le Samedi 15 juin 2024
le Mercredi 28 juin 2023 12:17 Agriculture

Ovoculture et économie circulaire: ça tourne rond comme des oeufs?

Des poules qui mangent et des œufs en dessous
Des poules qui mangent et des œufs en dessous
On se promène en campagne. On s’arrête à l’entrée d’une petite ferme, sans y voir personne. Mais un petit comptoir en libre-service nous invite à nous servir et à laisser le montant recommandé. On y prend quelques légumes, mais surtout de beaux oeufs frais. Les poules qui les ont pondus picorent, tout près, sur la terre. L’image est bucolique, et ce modèle de ferme de proximité, ou de ferme en économie circulaire, attire de plus en plus.
Ovoculture et économie circulaire: ça tourne rond comme des oeufs?
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À la ferme des Forgues de St-Albert, il y a moins de cent œufs produits par jour. La petite production ovocole s’arrime très bien à l’économie circulaire. Il est facile de trouver une clientèle avoisinante qui sera fidèle, en plus des passants, en période touristique. Et le comptoir en libre-service est un des modèles de distribution choisis par le propriétaire. Il y laisse ses œufs comme les légumes de son potager.

Ils sont de plus en plus nombreux, dans les transferts d’entreprises de parents à enfants à ajouter une dimension plus locale, plus directe aussi à la production. Comme l’achat de ferme est de moins en moins accessible, les enfants opèrent souvent une petite production qui chevauche la production originale de la ferme de leurs parents, pendant la transition intergénérationnelle.

Audrée Morin est directrice de transfert d’entreprises et stratégies chez Financement agricole Canada et elle assiste plusieurs de ces agriculteurs lors de la passation de leur exploitation. « Lors du passage de l’entreprise que les parents ont bâti à la deuxième génération, cette prochaine génération, elle crée une autre source de revenus. Parfois, c’est faire un magasin sur la ferme, ou des commandes par internet, facilitées par Instagram, ou les autres médias sociaux », explique-t-elle. Le lien au consommateur est plus direct.

Par contre, même si cette structure économique en séduit plus d’un, il faut comprendre que pour réussir, elle nécessite beaucoup d’organisation. « C’est tout pensé, faut se faire un plan! », ajoute Danick Forgues. « Ça prend des cohortes de poules pour avoir une moyenne, pour répondre aux clients. Faut s’assurer d’avoir assez de clients pour pas gaspiller. Faut penser à la fin de vie de la poule, moi j’ai quelqu’un qui les achète pour la transformation ».

Diversifier ses cultures et ses élevages facilite aussi grandement les choses. Un éleveur pourra offrir ses oeufs en échange de la drêche de la culture d’un agriculteur voisin. Ces “déchets” seront donnés pour compléter l’alimentation des cochons. Et pour ce qui est de l’idée d’une ponte à l’année, M. Forgues installe ses poulaillers, l’hiver, dans l’écurie avec les veaux. Ainsi, es bêtes font augmenter la température à l’intérieur, tenant ainsi les poules au chaud tout en réduisant les frais de chauffage. 

Toutes ces méthodes s’inscrivent bien dans les principes de l’économie circulaire. Mais si le modèle renvoie souvent à la simplicité, à une production à échelle humaine, le plan d’affaires et la préparation n’en sont pas moins importants. Oui, c’est circulaire, et donc… tout doit rouler.

IJL – Réseau.Presse – Agricom