le Samedi 18 juillet 2026
le Jeudi 7 mai 2026 16:18 Agriculture

Semis : un départ prudent, de l’optimisme pour la suite

Après un début de saison compliqué, le beau temps des prochains jours devrait faciliter les semis.   — PHOTO : André Dumont
Après un début de saison compliqué, le beau temps des prochains jours devrait faciliter les semis.
PHOTO : André Dumont

Froid, humidité, fenêtres de travail limitées… Après une période compliquée, les producteurs reprennent espoir. À la Coop Embrun, Courtney Courville souligne une météo plus favorable. L’agronome Gilles Quesnel rappelle que les prochaines semaines seront déterminantes.

Semis : un départ prudent, de l’optimisme pour la suite
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Le début des semis 2026 en Ontario aura été marqué par la prudence. Le froid persistant, les sols humides et les nombreuses journées de pluie ont ralenti les travaux dans plusieurs régions de la province, particulièrement dans l’Est.

«Ça a décollé un peu lentement», résume Courtney Courville, représentante grandes cultures à la Coop Embrun. «Mais dans les deux dernières journées, ça commence vraiment à repartir.»

Courtney Courville, conseillère en grandes cultures à la Coop d’Embrun, diplômée du collège La Cité. 

PHOTO : Courtoisie

Selon elle, les producteurs profitent enfin d’une fenêtre météo plus favorable pour avancer les travaux au champ. Les céréales de printemps et les prairies fourragères sont déjà largement semées, mais le maïs et le soya affichent encore beaucoup de variabilité. «Il y a des producteurs qui ont fini leur maïs et d’autres qui n’ont même pas commencé», explique-t-elle.

Les secteurs plus à l’ouest, comme Embrun, ont bénéficié de conditions un peu plus sèches que des régions comme Clarence Creek, où les sols plus glaiseux et les précipitations ont ralenti les opérations.

Du côté de Gilles Quesnel, le constat est similaire. L’ancien agronome du ministère de l’Agriculture de l’Ontario estime que la province accuse «quelques jours de retard», sans toutefois parler d’une situation inquiétante. «On n’est pas deux semaines en retard, mais les producteurs ont perdu quelques bonnes journées de travail au champ.»

Selon lui, les céréales de printemps demeurent les cultures les plus affectées par les délais de semis. Habituellement, une majorité des superficies seraient déjà implantées à cette période de l’année.

Les pertes hivernales dans le blé et la luzerne ont été plus importantes cette année, observe l’agronome Gilles Quesnel.

PHOTO : Courtoisie

Pertes hivernales

Les conséquences de l’hiver se font aussi sentir dans plusieurs champs. Certaines parcelles de luzerne et de blé d’hiver ont subi des pertes, notamment dans les zones où l’eau est restée plus longtemps durant la saison froide. «On a eu plus de pertes hivernales cette année que dans les dernières saisons», souligne Gilles Quesnel.

Les producteurs demeurent prudents. Les sols froids augmentent les risques de levées inégales, ce qui pousse plusieurs agriculteurs à attendre des conditions idéales avant de semer. «Il y a beaucoup de producteurs qui préfèrent patienter une journée ou deux pour avoir de meilleures conditions de sol», note Courtney Courville.

Les coûts des intrants ajoutent également une pression importante cette saison. Le prix du diesel, du transport et des fertilisants préoccupe plusieurs entreprises agricoles, même si une bonne partie des achats avait déjà été effectuée durant l’hiver. «Les coûts des intrants, c’est une inquiétude très réelle pour les producteurs», affirme Gilles Quesnel.

Dans les champs, plusieurs producteurs tentent aussi de réduire le travail du sol afin d’économiser du carburant. Les technologies de précision continuent de gagner du terrain, notamment les systèmes d’autodirection GPS et les pratiques de semis direct.

Malgré les défis, l’ambiance s’améliore rapidement avec le retour du soleil. «Je pense que les gens ont tourné le coin, conclut Courtney Courville. Le beau temps est arrivé et tout le monde est content de pouvoir commencer les semis. »