Volume34, Numéro 14, le 24 mars 2017

Yollande Laviolette, une agricultrice franco-ontarienne déterminée et généreuse


Madame Yollande Laviolette sera honorée à titre posthume du Mérite agricole franco-ontarien décerné par l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), le 7 avril au campus d’Alfred.

Par Extrait du discours de Pierre Glaude


Nous célébrons aujourd’hui la mémoire d’une de nos agricultrices franco-ontarienne qui est un brillant exemple moderne d’entrepreneuriat dans le secteur agroalimentaire. Sa détermination à construire une entreprise avicole solide et durable, sa capacité à travailler sans relâche tout en gardant le cap sur ses objectifs et ceux de sa famille, n’a eu d’égal que son grand dévouement à l’endroit de sa communauté et sa compassion pour son entourage.

Madame Yollande Laviolette sera honorée à titre posthume du Mérite agricole franco-ontarien décerné par l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), le 7 avril au campus d’Alfred.

Née à Lefaivre dans l’Est ontarien, elle avait d’abord fait ses premières armes comme copropriétaire d’une ferme avicole à Carleton Place, à la fin des années 60. Après quelques années, dues aux difficultés existant avant la mise en œuvre de la gestion de l’offre,  comme beaucoup d’autres fermes, elle a dû cesser ses opérations.

Ayant l’agriculture dans le sang, avec des rumeurs d’implantation de gestion de l’offre, elle achète une autre ferme à Apple Hill avec une production de 6000 pondeuses. Mais, demeurant à Fournier, la distance de voyagement quotidien entre la maison et la ferme devient un problème et en 1977, elle vend celle-ci et achète celle de St-Isidore avec un quota de 6200 pondeuses.

En 1977, c’est là que commence vraiment l’aventure de la Ferme avicole Laviolette à son emplacement actuel. Au début, il s’agissait d’une ferme à la fois porcine et avicole, mais en 1983, le feu s’empare de la porcherie.  Faute de financement à l’époque où les taux d’intérêt frisaient les 20%, elle décide d’abandonner la production porcine pour mettre toute son énergie dans la production avicole et la classification d’œufs.

À la fin des années 1980, tous les œufs sont vendus à la Coop Agropur à Montréal, mais ce marché est perdu en raison d’une restructuration de cette coopérative québécoise. Donc, pour quelques années, seulement une petite partie des œufs sont vendus localement, tandis que le reste de la production est acheminée à un autre classeur.

Le 13 avril 1993, le feu ravage le poulailler. C’est une perte totale, mais le poste de classement a été épargné. Yollande y voit une opportunité d’expansion. Elle construit un poulailler moderne avec une technologie de pointe tout en augmentant la capacité du nombre de pondeuses.

Mais ce ne fut pas facile. Le feu a eu lieu en avril et il fallait trouver un endroit temporaire pour loger les poules de remplacement durant la construction du nouveau poulailler. C’est à North Lancaster qu’on  loge les poules jusqu’à la fin août. La reconstruction n’a pris que quatre mois! C’est Yollande qui fait la navette chaque jour entre North Lancaster et St-Isidore pour faire la cueillette des œufs, les classer et en faire la livraison tout en organisant les travaux de construction avec ses fils qui n’étaient que disponibles à temps partiel.

En 1997, la ferme fait un pas de plus. On décide d’y construire un nouveau poste de classement à même le poulailler. Et on part à la recherche d’un nouveau marché. En peu de temps, les objectifs prévus sont dépassés.

En 1998 survient alors une autre dure épreuve : la fameuse tempête du verglas. Comme beaucoup d’autres agriculteurs, Yollande et ses fils travaillent d’arrache-pied pour tenir le coup. Marcel occupe toujours un emploi hors ferme  à temps plein. Il partage son temps et ses énergies, mais c’est Yollande qui coordonne le tout. Par la suite, Marcel devient un employé permanent et coactionnaire de la ferme.

Madame Laviolette peut alors se payer un peu de bon temps. Elle fait un voyage dans l’Ouest et le Nord-ouest canadiens, visite entre autres l’Espagne en 2000 et l’Australie en 2002.

Malheureusement, cependant, Madame Laviolette nous quitte prématurément le 30 août 2003 des suites d’une courte lutte contre le cancer à l’âge de 59 ans.

Malgré tous les défis que lui a causés sa carrière de chef d’entreprise avicole, madame Laviolette a toujours été très généreuse de son temps pour participer à des causes qui lui tenaient à cœur. En voici quelques exemples.

  • Fière Franco-ontarienne, elle siège au conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens de 1994 à 1999 et occupe le poste de « secrétaire-trésorière » de 1996 à 1998.
  • Elle a siégé au conseil d’administration des Producteurs d’œufs de l’Ontario de 1988 à 2003.
  • Elle a aussi siégé sur le Farm Practice Protection Board de 1990 à 1996 et le Egg Fund Board de 1997 à 1998.
  • Elle a aussi œuvré au sein de plusieurs organismes paroissiaux à sa paroisse de Fournier, entre autres dans la chorale paroissiale et le mouvement des Filles d’Isabelle.
  • Artiste musicale, elle a aussi prêté sa voix au Chœur du Moulin de Rockland pendant de nombreuses années.

Yollande a laissé à la communauté agricole et rurale de l’Ontario français, un héritage qui est toujours très visible aujourd’hui. Grâce à cette passion qu’elle a su transmettre à son fils Marcel, elle peut maintenant être fière de SA ferme qui compte maintenant 2 poulaillers, 15 employés à temps plein, 50 000 poules pondeuses et dessert plus de 350 clients sur un territoire qui s’étend de l’est de l’Ontario au sud du Québec.

La ferme Laviolette est la première en Ontario à avoir mis en place un système de traçabilité exhaustif et en 2014, la province de l’Ontario lui a décerné le Prix de la première ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire.

Son exemple d’agricultrice entrepreneure forte, généreuse et déterminée peut servir d’inspiration à la relève agricole d’aujourd’hui. Mais, il y a plus encore. Elle a légué à ses enfants et petits-enfants ce joyau qu’est la Ferme Avicole Laviolette Limitée qui est la fierté de toute la collectivité franco-ontarienne.

On dit qu’elle était très fière d’avoir fait croître une petite entreprise en tant que FEMME, mère monoparentale et d’avoir œuvré dans le milieu masculin.

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