Nicholas Souligny et sa famille exploitent une érablière à Dunvegan, dans l’Est ontarien.
Nicholas Souligny peut souffler. «On vient de finir de laver, on boit une petite bière puis on relaxe», apprécie-t-il. Sa saison 2026 se classe comme «la deuxième meilleure» qu’il ait connue dans son érablière, ouverte depuis huit ans. Un résultat d’autant plus remarquable que rien ne laissait présager un tel dénouement.
«Au début, on pensait que ça ne serait pas bon, et finalement ça a été super», résume Nicholas Souligny, qui est aussi producteur de volaille et de grandes cultures à St-Isidore. Les cycles de gel et de dégel sont restés suffisamment favorables pour soutenir la coulée, y compris sur le tard. «Le 14 avril, c’est très rare qu’on fasse encore du sirop, mais cette année oui.»
Même constat du côté de Michel Lamoureux, de l’érablière Cassburn Sweets près de Vankleek Hill. La saison, marquée par un démarrage difficile, s’est finalement inscrite «dans la norme».
«On a eu des variations de température extrêmes en début de saison, avec des gels importants suivis de redoux, rapporte Michel Lamoureux. Ça a compliqué les opérations, mais à la fin, on a réussi à sortir une bonne production.»
Si ses rendements n’atteignent pas des sommets records, ils demeurent satisfaisants. Chez certains producteurs comme lui, les gains des dernières années s’expliquent aussi par des investissements soutenus. «On a amélioré nos installations pour mieux capter la sève», explique Michel Lamoureux. La saison n’a toutefois pas complètement répondu aux attentes, en raison de défis mécaniques.
La qualité au rendez-vous
Côté qualité, les deux producteurs sont unanimes : le sirop est au rendez-vous. «Il est super bon comme à chaque année», affirme Nicholas Souligny. La saison a débuté avec des sirops plus clairs, avant de basculer vers des teintes ambrées, puis plus foncées en fin de parcours. Soit une évolution normale.
Chez Cassburn Sweets, Michel Lamoureux produit du sirop d’érable avec des outils de suivi à distance.
Pour maintenir cette qualité, la technologie joue un rôle croissant. À Dunvegan, l’utilisation d’un réfractomètre numérique (brixmètre) permet de mesurer instantanément le taux de sucre. «C’est plus rapide et ça donne une paix d’esprit», note l’acériculteur.
Du côté de Cassburn Sweets, l’automatisation et le suivi à distance des installations ont permis de réduire les besoins en main-d’œuvre et d’optimiser les opérations, malgré une courbe d’apprentissage.
Toutefois, ces avancées ne compensent pas entièrement la hausse des coûts de transport, d’énergie et d’équipements. «Les marges sont plus serrées qu’avant», constate Michel Lamoureux. D’autant que le prix du sirop est souvent fixé à l’avance, ce qui limite la capacité d’ajustement des producteurs.
Au-delà des chiffres, l’aspect humain demeure central. La plus grande fierté de Nicholas Souligny reste le travail en famille. «On est chanceux de faire ça avec nos grands-parents, nos parents, puis nos enfants. L’argent, c’est important, mais il y a des choses bien plus importantes.»
Défis climatiques, pression économique, passion transmise de génération en génération… La saison des sucres 2026 rappelle qu’en acériculture, la réussite se mesure autant en litres produits qu’en moments de bonheur partagés.