le Dimanche 19 juillet 2026
le Mardi 17 février 2026 9:08 Agriculture

Diversifier les marchés, sans nécessairement traverser les frontières

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Et si la diversification des marchés n’était pas seulement une stratégie d’exportation… mais aussi une stratégie applicable à plus petite échelle ?

Diversifier les marchés, sans nécessairement traverser les frontières
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Le canola, les légumineuses, le porc, le poisson et les produits de la mer sont les secteurs qui sont mis en priorité pour la prochaine ronde d’Agri-marketing. Depuis le 13 février, Agriculture et Agroalimentaire accepte les demandes de tous les secteurs, mais ceux ayant été les plus touchés par les fluctuations tarifaires ou les tensions commerciales des dernières années seront évalués en priorité. 

Les 75 millions disponibles profiteront surtout aux associations nationales et aux PME agroalimentaires déjà actives sur les marchés internationaux. On y recommande d’ailleurs que l’entreprise ou l’organisme adhèrent à « Marque Canada », une initiative fédérale visant à harmoniser la promotion des produits canadiens à l’étranger. 

À l’échelle locale ou régionale, ces programmes axés sur l’exportation peuvent toutefois sembler loin des réalités quotidiennes. Pourtant, même en commercialisation de proximité, les entreprises agroalimentaires font face à des défis  similaires. C’est notamment ce que révèlent les résultats préliminaires d’un sondage mené en janvier par le Réseau agroalimentaire de l’Est ontarien (RAEO.) 

Pour l’année à venir, le RAEO mise sur l’initiative Savourez Est Ontario, son propre outil d’identification régionale comparable à Foodland Ontario ou à Marque Canada, mais adapté à la réalité de l’Est ontarien pour soutenir les entreprises locales dans la promotion de leurs produits.

PHOTO : ANDRÉ DUMONT

«Nos membres ont besoin d’appui et d’outils pour mieux structurer leur commercialisation», souligne Pascal Billard, vice-président du RAEO, précisant que plusieurs ressources existent déjà mais demeurent peu connues. L’organisme mise notamment sur l’initiative Savourez Est Ontario, son propre outil d’identification régionale comparable à Foodland Ontario ou à Marque Canada, mais adapté à la réalité de l’Est ontarien.

Les principes qui guident les grandes entreprises exportatrices peuvent aussi s’appliquer à l’échelle des régions : diversifier ses débouchés, adapter son offre et bâtir une marque forte. Multiplier les points de vente, transformer une partie de sa production ou miser sur son identité franco-ontarienne peuvent devenir des stratégies concrètes, sans nécessairement viser l’exportation.

Innover avec l’emballage

À Guelph, GoodLeaf Farms a choisi de diversifier ses marchés en misant sur l’innovation dans le produit et l’emballage plutôt que sur l’expansion internationale. Cette approche inspire aussi des initiatives plus locales. À Casselman, l’entreprise Marseni illustre cette logique avec son basilic offert dans un emballage en carton plutôt qu’en plastique : une stratégie de différenciation adaptée à une échelle régionale.

À Casselman, l’entreprise Marseni a lancé sa production de basilic en développant d’abord le marché des épiceries de l’est de l’Ontario. 

PHOTO : Marseni

La taille des entreprises complique toutefois l’exercice. Chaque produit doit atteindre un seuil de rentabilité pour justifier les investissements en équipements ou en transformation. Malgré ces contraintes, les entreprises d’ici gagnent à développer une véritable culture de diversification : mieux connaître leurs marchés, travailler leur image de marque, adapter leurs formats d’emballage ou encore collaborer à des initiatives collectives de promotion.

Entre les annonces nationales et la réalité des entreprises agroalimentaires régionales, il reste souvent un écart que peu de programmes comblent entièrement. Mais c’est peut-être dans le partage des connaissances, la collaboration et la co-création d’initiatives locales que se trouvent certaines réponses. Diversifier ses marchés ne signifie pas seulement vendre ailleurs : cela peut aussi vouloir dire repenser collectivement nos façons de produire, de transformer et de mettre en marché ici, chez nous. Rappelons aussi qu’en 2025, à l’initiative du gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux se sont entendus pour éliminer les barrières commerciales entre provinces, qui représentent l’équivalent d’un tarif de 9 %. Malheureusement, l’alcool et certains produits alimentaires sont jusqu’à présent exclus de cet accord.

Pour en savoir davantage lien vers les programmes: