le Mercredi 3 juin 2026
le Mercredi 12 novembre 2025 11:20 Agriculture

Une récolte inégale du maïs

La récolte de maïs se poursuit en Ontario. — Crédit photo: Ferme Van Tol.
La récolte de maïs se poursuit en Ontario.
Crédit photo: Ferme Van Tol.

Alors que les agriculteurs s’activent à récolter le maïs, les premiers constats sont que la récolte varie en quantité et en qualité, selon qu’on se trouve dans l’Est ontarien ou dans le nord de la province. Et même là, il demeure difficile d’établir une règle générale, tant la récolte diffère parfois à l’intérieur d’un même champ.

Une récolte inégale du maïs
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Michel Dignard et Jeannette Mongeon ont constaté que l’abondance de la récolte de maïs varie parfois d’un champ à l’autre.

« Le rendement que je vois est très, très variable », confie Michel Dignard à Agricom. « Dans la région d’Embrun, on va de zéro à un peu plus que la récolte moyenne, soit entre deux à quatre tonnes. À 15 minutes d’ici au nord et au sud, la récolte est décevante; à l’est, c’est meilleur. »

Encore la sécheresse

Pour Michel Dignard, pas besoin de chercher loin pour trouver le responsable de cette récolte en dents de scie: « La sécheresse qu’on a connue au cours de l’été a affecté la croissance du maïs. Il y a des plants qui n’ont pas fait d’épis, d’autres en ont produits, mais plus petits que la moyenne. La qualité reste bonne », dit-il.

Plus précisément, il explique l’impact du manque d’eau et des conditions adverses sur le maïs: « Le maïs a séché en été, toute son énergie a été dans l’épi et presque rien dans le coton. C’est ce qu’on appelle la cannibalisation du plant: l’épi puise ses nutriments dans la tige parce qu’il n’arrive pas à l’extraire du sol. » 

L’avantage de l’Est ontarien est qu’il voisine l’Ouest québécois, durement affecté par la sécheresse et qui devient donc un marché à combler. « Les éleveurs québécois ont besoin du maïs ontarien pour nourrir les poules et les cochons, on n’aura pas de difficultés à écouler notre production », estime M. Dignard.

Pour l’instant, le vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens estime qu’un peu plus de 50% du maïs a été récolté. « Le grain est encore humide. Avec deux semaines de beau temps, on pourrait avoir complété 90% de la récolte, à la condition qu’une combinaison de vents et de neige ne vienne pas coucher les plants. »

Le maïs connaît une excellente saison au nord de Guelph. 

Crédit photo: Ferme Van Tol.

Tout va très bien au nord

À une vingtaine de minutes au nord de Guelph, Tony Van Tol s’affaire à récolter le maïs dans ce qui semble être une année particulièrement bonne. « Le début de la saison a été tardif à cause d’un printemps froid et honnêtement, le maïs n’a pas vraiment rattrapé sa maturité idéale au cours de l’été », explique son épouse Joanne.

Et si la sécheresse a affecté la ferme Van Tol à Finch, la différence se voit dans la taille des épis, mais certainement pas dans la quantité: « On récolte environ 200 boisseaux à l’acre contre habituellement 150 les années passées. L’automne a été froid avec des nuits sous les 10 degrés et il faut compter jusqu’à deux semaines pour reprendre la croissance », estime-t-elle.

Comme dans l’Est, Joanne note un haut degré d’humidité dans le grain: « On est à 30%, c’est très humide. On fait toujours sécher le grain, mais cette année, on n’a vraiment pas le choix. »

Sur les 1 000 acres exploités, dont une partie en location, la ferme consacre 200 acres au maïs-grain et quelques acres au maïs sucré, dont la production s’est avérée très bonne malgré le temps sec. La ferme Van Tol fait la rotation des cultures de maïs, de blé et de soya. « On est vraiment reconnaissant d’avoir eu de bonnes récoltes malgré la sécheresse et la météo variable qu’on a connu », admet Mme Van Tol.

Agricom – Jean-Marc Dufresne – IJL