Napier.

Mécanismes de la transition
La facture de la transition a été refilée aux consommateurs australiens. Selon un article de l’École de politiques publiques de l’Université de Calgary, le gouvernement australien aurait coordonné le versement de 1,6 milliards $ pour mettre fin au système de quota, via une taxe supplémentaire sur le litre du lait. Ce dernier était vendu 11 cents plus cher pendant les huit années suivant l’abolition.

Les exploitations laitières désireuses de quitter la production ont reçu jusqu’à 45 000 $, les paiements étant versés sous une base trimestrielle. D’autres mesures se sont ajoutées au fil des ans, pour soutenir les communautés les plus affectées par la dérégulation.

Les partisans de la dérégulation allèguent que le prix du litre de lait, quoiqu’un peu plus cher que le prix international, est demeuré inférieur à celui connu avant l’abolition du quota.

Le régime des quotas laitiers européen arrivera à échéance le 31 mars prochain. Un avis du Comité économique et social européen (CESE) diffusé récemment réitère les actions à prendre pour faciliter le passage au libre marché. Un « paquet lait » – terme utilisé par l’Union européenne – composé de mesures financières et de soutien est prévu pour les producteurs laitiers.

Le principal défi attendu est l’instabilité des revenus dû au caractère très variable des prix du lait et du coût des intrants.

« L’organisation mondiale du commerce est inquiète des systèmes protectionnistes agricoles et fait pression. Il faut du nouveau talent, du sang nouveau dans un secteur agricole qui change rapidement. Nous ne pouvons pas avoir une industrie complaisante et satisfaite », conclut M. Napier.

2 réflexions au sujet de « Une perspective australienne sur le quota laitier »

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