Cultiver des tomates, c’est la meilleure façon de se renouveler en tant que jardinière. Avec plus de 10 000 variétés de tomates, il y a toujours de la nouveauté à mettre dans le jardin : une nouvelle couleur, une nouvelle forme, une nouvelle technique de taille (enlever les drageons ou les garder), cultiver en pot plutôt qu’au jardin, une tomate ancestrale plutôt qu’une hybride. Même après 20 ans de jardinage, il y a toujours quelque chose à apprendre.
Les tomates empêchent la routine de s’installer et nous tiennent loin du pilote automatique. Elles nous invitent à observer, à expérimenter et à apprendre tout au long de la saison. C’est probablement pour cette raison que, si je devais choisir un seul légume à cultiver, mon choix irait vers la tomate. Et avant que quelqu’un me le rappelle : oui, je sais que la tomate est techniquement un fruit. Mais dans le jardin et dans la cuisine, elle fait partie de la gang des légumes! D’ailleurs, c’est notre cuisine que l’on devrait garder en tête quand on choisit nos variétés.
Choisir ses tomates selon l’usage et le type de plant.
Choisir selon sa récolte
Quand on choisit nos plants de tomates au début de la saison, on devrait regarder la fin de la saison : Qu’est-ce que l’on va faire avec ces tomates-là ? Il n’y a pas une meilleure tomate qu’une autre, il y a celles qui correspondent à nos besoins et à nos objectifs.
Sandwichs, salades, sauce, conserves…Le choix dépend de notre façon de cultiver, l’espace et le temps que l’on peut y consacrer mais aussi du nombre de personnes que l’on veut nourrir.
En plus de nos moyennes et grosses tomates, ajouter un plant de tomates cerises permet de vivre des petits succès et garder le momentum en début de saison. En effet, la plupart des centre-jardins vendent des plants de tomates cerises déjà en fleurs. Pourquoi ne pas trouver une place au soleil pour des tomates cerises en paniers suspendus ? Elles deviennent notre récompense instantanée lorsque l’on en croque une ici et là.
Des tomates cerises en panier suspendu : la récompense instantanée du jardinier !
Choisir selon son espace
Le deuxième élément à prendre en compte est le port du plant. Les tomates indéterminées, grimpent, tandis que les tomates déterminées se développent plutôt comme un buisson. Les premières auront besoin de tuteurage tandis que les autres se supporteront en partie par elles-mêmes. Les grappes de grosses tomates auront peut-être besoin d’un support supplémentaire.
Les tomates déterminées se cultivent bien en pots. Les tomates grimpantes auront besoin de s’agripper à un support.
Le nombre de plants dépendra de votre espace et du nombre de personnes que vous voulez nourrir. Encore une fois, la meilleure question à se poser est : que voulez-vous récolter d’ici la fin de l’été ? Quelques tomates pour les sandwichs ou assez de tomates pour remplir le garde-manger de sauces et de conserves ?
À titre indicatif, pour une famille de quatre personnes, quatre à six plants bien choisis produisent souvent suffisamment de tomates fraîches pour l’été. Si votre objectif est de faire des sauces ou des conserves, il faudra prévoir davantage d’espace et de plants. Trop c’est comme pas assez : vous serez dépassé par l’entretien et il y aura du gaspillage.
Les tomates ancestrales sont des variétés non hybrides qui nous rappellent que la curiosité est souvent récompensée par la saveur.
Choisir selon sa personnalité
Pour ma part, que ce soit en pot, en bac ou en pleine terre, je suis plutôt du côté des tomates déterminées. En fait, je suis du côté du laisser aller et je laisse même tous les drageons en place, ce qui cause le désarroi de plusieurs de mes collègues jardiniers. J’enlève simplement les feuilles qui jaunissent au fur et à mesure que l’été avance.
Ma valeur sûre est la Roma, j’aime les tomates italiennes, pas seulement pour la sauce, mais aussi pour leurs petites tranches.
La Bush Beefsteak est une découverte intéressante pour les amateurs de très grosses tomates. Une tranche, un sandwich comme on aime dire ici.
Pour assouvir sa curiosité, il y a toutes sortes de variétés ancestrales de toutes couleurs et formes. Et là peu importe, c’est souvent la couleur qui l’emporte. Jaune, orange, rayée ou mauve foncé comme la Cherokee purple.
Ne mettez pas toutes vos tomates dans le même panier. Diversifier permet d’étaler les récoltes, de réduire les risques de maladies et de limiter les déceptions.
Gardez une variété que vous aimez déjà, mais faites toujours une petite place à une tomate que vous n’avez jamais essayée.
En tant que jardinier, on peut se permettre de laisser mûrir nos tomates sur le plant. On peut les choisir pour leur goût et non pour leur capacité à bien résister au transport, comme c’est souvent le cas des tomates que l’on trouve hors-saison.
N’hésitez-pas à poser des questions autour de vous, les meilleurs jardiniers ne sont pas ceux qui savent tout. Ce sont ceux qui continuent d’essayer.
Et voilà, la récolte arrivera plus vite qu’on le pense avec la fierté de dire, « Celles-là, c’est moi qui les ai cultivées ».