Le congrès annuel de Réseau Presse, c’est bien sûr des conférences pour nous tenir à jour des nouveautés dans le paysage francophone médiatique et des occasions de réseautage pour connaître les bons coups des médias francophones en contexte minoritaire afin de s’en inspirer.
Mais c’est surtout l’occasion d’apprendre à connaître la culture et l’environnement dans lequel évolue le journal hôte, L’aurore boréale. Le congrès culminait après le mois de septembre, mois éprouvant pour les Premières Nations. Cela donnait un cadre empreint de respect et d’émotions à nos rencontres.
Résilience
Près de 15% de la population yukonnaise parle français et 25% est membre de l’une des Premières Nations du territoire. Les réalités ici sont multiples. John Fingland, membre de la Première Nation de Champagne et d’Aishihik, l’a bien résumé: « Le Canada nous a enlevé nos enfants, nous a enlevé notre langue a l’école, nous a imposé la religion catholique, nous a enlevé le sens de notre vie. Pourtant nous sommes encore là. C’est dire à quel point notre culture est forte et que nous sommes résilients. »
Nous sommes tous des alliés de la réconciliation. En tant que journalistes, nous avons un rôle encore plus percutant, car nous entrons chez les gens, que ce soit par l’entremise de la radio, du journal ou de la télévision.
Sur une note plus personnelle, j’ai toujours été frileuse de rédiger sur les enjeux des Premières Nations de peur de faire de l’appropriation culturelle. Comme l’a mentionné Angélique Bernard, ex-commissaire du Yukon, « on va faire des erreurs ». Mais l’important est de s’informer et de poser des questions. Et si on fait des erreurs, on s’excuse, on apprend puis on poursuit.
Des points communs
Il y a un parallèle à faire avec nos agriculteurs, les médias francophones et les 14 Premières Nations du Yukon. Tous nagent à contre-courant, mais ils travaillent ensemble pour la communauté. Les agriculteurs et les Premières Nations cultivent la terre avec un immense respect. Agricom a ce désir de mettre de l’avant ces travailleurs de la terre, dans un souci de préserver l’environnement.
Comme tous les médias francophones, nous avons réalisé que nous travaillons ensemble dans le même sens. Nous ne sommes pas seuls à remonter le courant. Nous sommes fragiles et dépendant du financement du gouvernement. En ces temps incertains, nous devons redoubler d’ardeur pour nous soutenir et partager nos bonnes pratiques.
Ce congrès a été mémorable sur tous les plans. Nous avons rencontré de magnifiques personnes, nous repartons inspiré et aussi avec un trophée de sept livres dans nos valises! Nous avons remporté en effet le prix du meilleur éditorial sous la plume d’André Dumont.
« Le congrès a permis de tisser des liens et surtout de faire connaître l’arrivée prochaine de notre magazine papier », souligne Jonathan Blouin, président du conseil d’administration d’Agricom. « Les conversations de corridor entre les conférences permettent de faire le point avec des gens qu’on ne voit physiquement qu’une fois par année. Il n’y a rien comme la communication en personne! »
La 25e édition du congrès aura vraisemblablement lieu à Ottawa. La barre est haute pour accueillir nos confrères francophones canadiens!