Stacey McCarthy confirme que pour l’instant, le programme laboratoire vivant se poursuit.
L’annonce laconique s’est faite discrètement, révélant peu de détails quant aux échéances; les parties prenantes ont simplement été avisées que le programme serait graduellement éliminé, avec un peu moins de la moitié du calendrier prévu d’accompli. Interrogés par Agricom, l’Union des cultivateurs franco-ontariens et l’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario (AASRO) ont indiqué être au courant de l’annonce, mais ne disposent pour l’instant d’aucune information supplémentaire ni aucun détail officiel à communiquer.
En attendant
L’AARSO, qui joue essentiellement le rôle de porte d’entrée du programme fédéral en Ontario, indique toutefois que, les opérations continuent: « En attendant de nouvelles directives, les projets Laboratoires vivants–Ontario se poursuivent comme prévu », indique Stacey McCarthy, coordonnatrice des communications et des événements de l’organisme.
« Nous aviserons les participants et les partenaires du programme dès que nous aurons plus d’informations. Nous encourageons les personnes qui ne sont pas encore abonnées à notre liste de diffusion des programmes à s’inscrire pour recevoir les mises à jour. Entre-temps, le programme continue de mener des recherches précieuses directement à la ferme pour le secteur », ajoute-t-elle.
Pour Cynthia Daoust, copropriétaire d’une ferme laitière à Finch dans l’Est ontarien, l’annonce de la fin du programme est une bien mauvaise nouvelle. « La première année a servi à établir le travail de recherche. Cette année était la première où l’on utilisait le programme en situation réelle et les résultats seront connus en 2026. Mettre fin au Laboratoire vivant maintenant, c’est comme investir dans son champ et abandonner à la récolte. Il n’y a que les coûts et aucun des bénéfices », déplore-t-elle.
Cynthia d’Aoust et son conjoint Bernard ont ouvert les portes de leur ferme aux chercheurs.
Sa ferme fait partie des cinq producteurs laitiers et quatre producteurs porcins de l’Ontario qui travaillent avec le scientifique d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Dr Andrew VanderZaag, pour tester et évaluer différentes innovations et pratiques visant à réduire les émissions de méthane provenant des stockages de fumier liquide.
Investir dans l’avenir
« Écoutez, pour n’importe quelle industrie, la recherche et le développement coûtent cher », dit Cynthia. « Mais pour moi, on investit dans l’avenir. C’est important de savoir ce que je peux accomplir avec ma terre, comment on peut avoir de meilleures pratiques environnementales durables. Les fermiers ont embarqué dans le projet parce qu’ils croient que tous en bénéficieront. »
Elle rappelle que le travail en laboratoire a ses limites. « Souvent, les pratiques en laboratoire ne tiennent pas compte des particularités des entreprises agricoles. Le laboratoire vivant, c’est pas seulement la théorie, c’est aussi l’application pratique et l’adaptation des méthodes en fonction des contraintes réelles », fait-elle valoir.
Bien qu’elle se dise consciente des limites budgétaires fédérales, Mme Daoust estime que le gouvernement a intérêt à regarder au-delà des solutions comptables à court terme pour favoriser la recherche qui débouche sur de meilleures pratiques agricoles.
Agricom- Jean-Marc Dufresne- IJL