le Dimanche 19 juillet 2026
le Mercredi 28 janvier 2026 10:28 Agriculture

Coupures fédérales: les agriculteurs et la recherche écopent

Le gouvernement fédéral coupera 665 postes au ministère de l'Agriculture et de l’Agroalimentaire Canada. — Crédit photo : Pexels
Le gouvernement fédéral coupera 665 postes au ministère de l'Agriculture et de l’Agroalimentaire Canada.
Crédit photo : Pexels

L’annonce est tombée cette semaine, laconique, presque irréelle: le gouvernement fédéral coupera 665 postes au ministère de l'Agriculture et de l’Agroalimentaire Canada, tandis qu’un réaménagement des effectifs touchera pas moins de 1043 employés; ces derniers en ont été avisés le 22 janvier.

Coupures fédérales: les agriculteurs et la recherche écopent
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Le sous-ministre Lawrence Hanson indique que les coupures de postes et de projets ne se feront pas du jour au lendemain.

Crédit photo : HOC-CDC

Selon le sous-ministre Lawrence Hanson, l’objectif sera atteint grâce aux départs naturels et à des mesures d’ajustement de la main-d’œuvre et de transition de carrière. « Je tiens à souligner qu’aucune de ces décisions difficiles n’a été prise à la légère. Elles ont été guidées par la nécessité d’assurer la viabilité des dépenses et de veiller à ce que les activités reflètent le mandat principal du Ministère », a écrit le sous-ministre dans un message adressé aux employés.

Du même souffle, le ministère annonce la fermeture de sept centres de recherche et de développement, dont celui de Guelph. Il a précisé que cette décision s’inscrit dans l’effort de réduction des dépenses fédérales demandé par le Premier ministre Mark Carney.

Inquiétude

La communauté scientifique n’a pas tardé à exprimer son inquiétude: dans ces centres, plusieurs projets de recherche sont avancés, voire presque à terme et la fermeture des centres de recherche pourrait mettre en péril des années de travaux. 

Pour sa part, le ministère se veut rassurant: les activités se poursuivront normalement pendant encore plusieurs mois et l’arrêt des travaux de recherche sera soumis à un processus décisionnel rigoureux d’ici 2027. Le centre de recherche  de Guelph axe ses recherches et ses développements sur la salubrité et la valeur ajoutée des aliments.

Milton Dyck dénonce la manière avec laquelle le ministère a annoncé les coupures de postes à venir. 

Crédit photo : M. Dyck

L’Union nationale des fermiers (UNF) dénonce les mises à pied annoncées, et qui touchent 494 de ses membres. « Ces coupes budgétaires anéantiront les progrès importants que nous avons réalisés en recherche agricole et feront reculer de plusieurs décennies la recherche sur les produits alimentaires canadiens », déclare Milton Dyck, président national du groupe. « Nous alertons le gouvernement fédéral depuis des mois sur les conséquences de ces coupes dans un ministère déjà exsangue. Il n’y a tout simplement plus de marge de manœuvre. »

L’UNF allègue que pendant que le nombre de fonctionnaires fédéraux a globalement augmenté de 30% ces dernières années, ce n’est pas le cas pour Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), dont les effectifs ont diminué de 14% entre 2012 et 2025.

Choquant

Tout en déplorant la fermeture des sept centres de recherche en agriculture au Canada, l’Union souligne que deux d’entre eux ont été fondés en 1887 et que procédant de la sorte, le Canada fait une croix sur plus de 100 ans d’expertise. 

Mais ce n’est pas le seul irritant: « La façon dont l’employeur a communiqué ces compressions à nos membres et au syndicat a été choquante et abrupte. Nos membres sont sous le choc », a poursuivi M. Dyck. « Le syndicat a appris la fermeture des centres de recherche en même temps que nos membres, et nous n’avons reçu aucun préavis concernant les détails de ces coupes. » 

Il ajoute que Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) a l’obligation de consulter le syndicat tout au long de ce processus. Ces compressions à AAC nuisent à la recherche sur les besoins en constante évolution du secteur agricole, qu’il s’agisse des changements environnementaux, du développement de nouvelles variétés de produits agricoles résistantes aux maladies ou de la salubrité des aliments. 

« Alors que notre pays partenaire du Sud réduit drastiquement ses investissements en recherche, nous ne devrions pas en faire autant. »

Agricom- Jean-Marc Dufresne- IJL