le Vendredi 19 juillet 2024
le Mercredi 19 juillet 2023 14:12 Agriculture

Une famille qui n’a pas peur de travailler

Champs d'ail
Champs d'ail
Dans un petit patelin de l’Est ontarien bordé de rivières, dans le canton d’Alfred et Plantagenet, la famille Gour n’a pas peur de se retrousser les manches et fait la culture de l’ail tout à la main, en plus d’avoir une petite culture maraîchère et de tenir des chevaux.
Une famille qui n’a pas peur de travailler
00:00 00:00

Champs d’ail

C’est environ 25 000 quartiers d’ail, une partie d’une gousse, qui sont plantés à chaque année sur leur terre, un bulbe à la fois. La raison pour laquelle le travail est fait à la main est, malgré ce qu’on pourrait en croire, la productivité. «À la machine, le taux de succès est… très faible», nous assure Josianne Gour, la fille des propriétaires qui met l’épaule à la roue elle aussi, quand il est temps de planter. Selon qu’ils sont trois ou quatre personnes, l’équipe arrive au bout de la tâche en deux à quatre jours!

En effet, dans la culture de l’ail, il importe de planter chaque quartier correctement. D’abord, le travail se fait à l’automne, en octobre. Cela permet au quartier de faire racine avant l’arrivée des neiges et de survivre à la rigueur de l’hiver. Mais il faut aussi le mettre assez profondément pour qu’il soit protégé du froid. Comme pour les bulbes de tulipes.

Par ailleurs, il faut s’assurer « que le bout pointu est bien placé par en haut pour que les tiges sortent bien droit, que les racines sont bien accotées dans le sillon, que le rotoculteur a bien été passé avant, pour assouplir le sol » , ajoute Josianne Gour. C’est de cette manière que l’on s’assure d’une bonne pousse, et donc d’une bonne récolte.

Le père de Josianne et propriétaire de la ferme, François Gour, explique son choix de planter à la main. « L’ail planté à la machine, ça abîme le quartier et ça fait rentrer des maladies, alors que quand on plante à la main, tu voies quand il est pas bon ». Cela permet de faire un tri. De plus, cette méthode artisanale, l’absence de pesticides et un sol nourri avec de l’engrais du fumier de leurs propres chevaux et un peu de souffre donne de belles gousses d’ail « cultivé par des méthodes biologiques », tel qu’il est permis de le dire.

Comme beaucoup de petits producteurs, les Gour ne détiennent pas la certification biologique, qui ne serait pas rentable pour une production de petite envergure. Mais les consommateurs qui achètent leur ail au marché, à Curran notamment, savent bien qu’ils s’approprient des produits sains et naturels incomparables avec les petites gousses d’ail que l’on trouve régulièrement en supermarché.

D’ailleurs, si la plantation se fait avant la saison froide, c’est vers la fin juillet que commence la récolte, elle aussi manuelle. Dans ce cas, il faut parfois une semaine, voire deux pour tout cueillir. Tout simplement parce que les plants n’auront pas tous poussé à la même vitesse. Il faut départager le champ en sections et évaluer le meilleur moment pour récolter une section en réduisant au maximum les pertes.

Bientôt donc, on pourra voir dans leur champ la famille Gour, se pencher sur ses plants, sueur au front, afin de récolter et sélectionner le meilleur de son labeur pour l’offrir aux gens de la région. Un labeur qui ne va pas arrêter la famille, parce qu’elle a l’amour de leur produit.

IJL – Réseau.Presse – Agricom