le Samedi 18 juillet 2026
le Jeudi 7 mai 2026 18:05 Agriculture

Alto : expropriations, coûts et manque de réponses

Près de 200 personnes préoccupées par la venue du TGV dans l'Est ontarien se sont rassemblés mercredi soir (6 mai) à Casselman. — PHOTO : Maxime Mainieri
Près de 200 personnes préoccupées par la venue du TGV dans l'Est ontarien se sont rassemblés mercredi soir (6 mai) à Casselman.
PHOTO : Maxime Mainieri

Les craintes envers le projet de TGV se sont manifestées à Casselman mercredi soir. Citoyens, agriculteurs et propriétaires fonciers ont participé à une rencontre marquée par les interventions du député Scott Reid et de Robert Charron, conseiller municipal à Mirabel.

Alto : expropriations, coûts et manque de réponses
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Près de 200 individus se sont retrouvés lors d’un événement organisé par des citoyens opposés au projet Alto. Le député conservateur Scott Reid et le conseiller municipal de Mirabel, Robert Charron, ont tour à tour pris la parole. Plusieurs résidents ont aussi exprimé leurs préoccupations face aux possibles expropriations et au manque d’informations fournies jusqu’ici.
Erin, prénom d’emprunt utilisé par une organisatrice de la rencontre souhaitant conserver l’anonymat, affirme que la soirée visait avant tout à briser l’isolement des citoyens concernés.

«Convaincre le monde qu’on travaille ensemble, qu’on n’est pas seuls. Il faut parler partout au Canada parce qu’on a besoin des signatures sur les pétitions, du soutien, que le monde sache ce qui est en train d’arriver», explique-t-elle.

Selon elle, plusieurs agriculteurs vivent dans l’incertitude depuis les consultations menées par Alto. «Beaucoup d’agriculteurs ont peur. On cherche des réponses, des vrais détails sur le projet», soutient-elle. Pour plusieurs propriétaires présents, la principale question demeure la même : «Est-ce que je vais perdre ma maison et comment est-ce que je peux l’arrêter ?»

Erin affirme que le mouvement d’opposition cherche maintenant à coordonner les efforts entre l’Ontario et le Québec. «Il y a deux conversations qui se passent dans les deux provinces. Il faut qu’on s’intègre ensemble et trouve une façon commune de procéder», dit-elle, ajoutant que d’autres manifestations et convois sont déjà prévus dans les prochaines semaines, notamment à Mirabel et à Peterborough.

Le député conservateur Scott Reid

PHOTOS : Maxime Mainieri

Le député Scott Reid estime pour sa part que les enjeux soulevés à Casselman ressemblent à ceux vécus ailleurs, le long des corridors envisagés. «Ma circonscription a les mêmes problèmes que les régions vers l’Est d’Ottawa. Alto va passer dans les régions rurales de nos comtés», affirme-t-il.

Un destin à la Pickering ?

Le député compare même la situation actuelle à celle de l’ancien projet de l’aéroport de Mirabel, dans les années 1970. «Je pense que le projet Alto ne sera jamais fini, comme l’aéroport de Pickering (projet d’aéroport annulé en janvier 2025). Dans les années 70, à Mirabel, les expropriations ont commencé et le projet n’a jamais fini non plus», soutient-il.

Selon lui, les projections de fréquentation seraient irréalistes et les dépenses liées au projet risqueraient d’exploser. «Le coût de ce projet va convaincre les Canadiens que ça n’a pas de sens», affirme-t-il, tout en reconnaissant que les citoyens dont les propriétés se trouvent sur les tracés potentiels vivent une situation particulièrement stressante. Plusieurs participants dans le public ont aussi remis en question la rentabilité et la pertinence du projet Alto.

Scott Reid dit également appuyer les manifestations pacifiques organisées contre le projet. «Je pense que dans certains cas, les gouvernements sont plus attentifs s’il y a un grand nombre de manifestants», indique-t-il.

Au fil de la soirée, plusieurs citoyens ont dénoncé le manque de transparence entourant les études en cours et les scénarios de tracé possibles. D’autres ont demandé davantage d’engagement politique afin d’obtenir des réponses claires de la part du gouvernement fédéral et des promoteurs du projet.

Malgré les inquiétudes exprimées, les organisateurs affirment vouloir poursuivre la mobilisation dans un esprit de solidarité entre les communautés rurales concernées.