Fondée en 1925, cette ferme laitière est aujourd’hui entre les mains de Jenrené et Chantal Guindon, quatrième génération aux commandes. Le couple prépare la relève tout en célébrant un jalon important: 100 ans d’histoire agricole.
De gauche à droite, on voit Olivié, Jenrené, Chantal, Marcandré et Zavié.
Un peu d’histoire
L’histoire de la ferme débute avec les arrière-grands-parents de Jenrené, Arthur et Célima Guindon, qui ont acheté la ferme de M. Butler en 1925. Depuis, chaque génération a laissé son empreinte. René et Simone Guindon ont repris le flambeau en 1941, pour le céder ensuite à leur fils Gilles et sa conjointe Louise en 1975.
Jenrené, le fils de Gilles et Louise, est devenu propriétaire en 2008 avec son épouse Chantal, rencontrée au Collège d’Alfred. « Le fermier m’intéressait plus que la ferme », plaisante celle qui travaille à l’extérieur de la ferme, tout en gérant la comptabilité de l’entreprise familiale.
Âgés de 14 à 17 ans, leurs trois fils, Olivié, Zavié et Marcandré sont actifs à la ferme et passionnés. Seul l’avenir le dira, mais pour le moment, la ferme a de bonnes chances de passer aux mains d’une cinquième génération de Guindon.
« Je me compte vraiment chanceux d’avoir eu l’opportunité de travailler sur la ferme paternelle avec mon grand-père, mon père et maintenant, mes trois garçons », confie Jenrené. « La ferme et notre héritage familial me tiennent à cœur et j’espère pouvoir un jour partager mes connaissances de la vie agricole à mes petits-enfants. »
Des épreuves qui forgent
Depuis 1999, la principale bataille a été la pénurie de main-d’œuvre. Trouver des employés fiables est un défi constant, mais le couple obtient un soutien précieux d’un travailleur du
Guatemala dont l’éthique du travail et la compétence sont remarquables.
Plusieurs coups durs ont mis la ferme à l’épreuve. En 2021, un incendie a complètement détruit la maison familiale. En pleine pénurie de COVID, la famille a dû vivre dans une roulotte, le temps de reconstruire la maison. Lors du derecho de 2022, un silo est tombé sur la laiterie et sur le toit de la grange principale, forçant le déplacement des vaches vers une ferme voisine pendant un an. Dans ce contexte, un employé de longue date est parti à la retraite.
« Mes enfants, qui avaient à peine 10 et 12 ans, m’ont épaulé. Ils voulaient participer à la reconstruction pour pouvoir continuer de faire ce qu’ils aiment. C’est nous autres qui menions la barque, mais c’est eux autres qui ramaient », rappelle Jenrené avec émotion.
Un petit veau curieux et en santé!
Une ferme modernisée
Aujourd’hui, la ferme compte un troupeau de 125 vaches Holstein, dont 65 sont en lactation, avec un taux moyen de 4,52% de matière grasse. Les vaches sont en stabulation entravée, une décision assumée. « Nos vaches attachées sont moins en compétition l’une avec l’autre et leurs pattes sont en meilleure santé », affirme Jenrené en comparant avec la stabulation libre.
La ferme est en constante modernisation. Plusieurs projets se sont alignés au cours des dernières années: fosse à fumier, nouvelle étable à taures, reconstruction de l’intérieur de l’étable principale, nouvelle laiterie, pouponnière réaménagée et nouveau parc de vêlage sur sable pour être conforme aux nouvelles exigences relatives au bien-être des animaux.
La ferme compte aussi deux nouveaux silos horizontaux de 20 pieds sur 100 pieds. Près de 60 % du travail à l’étable est maintenant automatisé, une révolution comparée aux années du grand-père de Jenrené, quand tout se faisait à la main. La majorité des travaux aux champs sont confiés à forfait, réduisant les coûts d’équipement et de main-d’œuvre.
Avec 300 acres cultivées en rotation de foin, maïs-grain, maïs-ensilage, orge et soya, la Ferme des 4 Guindon mise sur la durabilité. Les Guindon suivent aussi un programme d’amélioration génétique pour leur troupeau à l’aide de l’insémination artificielle. Les rations sont élaborées par un nutritionniste.
Les défis ne manquent pas: coûts de production à la hausse, tarifs, rareté des quotas, climat imprévisible. « Malgré les multiples obstacles », dit Jenrené, « notre plus grande fierté est la relève de nos trois enfants et de produire du lait 100% canadien pour notre beau pays. »
Célébrer les 100 ans
Pour souligner leur centenaire, les Guindon organiseront une journée portes ouvertes cet automne. Ce sera une occasion pour la communauté de découvrir les progrès de la ferme, mais aussi l’engagement inébranlable de cette famille d’agriculteurs.
« On veut que nos enfants explorent d’autres métiers, mais qu’ils gardent toujours cette passion pour l’agriculture », dit Chantal. Olivié, Zavié et Marcandré sont présentement à l’école secondaire. Les deux plus jeunes sont actifs au sein d’un club 4H et présentent leurs veaux en exposition. Le plus vieux explore d’autres métiers tout en travaillant dans les champs et dans l’étable quand il le peut.
La Ferme des 4 Guindon est forte de quatre générations d’agriculteurs tenaces, qui aiment leur métier. Son succès démontre que quand on est passionné et qu’on sait se serrer les coudes, les épreuves rendent plus fort.
Cet article a été réalisé avec une aide financière de Financement agricole Canada.