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le Mercredi 12 novembre 2025 11:21 Agriculture

Le drainage agricole, cet incompris…

Sans drainage adéquat, l'agriculteur retarde les semis et la récolte. — Crédit photo: PhotoIan-Pexel.
Sans drainage adéquat, l'agriculteur retarde les semis et la récolte.
Crédit photo: PhotoIan-Pexel.

L'origine du drainage des champs en Ontario remonte à plus de 150 ans, avec l'instauration de la première législation sur le drainage en 1859 et la construction des premiers drains pour rendre les terres agricoles plus productives, notamment en évacuant l'excès d'eau printanier. Pourtant, nombreux sont les agriculteurs qui s’en privent faute de moyens… ou de connaissances.

Le drainage agricole, cet incompris…
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Marc-Antoine Sauvé s’affaire à installer un drain agricole sur une ferme dans l’Est ontarien.

L’introduction de la technologie des trancheuses à partir du début du 20e siècle a marqué une étape importante, accélérant la construction de ces systèmes de drainage souterrain. Dans plusieurs régions, on parle de tuilage pour décrire les travaux de drainage.

« C’est qu’à l’origine, les drains étaient faits avec des tuiles en terre cuite de 12 pouces chacune », explique Marc-Antoine Sauvé, de l’entreprise Sauvé Drainage Agricole Inc. à Embrun. « Aujourd’hui, on utilise des tuyaux en polyéthylène haute densité, en rouleaux pouvant aller jusqu’à 1200 mètres. Les diamètres varient de 4 à 12 pouces, et on peut choisir des tuyaux avec géotextile pour les sols plus sableux. Cette technologie permet des installations plus rapides, durables et efficaces. »

Des résultats concrets

Selon l’entrepreneur, un champ drainé permet aux racines d’aller plus en profondeur, ce qui favorise un meilleur rendement, même en période de sécheresse. On parle d’un sol plus chaud, plus tôt, avec des plantes qui ont accès à l’oxygène et l’espace qu’il leur faut pour se développer.

« Le drainage n’est pas réservé à un seul type de sol. On draine des terres argileuses, sableuses et même rocheuses. La vraie question, c’est: est-ce qu’il y a de l’eau en surplus dans le sol? Dans l’Est ontarien, avec les pluies abondantes du printemps et de l’automne, 99% des terres agricoles bénéficieraient d’un drainage. Ce qui change n’est pas le besoin, mais la façon de drainer, selon le sol, l’écartement des lignes et le matériel utilisé. »

Beaucoup de producteurs savent que le drainage améliore les rendements, mais ils ne connaissent pas forcément la profondeur, l’écartement, ou l’impact sur la nappe phréatique. « Avant, on utilisait de grands espacements pour des raisons économiques, mais aujourd’hui, avec la valeur des récoltes, moderniser les anciens systèmes en rapprochant l’écartement est souvent rentable. J’adore expliquer aux agriculteurs comment fonctionne

réellement le drainage, c’est souvent une révélation pour eux », ajoute-t-il.

Cathy Bouchard croit que la plupart des agriculteurs connaissent le tuilage, mais ils n’en comprennent pas toujours pleinement les bénéfices.

Dépense ou investissement?

Le coût dépend de la grandeur du champ, du type de sol, de l’écartement entre les drains et de la complexité du terrain. Plus le réseau est simple, plus il est rapide à installer, et plus le coût baisse. Le matériel représente environ 60% du coût, l’installation 40%. Dans l’Est ontarien, les projets varient souvent entre 1400 $ et 2000 $ par acre, selon les besoins du terrain et du producteur.

« Nous offrons un programme de financement depuis 2015 dans la région d’Algoma », indique Cathy Bouchard, du Réseau rural Agri-Innovation (RAIN). « En dix ans, les changements sur les infrastructures sont évidents: un meilleur drainage permet souvent d’étendre la saison d’un mois au printemps et à l’automne et l’accroissement des récoltes a amené l’ajout de silos à grains, entre autres. »

Le Nord de l’Ontario est caractérisé par un sol souvent argileux. Or, l’argile retient l’eau, ce qui favorise les inondations et retarde les semences; en plus de limiter l’activité de la machinerie aux champs. Le drainage a permis un accroissement des cultures de maïs, de soya, de blé et d’avoine, selon elle.

« La plupart de ceux à qui nous parlons savent que ça existe, mais ils n’en comprennent pas toujours pleinement les bénéfices. C’est pourquoi nous tentons de les éduquer financièrement sur les coûts, les avantages et les programmes d’aide financière existants », explique-t-elle.

À travers le Northern Ontario Heritage Fund Corporation (NOHFC), l’agriculteur peut obtenir jusqu’à 500$ de l’acre pour l’installation d’un système de drainage exécuté par une entreprise reconnue. « Au début, c’était environ 50% du coût, mais depuis la Covid, les prix ont beaucoup augmenté et la subvention est restée la même. Ça demeure quand même une part intéressante de l’investissement », croit-elle.

Agricom – Jean-Marc Dufresne – IJL